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OPERA - BLOG

Toutes les photos présentes sur ce blog sont des clichés personnels, sauf mention contraire ...
Elles ne sont pas libres de droit !


Concernant les articles de la catégorie: "Franc-Maçonnerie",
je tiens à préciser que je ne représente, ici, aucune Loge ni aucune obédience.


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Mercredi 4 juin 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états

A l'opéra, comme dans le domaine musical en général,  le médium entre l'oeuvre et le spectateur est l'interprète ... Le style, la qualité, de l'interprétation est donc primordial pour appréhender d'une manière correcte  le fond, les intentions, d'une oeuvre musicale et donc du compositeur.
Il est en est des interprètes comme de tous les humains, chacun fait de son mieux, avec ses moyens, le plus honnètement possible. Quelques interprètes de génie - peu par générations - sortent du lot. Ils (elles) transcendent les oeuvres qu'ils chantent et portent haut l'étendard de l'Art Lyrique ... mais qui placer dans ce panthéon musical, dans cet Olympe de la vocalité ? C'est là que tout se complique : Le "goût" du spectateur ( qui regarde et écoute) entre en jeu, la subjectivité devient la règle et chacun proclame, sanctifie ou descend en flammes tels ou telles interprètes ... en vertu de critères personnels basés sur ce que chacun vient chercher, consciemment ou non, dans un théâtre d'opéra ... D'aucun privilégient l'émotion, le drame, ou l'amour des sensations que procure le "beau chant" d'autres s'extasient devant des mise en scène pleines d'inventivité, c'est selon ... Comment s'y retrouver ? Eh bien, en se faisant une opinion soi-même, puisque subjectivité il y a, plongeons-y avec délice.

Suivent quelques interprétations de la célébrissime Habanera de l'opéra de Bizet : Carmen.
Faites-moi part de vos opinions, ressentis et autres impressions, j'en serais ravi !


Angela Gheorghiu (Soprano)
Amsterdam 2005



Jennifer Larmore (mezzo-soprano)
2004, en Corée



Denyce Graves (Mezzo-soprano)


Leontyne Price (Soprano)


Teresa Berganza (Mezzo-soprano)
Opéra de Paris 1980



Terminons par Maria Callas en concert (1962)
(Même si les paroles lui manquent à plusieurs reprises)



Un complément qui paraît indispensable puisque vous en parlez dans vos commentaires ...
Julia Migenes : "L'amour est un oiseau rebelle" dans le film de Francesco Rosi

Voir aussi le superbe album photo concernant le personnage de Carmen sur le site d'Ariana




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Mercredi 4 juin 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états

Voir le début de l'article
Ici

La salle de spectacle (114 places) est une salle "à l'italienne" ornée de 12 colonnes - rappel des 12 colonnes du péristyle ... entre-elles les balcons et les loges. Au niveau du parterre - ou orchestre - s'ouvre des baignoires sortes de loges inconfortables.

 

La salle est éclairée par un majestueux lustre en cristal de bohème, qui date de 1914. Il pèse la bagatelle de 1200 kilos et comporte 400 ampoules.



Le plafond en forme de coupole, entièrement en bois, peint à l'origine par Claude Robin et qui fut recréé, à partir du modèle original, par le peintre bordelais Roganeau en 1919. Cette fresque représente la ville de Bordeaux offrant le nouveau théâtre à Appolon et aux muses.



La scène du Grand Théâtre mesure 24 mètres sur 21,40 de profondeur, elle est construite avec une inclinaison de 4 cm pour offrir une vue la plus parfaite possible à tous les spectateurs. Elle est idéale pour les opéras du XVIIè, XVIIIè siècle et du début du XIXè siècle : Monteverdi, Haendel, Mozart, Bellini etc mais il est possible d'y représenter avec bonheur les opéras de Verdi ainsi que le répertoire courant ... Les problèmes commencent avec les opéras de Wagner et Strauss qui demandent un effectif important de musiciens. L'orchestre étant un peu à l'étroit dans la fosse d'orchestre.

Une restauration du XIXè siècle nous avait légué une salle rouge et or comme c'était d'usage à cette époque. Les années passant, la salle était poussiéreuse et fanée, la scène avait besoin de grosses rénovations pour être aux normes actuelles. Une grande rénovation eut lieu pendant trois ans (au début des années 90) pour redonner à la salle son aspect d'origine (mélange harmonieux de bleu de blanc et d'or) et pour doter la scène de moyens techniques modernes.

J'espère vous avoir donné envie d'assister à une représentation ou simplement de visiter cette merveille d'architecture. Les photos viennent du site de l'Opéra National de Bordeaux et d'autres sites parlant du sujet. L'historique est inspiré de l'article du site Le Press Book et d'autres documents.



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Vendredi 30 mai 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états


  Deux articles suivent, consacrés au magnifique Grand Théâtre de Bordeaux ... là où, depuis de nombreuses années je viens entendre l'opéra, la musique symphonique, les récitals de chants, la musique de chambre etc... A chaque fois c'est un ressourcement, une ré initialisation qui me permet d'avancer de nouveau, calme et serein. Lorsque les portes sont fermées, les spectateurs finissent de toussotter - alors qu'aucun d'eux ne va chanter - le grand lustre s'éteint avec douceur et détermination... le chef d'orchestre, qui dépasse à peine de la fosse, lève sa baguette et les premières notes s'emparent de tout l'espace disponible y compris des oreilles, et des coeurs ...
Je suis chaque fois étonné : mais quelle acoustique !
La musique de l'Ouverture s'élève et élève - ce sera encore plus fort dans quelques instants quand la voix du premier chanteur (euse) retentira ... Le drame prendra forme, nous entraînant avec lui ... l'opéra, quoi que l'on dise, parle de tout un chacun, d'émotions de réalités que nous connaissons tous : L'amour, la mort, la trahison, l'amitié, la beauté, l'idéal ... la joie, l'exaltation, la colère, le dépit. Dans cette salle, j'ai fait des rencontres avec des artistes extraordinaires qui me paraissaient ne chanter que pour moi. Les portes sont fermées, la lumière éteinte et le grand rideau soulevé, la scène et la salle ne sont plus qu'une seule et même chose ... une vibration, à l'unisson ... Comme je l'ai déjà dit ailleurs, à l'extérieur, le temps s'est arrêté et nous avançons dans l'oeuvre, décalés dans l'espace et le temps !
Comment ? l'oeuvre a été crée en 1640 ! (Il Ritorno d'Ulisse in patria de Monteverdi). Qu'importe ! Le bâtiment et ceux qui s'y trouvent vivent au soir de la Première et tout un pan de la culture de ce siècle reculé parvient jusqu'à nous. Un théâtre d'Opéra est une machine à remonter le temps et particulièrement ce fameux Grand Théâtre de Bordeaux (il faut entendre l'accent inimitable des bordelais qui prononcent ces trois mots) aussi beau à l'intérieur qu'à l'extérieur il représente, pour moi, une manière de perfection.


Historique
  Depuis plus de deux siècles, l'histoire du Grand-Théâtre de Bordeaux se déroule au rythme des événements qui jalonnent son existence.
D'abord, l'inauguration qui a lieu le 7 avril 1780 ... La foule se presse devant les portes du nouveau bâtiment. On vient assister à la représentation d'Athalie de Racine mais aussi et surtout admirer le chef-d'oeuvre. Il a fallu sept ans pour mener à bien la construction de l'édifice. Il s'agit d'une commande du gouverneur de Guyenne, Louis Armand du Plessis, duc de Richelieu. Le résultat est là : sous les yeux du public se dresse une véritable merveille. L'architecte Victor Louis s'est surpassé pour offrir harmonie, raffinement, sobriété, puissance, pureté de style, élégance et noblesse.
On ne tarit pas d'éloges, aujourd'hui encore, sur ce bâtiment véritable chef-d'oeuvre de l'art architectural du XVIIIe siècle ... en plus de cette valeur architecturale, Victor Louis nous a offert l'acoustique exceptionnelle de la salle entièrement conçue en bois et inoubliable pour ceux qui ont eu la chance de l'entendre. Chaque instrument se détache avec pureté et netteté et les voix lyriques y sont à l'aise grâce à la taille "humaine" de la salle ( 1114 places).

  Donc, les premiers coups de pioches furent donnés à l'automne de l'année 1773. le bâtiment se situe au bout des allées de Tourny sur l'emplacement du forum Gallo-Romain où se trouvait l'ancien temple des Piliers de Tutelle.


  Long de 88 mètres, sa façade de 47 mètres est ornée de 12 colonnes corinthiennes au-dessus desquelles trônent les 9 muses et 3 déesses (Junon - Minerve - Venus) imaginées par le sculpteur Berruer. De chaque côté, deux galeries latérales décorées de pilastres et encadrant des arcades destinées à recevoir des boutiques (aujourd'hui disparues).


 On pénètre à l'intérieur de ce vaste temple gréco-romain voué à la musique, par un immense vestibule, agrémenté par 16 colonnes doriques, aux proportions très pures entièrement fait de pierre blonde. Au fond le grand escalier en forme de T (le premier de ce style) surmonté d'une coupole de 19 mètres de hauteur donne accès à la salle de spectacle par une porte monumentale flanquée de deux cariatides.
   

 Lorsque l'empereur d'Autriche Joseph II rendit visite à Victor Louis sur le chantier, le souverain fut intrigué par le péristyle qui lui paraissait fort audacieux dans sa conception : la voûte plate accumule une pression énorme sur les colonnes des angles ... L'architecte trouve une réponse - inattendue pour l'époque - pour remédier à cet état de fait : Une armature en fer traversant en diagonale les deux caissons d'angle et s'ancrant d'une part sur les colonnes et l'architrave et d'autre part sur le mur de façade. Ce système révolutionnaire au XVIIIe siècle porte le nom de "Clou de Louis".


Photos tirées de divers sites consacrés au Grand-Théâtre de Bordeaux
à suivre ...

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Lundi 26 mai 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états

A propos d'Idoménée, lire ICI et ICI

Hier, 25 Mai 2008, représentation d'Idomeneo à l'opéra de Bordeaux.
Moment exceptionnel, comme cela arrive assez souvent dans ce théâtre.
Quelques éléments :

Kobie van rensburg (Ténor)
Idomeneo
 Elza van den Heever (Soprano)
Elettra
 Henriette Bonde-Hansen (Soprano)
Illia
 Jennifer Holloway (Mezzo-Soprano)
Idamante
 Karen Kamensek
Direction musicale
 Yannis Kokkos
Mise en scène, décors, costumes

et aussi :
- Arbace : Donat Havar
- Le Grand Prêtre de Neptune : Phillipe Do
- La Voix : Jérôme Varnier
- Lumières de Patrice Trottier

Représentation exceptionnelle donc, grâce à Yannis Kokkos qui signe à Bordeaux sa première mise en scène d'Idomeneo ... il est également le créateur des costumes et du décors ... Intelligence, finesse, sobriété et surtout redoutable efficacité de tout le dispositif scénique qui, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous est organisé autour d'un immense oeil qui entoure le cadre de scène, l'iris et la pupille étant disposés tout au fond du décor. Trois colonnes mobiles rythment le temps et l'espace tout au long des trois actes de l'oeuvre. Véritables acteurs, au même titre que les protagonistes, ces éléments du décor soulignent, quand il le faut, les états d'âmes des personnages. Surtout lorsqu'ils se trouvent dans une impasse ou un dilemme impossible à résoudre.
A l'opéra, comme l'on sait, il faut beaucoup de conditions remplies pour qu'une représentation s'approche de la perfection. Ce dimanche, nous avons assisté à une de ces moments de grâce où tout semble aller de soi ... La direction musicale est vivante et inventive, l'orchestre et son chef Karen Kamensek nous tiennent en haleine d'un bout à l'autre de l'oeuvre, soutenant, accompagnant, dynamisant les chanteurs qui paraissent alors comme transportés, transcendés. Il faut dire que la distribution est de tout premier ordre : Trois chanteurs d'exception font vivre l'opéra de Mozart et portent haut le chant lyrique. D'abord L'Idomeneo de Kobie van Rensburg, ténor à la voix puissante et virile qui nous gratifie de vocalises époustouflantes dans son air : "Fuor del mar"  il interprète le roi de Crête avec fougue, colère et conviction. C'est un régal de beau chant.  Quant à Elettra de Elza Van den Heever, dont c'est la prise de rôle,  c'est le mot perfection qui vient à l'esprit en premier, adéquation aussi ...  Elle possède la totale maîtrise de son grand soprano et se hisse au plus haut niveau grâce à une science du chant et de la conduite de la voix qui force le respect,  elle possède tout ce qu'il faut pour interpréter la fille du roi Agamemnon : le souffle immense, la tessiture et surtout une ductilité vocale qui lui permet de nous surprendre à chaque instant par des accents nouveaux, des  nuances infinies - même dans les airs de colère si souvent hurlés -  elle est loin d'être au maximum de ses possibilités et c'est un confort pour ceux qui écoutent. Elle peut faire tonner (sans détimbrer) sa voix dans les forte et conduire son chant légato, avec des sons filés magnifiques  "idol mio, se ritroso" dans les moments plus sereins. La chanteuse paraît tellement accomplie, qu'elle peut se consacrer à l'interprétation du drame (comme Idomeneo d'ailleurs) et se déplacer sur scène avec une grande aisance. La troisième bonne surprise est le soprano lyrique corsé qui interprète Illia : Henriette Bonde-Hansen ... Le style mozartien est maîtrisé et son chant s'écoule, comme naturel, avec élégance et sûreté. On peut parler de soprano "corsé" car le timbre est charnu et le médium dense, pas Despina ni Zerlina mais plutôt Suzanna des Noces de Figaro (rôle qu'elle a déjà interprété). De bout en bout elle donne vie à Illia avec toutes les nuances exigées ... on comprend l'amour d'Idamante pour elle. Un cran en dessous, nous trouvons l'Idamante de Jennifer Holloway, voix pas toujours assez sonore mais bien conduite malgré tout, même si on pourrait  souhaiter un peu plus d'abattage.
Le public bordelais, traditionnellement un peu froid, ne s'y trompe pas et fait un triomphe à cette nouvelle production et à cet opéra trop peu représenté (la dernière fois en 1982 à Bordeaux).  


      

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Lundi 19 mai 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états


Deuxième acte

Les appartements Royaux
Pour sauver son fils, Idoménée décide, sur le conseil d'Arbace, d'envoyer Idamante hors de Crête. Il doit accompagner Electre à Argos et l'assister dans la reconquête du trône paternel. Entre-temps, espère-t-on, la colère de Neptune devrait se calmer. Illia a entendu la conversation et veut renoncer à Idamante. Cependant, il lui dit qu'il préférerait mourir plutôt que de vivre pour Electre (Non temer, amato bene). Depuis qu'elle est arrivée en Crête, c'est la première fois qu'Illia retrouve sa sérénité. Elle se confie à Idoménée et le prie de l'accepter comme sa fille en crête (Se il pare perdei). Idoménée appréhende cette nouvelle relation puisqu'Illia est maintenant concernée aussi par la malédiction de Neptune. (Fuor del mar). Seule Electre est très heureuse de la décision d'Idoménée car elle espère conquérir Idamante sur le chemin de sa patrie (Idol mio, ritroso). Une musique de marche l'appelle vers le port.
Le Choeur des guerriers et des marins : (Placido è il mar) annonce le départ imminent qu'Idamande, Idoménée et Electre ressentent chacun à leur façon (Trio : Pria di partir, o Dio). Au moment où Idamante et Electre veulent monter à bord, se lève une tempête et un monstre sort de la mer. Au peuple épouvanté (Choeur : Qual nuovo terrore), Idoménée avoue sa culpabilité et s'offre au dieu en sacrifice. Les crêtois fuient de panique devant le monstre (Corriamo, fuggiamo).

Ileana Cotrubas (1982)
"Se il padre perdei"


Ramon Vargas
"Fuor del mar"

     Troisième acte

Les jardins royaux
Illia se lamente de son amour (Zeffiretti lusinghieri). Idamante la consulte et l'informe qu'il accepterait le combat avec le monstre qui dévaste la ville en dévorant les hommes, puisqu'elle n'est pas prête à répondre à son amour. Enfin Illia ne peut plus cacher ses sentiments pour lui (Duo : Spiegarti non poss'io). Ils sont interrompus par Electre et Idoménée qui le pressent à partir au plus tôt. Idamante, pourtant, préfère chercher la mort au loin. Alors qu'Illia ne veut plus le quitter, Electre pense à sa revanche et Idoménée s'effondre de désespoir (Quatuor : Andro ramingo e solo). Arbace apporte d'autres mauvaises nouvelles : le Grand-prêtre et le peuple exigent que le roi calme la colère de Neptune.
Sous la pression de l'autorité du Grand-prêtre (Récitatif : Volgi intorno lo sguardo), Idoménée avoue enfin que seul le sacrifice de son fils pourrait satisfaire le dieux. Une douloureuse tristesse s'empare du peuple (Choeur: O voto tremendo !) .
La cérémonie du sacrifice débute par une marche des prêtres. Avec eux, Idoménée prie une dernière fois le dieu de la mer pour qu'il lui rende grâce (Cavatine avec choeurs :Accogli, o re del mar). Au loin un choeur d'acclamation annonce l'arrivée d'Idamante qui a tué le monstre. Il apprend à son tour toute la vérité et s'apprête à mourir pour satisfaire Neptune (Padre, mio caro padre). Mais, au moment même où Idoménée se décide à porter le coup fatal, Illia s'interpose et s'offre en sacrifice. Dans le trouble général une voix tonne : "Qu'Idoménée abdique, qu'Idamande devienne roi et qu'Illia soit son épouse" (Idomeneo cessi esser re). Folle de colère Electre s'enfuit (D'oreste, d'aiace). Idoménée, libéré de la malédiction et heureux, accomplit le voeu de Neptune (Popoli ! A voi l'ultima legge). Le peuple acclame le jeune couple (Choeur : Scenda Amor, scenda Imeneo).

Anna Netrebko
Salzbourg 2006
Scène finale d'Electre :
"D'oreste d'aiace"


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Dimanche 18 mai 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états



Idomeneo Rè di Creta (Idoménée, roi de Crète)
Opéra séria en trois actes K.366 de W.A. MOZART (1756-1791) 
Création à Munich le 29 janvier 1781.

Les Personnages :
Idomeneo, roi de Crête, ténor
Idamante, son fils, soprano ou ténor
Ilia, princesse troyenne, fille du roi Priam, soprano
Elettra, princesse, fille d'Agamemnon - soprano
Arbace, confident du roi, ténor
Grand prêtre de Neptune, ténor
La Voix, basse

Cette oeuvre, troisième essai de Mozart dans le genre de l'opéra Seria, et le plus important (après Mithridate rè di ponto et Lucio Silla) Il écrira un quatrième et dernier opéra seria : La Clemenza di Tito en 1791, l'année de sa mort, qui verra aussi la composition de la Flûte enchantée et du Requiem. Idoménée fut créé en 1781 à l'opéra de Munich, qui l'avait commandé. Elle ne fut reprise qu'une fois du vivant de Mozart, à l'occasion d'une représentation privée en 1786. Pourquoi une telle négligence ? D'abord en raison de sa nature même, Idoménée n'a jamais été un opéra de répertoire. Ensuite, et c'est là l'aspect le plus important, il répond à des conventions dont la vogue touchait à sa fin lorsqu'il fut créé, et qui nous sont aujourd'hui presque totalement étrangères. Un castrat tenait un rôle très important dans la première distribution, celui d'Idamante, et l'opéra fut conçu à une époque où l'on associait la virtuosité vocale à cette sorte de chanteurs. Mozart voulait donner à ses chanteurs toutes les possibilités d'exprimer leur talent. Il ne faut pas croire pour autant qu'il n'y a là qu'une suite de morceaux de bravoure. C'est bien plus que cela. Mozart était en pleine possession de ses moyens quand il composa cet opéra et les arias, merveilleusement expressives, sont empreintes, malgré tout, d'une certaine austérité. Les quatre personnages principaux, dont la crise atteint son apogée dans le grand quatuor du dernier acte, sont nettement dessinés.

Premier acte

Les appartements d'Illia au palais royal
Après la chute de Troie, le retour longtemps désiré d'Idoménée en Crête est imminent. Pendant des années, il avait guerroyé loin de sa patrie aux côtés des grecs. Pendant ce temps, son fils Idamante, maintenant devenu un homme, est aimé avec passion par la fière Electre, la fille d'Agamemnon qui a trouvé refuge en Crête après l'assassinat de sa mère par son frère Oreste. Idamante, pourtant, n'est pas attiré par Electre mais par la princesse troyenne Illia qu'idoménée avait déjà envoyé en Crête avec d'autres captifs. Les sentiments d'Illia hésitent encore entre son amour naissant pour le prince "ennemi" et la peine qu'elle éprouve pour Troie sa patrie  (Padre germani addio !) Ainsi repousse-t-elle tout d'abord les manifestations d'amour que lui prodigue Idamante qui en conçoit un grand chagrin (Non ho colpa, e mi condanni) Dans un choeur serein, les crétois et les troyens libérés par Idamante chantent la paix (Godiam la pace).
L'ambiance joyeuse prend soudainement fin à l'annonce d'Arbace, un confident du roi : Idoménée et les siens ont perdu la vie lors d'une tempête sur la mer. Fou de douleur, Idamante court vers la grève pendant qu'Electre, qui avec suspicion l'a déjà observé avec Illia, se jure dans une violente manifestation de ses sentiments, de prendre sa revanche sur sa rivale (Tutte nel cor vi sento).
Dans leur combat sur la mer déchaînée, les naufragés implorent la grâce des dieux (choeur : Pieta numi pieta !). Après que la tempête soit calmée, Idoménée, tourmenté par l'angoisse et la culpabilité, arrive au seuil de sa patrie (vedrommi intorno l'ombra dolente). Il doit en effet exécuter la promesse faite aux dieux de la mer en furie au plus fort du danger. Il avait promis à Neptune de lui sacrifier le premier mortel qu'il rencontrerait sur la terre ferme. Idamante, errant, s'approche, et après une longue conversation, ils se reconnaissent comme père et fils. Alors Idoménée, plutôt que de le prendre joyeusement dans ses bras, se détourne de lui épouvanté, puis se sauve. Ayant perdu la tête, Idamante en reste cloué sur place (il padre adorato ritrovo e lo perdo). Le peuple accourt pour saluer les heureux survivants et remercier les dieux (Choeur : Nettuno s'onori).


Air d'Illia : "Padre, germani, addio"
Laura Claycomb

 


Air d'Electre "Tutte nel cor vi sento" suivi du début du choeur "Pieta numi pieta"
Opéra de Chicago 1999
Electre : Carol Vaness






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Mercredi 14 mai 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états


De nouveau Kathleen Ferrier ... pour le plaisir !




Blow the Wind Southerly

Blow the wind southerly, southerly, southerly,
Blow the wind south o'er the bonny blue sea;
Blow the wind southerly, southerly, southerly,
Blow bonny breeze my lover to me.

They told me last night there were ships in the offing,
And I hurried down to the deep rolling sea;
But my eye could not see it,
Wherever might be it,
The bark that is bearing my lover to me.

Blow the wind southerly, southerly, southerly,
Blow the wind south that my lover may come;
Blow the wind southerly, southerly, southerly,
Blow bonny breeze and bring him safe home.

I stood by the lighthouse the last time we parted,
Till darkness came down o'er the deep rolling sea,
And no longer I saw the bright bark of my lover.
Blow, bonny breeze and bring him to me.

Is it not sweet to hear breezes blowing,
As lightly they come o'er the deep rolling sea?
But sweeter and dearer by far when tis bearing
The bark of my true love in safety to me.

(Je n'ai pas réussi à trouver une traduction satisfaisante ... Si quelqu'un a une idée, je suis preneur !)

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Dimanche 11 mai 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états
Dans la colonne de gauche vous trouverez une radio contenant trois titres que vous pourrez écouter, si ça vous chante, pendant que vous vous promenez sur le blog ...
Vous pouvez passer d'un titre à un autre avec
<<
et >>.

Premier titre : L'extraordinaire Léonie Rysanek chante un air extrait du Bal Masqué de G. Verdi : "Morro, ma prima in grazia" ...
Deuxième titre : L'adagietto de la 5ème symphonie de Gustav Malher ( Que j'avais déjà mis précédemment)
Troisième titre : Encore Madame Rysanek, dans un extrait de l'Otello de G. Verdi : "L'Ave Maria" de Desdemone ... Je ferai, bientôt, un article complet sur cette superbe artiste. 
          
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Dimanche 27 avril 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états

    Richard Strauss (1864 - 1949) compose les "Quatre derniers lieder" pour soprano et orchestre dans la toute dernière partie de sa vie, en 1948, ils sont créés à Londres le 22 mai 1950 par la soprano Kirsten Flagstad avec l'orchestre Philharmonia sous la direction de Wilhem Furtwangler.

- Frühling (Printemps) sur un poème de Hermann Hesse.
- September (Septembre) sur un poème de Hermann Hesse.
- Beim Schlafengehen (En s'endormant) poème de Hermann Hesse.
- Im Abendrot (Dans la rougeur du couchant) poème de Joseph von Eichendorff.
    C'est ce dernier lied qui nous intéresse aujourd'hui.

    Pour qui ne connaîtrais pas cette oeuvre, il faut se garder des préjugés concernant la musique "classique" vocale et aborder l'écoute d'une oreille "neuve" (ce qui est, contrairement à ce que l'on croit généralement, une chance) ...

    Écouter, comme on regarderait un tableau ( Ou une oeuvre architecturale), sans chercher à comprendre, simplement ressentir. Se donner le droit de ressentir. Laissez-vous prendre par la main, Nina Stemme (la soprano) et la musique de Richard Strauss, l'enchanteur, feront le reste ... Strauss compose comme l'on peint, par petites touches qui soutiennent de longues mélodies dont il a le secret. Ces quatre derniers lieder sont un hymne à la voix féminine, dans ce qu'elle a de fragile et de fort ... Le tempo lent et solennel et la ligne vocale très dépouillée, font de ce lied en particulier, une méditation recueillie et profondément émouvante, qui va droit au coeur ... Jugez vous-même :



Im Abendrot
(Dans la rougeur du couchant)

A travers les peines et les joies,
nous avons marché, la main dans la main.
Maintenant nous nous reposons tous deux
dans le pays silencieux.

Autour de nous les vallées s'inclinent,
déjà le ciel s'assombrit.
Seules, deux alouettes s'élèvent,
rêvant dans l'air parfumé.

Viens-là et laisse les tournoyer.
Bientôt il sera l'heure de dormir.
Viens, que nous ne nous perdions pas
dans cette solitude.

Ô calme incommensurable du soir,
si profond dans le rouge du couchant !
Comme nous sommes las de marcher !
Est-ce peut-être ceci la mort ?



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Dimanche 13 avril 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états

A la suite de l'article : Contre-ténors et du vote dont j'ai publié les résultats dans :
Contre-ténors résultats ...
Comme promis le premier des articles sur les trois contre-ténors concernés :
Votre préféré : ALFRED DELLER.

Alfred Deller est un contre-ténor anglais né à Margate dans le Kent le 31 mai 1912 et mort à Bologne le 16 juillet 1979.
Enfant, il chante dans un choeur de paroisse comme soprano. A l'adolescence au moment de la "mue", il découvre qu'il peut chanter naturellement une partie d'alto. Il cherche alors un enseignement que personne en Angleterre ne peut lui donner, sa voix n'appartenant à aucune catégorie. Il lit des textes anciens, retrouve une tradition anglaise et des trésors oubliés dans les archives. Améliorant sa voix, il se crée un répertoire original. En 1940, il chante avec les choeurs de la cathédrale de Canterbury . En 1947 il est à la tête des choeurs de Saint Paul de Londres. Remarqué par le compositeur anglais Michael Tippet, il donne son premier concert en soliste à Londres et, en 1948, il forme le Deller Consort.

 

 

 

                            The Plaint, The Fairy Queen, Henry Purcell


Avec le Deller Consort, dont les membres varient, il perfectionne un style qui va conquérir le monde de la musique. Initiateur, professeur, musicologue, Alfred Deller se bat pour retrouver l'interprétation la plus juste de la musique ancienne, ressuscitant Byrd, Morley, Tallis ... Compositeurs bien oubliés de la musique ancienne anglaise. Musiques populaires, chant grégorien, musiciens du 18ème siècle, sont à son répertoire. Il travaille avec des musicologues de renom qui l'aident à chercher et à restituer le plus fidèlement possible les oeuvres qu'il chante. Il fait école et forme une génération nouvelle. Grâce à lui, la voix de contre-ténors retrouve sa place.

Sa propre voix, sans vibrato, sans pesanteur, lumineuse et douce, comme venant d'ailleurs, est l'expression de l'intelligence, simple et élégante.

 

 

                            Le Messie de G.F. HAENDEL

 Quelques dates :

- 1950 : Premier enregistrement (Henry Purcell).
- 1955 : Tournées internationales avec le Deller Consort jusqu'en 1979
- 1960 : Il crée le rôle d'Obéron dans l'opéra : Midsummer Nigth's Dream (écrit spécialement pour lui par Benjamin Britten).
- 1964 : Son fils Mark (contre-ténor également) rejoint le Deller Consort.
- 1970 - 1979 : Il enregistre une cinquantaine de disques pour Harmonia Mundi

On peut trouver et acheter la plupart de ces enregistrements sur le site d'Harmonia Mundi

             Lamentations de Jérémie "Jesu Salvatore Saeculi"

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Lundi 7 avril 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états

Après l'article consacré à la voix de
Contre-ténor, voici quelques éléments concernant la voix de Soprano colorature. Parmi les voix lyriques c'est  la plus aiguë des tessitures  féminines, la plus spectaculaire aussi. Depuis Mozart et les deux célébrissimes airs de la Reine de la Nuit dans la Flûte Enchantée, les compositeurs ont beaucoup utilisé ce type de voix. L'aigu est souvent facile et surprend les spectateurs qui sont touchés, même si, pour certains, la performance (Suraigu) est plus importante que le chant lui-même.
La plus emblématique des cantatrices actuelles dans ce registre est, sans conteste, Nathalie DESSAY. Tout le monde connaît, par la télévision, cette jeune-femme jolie, enjouée, avec un franc-parler assez peu "Prima donna", titre auquel son immense talent, sa technique extraordinaire et sa voix prodigieuse d'agilité, pourraient lui faire prétendre.

Un air, incontournable du répertoire des sopranos coloratures : L'air d'Olympia dans l'opéra les Contes d'Hoffman de Jacques Offenbach, "Les oiseaux dans la charmille" que l'on appelle parfois "l'air de la poupée".



Un autre "classique" des Sopranos Aigus : "l'air des clochettes" de LAKMÉ de Léo DELIBES.
Par la cantatrice coréenne SUMI JO en 1995



Et pour sortir des sentiers battus, un extrait de l'air de Zerbinetta tiré de l'opéra de Richard Strauss : Ariane à Naxos et qui valut, en son temps, un triomphe à Nathalie Dessay qui peut y faire briller toutes ses qualités de chanteuse et de comédienne. Ce rôle lui permet, également, de jouer de son physique avantageux  (l'opéra c'est aussi du théâtre).


Sans oublier, bien évidemment, l'air de la Reine de la nuit ,le plus spectaculaire avec son suraigu irréel : "Der Hölle Rache", que vous pouvez trouver ICI chanté par Edda Moser.

à suivre ...

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Dimanche 30 mars 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états
Tristan Und Isolde, opéra de Richard Wagner
Poème et musique : Richard Wagner
Créé au Hofteater de Munich
le 10 juin 1865


Liebestod (Mort d'Isolde)


Isolde n'entend plus rien autour d'elle, avec une émotion croissante
elle fixe les yeux sur le cadavre de Tristan à ses pieds ...



Nina Stemme Soprano (Isolde)

Doux et serein
comme il sourit
comme il ouvre
les yeux avec grâce,
le voyez-vous mes amis ?
Ne le verriez-vous pas ?
Toujours plus lumineux
comme il illumine
et s'élève
reflet des étoiles !
Comme son coeur
se dilate bravement,
la plénitude
jaillit en son sein !
Comme ses lèvres
avec une douceur délicieuse,
exhalent tendrement
un souffle suave :
Amis voyez !
Ne le sentez-vous pas et ne le voyez vous pas ?

Suis-je seule à entendre
cette mélodie qui avec douceur
d'une plainte si
merveilleuse et douce,
disant tout, réconciliant,
tirant d'elle son chant,
me pénètre,
s'élève,
retentit si juste,
vibre autour de moi ?

Sonores et claires,
ondulant autour de moi, sont-ce des vagues,
de douces brises ?
Sont-ce les ondes
de délicieux effluves ?
Comme ils s'enflent
et m'entourent de murmures.
Dois-je respirer ?
Dois-je prêter l'oreille ?
M'exhaler
en douceurs suaves ?
Dans la houle des vagues,
dans le flot qui ondule,
dans les sons qui modulent, dans la respiration de l'univers,
sous le souffle du tout,
se noyer,
sombrer
inconsciente !
Extrême plaisir !


Comme transfigurée, Isolde s'effondre doucement sur le corps de Tristan
Emotion et saisissement de tous les assistants.
Le rideau tombe lentement !


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