Dimanche 3 février 2008
par Antiochus
publié dans :
Opéra - Musique
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Le Riccardo de Julian Gavin est attachant , il aborde le rôle tout en force et nuance peu le fort volume de sa voix. Il ferait un Siegmund de "La Walkyrie" de R.
Wagner tout à fait convainquant. Il nous fait profiter ici de sa voix facile et de ses aigus particulièrement sonores et brillants. Il est vrai qu'il faut rivaliser avec la
puissance vocale de sa partenaire Hui Hé. Malgré tout , même si les nuances et la caractérisation du personnage ne sont pas ses points fort , il sait manifestement ce que
chanter Verdi veut dire et son plaisir à la faire est communicatif.
James Westman, chante Renato avec conviction et de mieux en mieux tout au long de l'opéra. Au début il est un peu difficile de l'entendre puis, peu à peu,
la voix s'étoffe, prends du corps et il commence à habiter son personnage avec talent. Un vrai Baryton Verdi (ils sont rares).

La prestation de Daphné Touchais dans Oscar est remarquable de bout en bout. Voix légère (mais pas trop) facile et juste, elle saute et
virevolte sur scène, au gré d'une mise en scène compliquée et pas toujours à propos et compose un oscar de rêve, pierre de touche du drame qui se joue.
La mise en scène de Carlos Wagner (puisqu'il faut en parler) décale l'action du Bal Masqué quelque part dans une
amérique du sud totalitaire (Carlos Wagner - c'est sa première mise en scène d'un opéra de Verdi - dit, lui, qu'il a plutôt globalement pensé à un pays du tiers-monde) Riccardo campe un
dictateur, Renato étant son âme damnée, et les décors un peu "misérables" nous plongent dans une jungle kitch avec guérilleros et prisonniers (nus) que l'on exécute sur scène ... Bref, une mise
en scène à oublier tant elle est constituée de clichés et contre-sens, surtout qu'à la conclusion du drame, au moment du fameux "bal masqué", noeud de l'intrigue où va se perpétrer le meurtre de
Riccardo, les masques sont étrangement absents. Ce qui rend le texte incompréhensible pour qui viendrait pour la première fois écouter et voir le chef-d'oeuvre de Verdi.
L'opéra est un art complet, la mise en scène devrait participer, autant que la musique, à l'émotion et au drame ... Ce soir là il manquait un élément essentiel
à l'Oeuvre.
Mardi 29 janvier 2008
par Antiochus
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Opéra - Musique
Dimanche 27 janvier 2008 représentation de :
Un Ballo in maschera
Opéra en trois actes, Livret d'Antonio Somma d'après le poème écrit par Eugène Scribe pour l'opéra de Daniel-François
Esprit Aubert : Gustave III ou le Bal masqué.
Musique de Guiseppe VERDI
Opéra National de BORDEAUX.
Direction musicale : Paolo Olmi
Mise en scène : Carlos Wagner
Riccardo : Julian Gavin
Renato : James Westman
Amélia : Hui Hé
Ulrica : Elena Manistina
Oscar : Daphné Touchais
Samuel : Jérome Varnier
Tom : Antoine Garcin
Silvano : David Grousset
Un juge : Pierre Guillou
Un serviteur : Nicolas Pasquet
Choeur et orchestre de l'Opéra National de Bordeaux Aquitaine
Quelle joie de retrouver cette musique de Verdi à la fois puissante et subtile, au service du drame, qu'elle illustre et souligne avec une efficacité
redoutable. Réécouter ces mélodies, que l'on ne peut oublier après les avoir entendues pour la première fois, est toujours un grand plaisir.
Les divers enregistrements ont rendu l'oreille exigeante, mais l'Opéra est un spectacle vivant avec ses sommets d'émotions, ses imperfections inévitables et,
parfois des moments de perfection absolue.
Cette représentation se situe dans la juste mesure sur le plan musical. Paolo Olmi peine, au début, à rassembler son
monde et à constituer - comme c'est son rôle - un tout cohérent ... puis, petit à petit, la concorde s'établit et la musique de Verdi apparaît !
Hui Hé
Photo : Frédéric Desmesure
Site Forum opéra
Hui Hé déploie son lyrico spinto sonore et chaud et use de sa puissance qui semble sans limite ... même
dans les aigus forte elle ne semble pas au bout de ses possibilités. Cette cantatrice chinoise est déjà venu chanter deux autres rôles à Bordeaux : Tosca en Février 2005, Aïda en Mars 2006 et pour l'avoir entendue à ces deux occasions, je peux mesurer la progression vocale
de cette artiste en écoutant son Amélia d'aujourd'hui. Déjà le contraste était flagrant entre sa Tosca, chantée totalement "en force" avec peu de subtilité
et sans grand souci du personnage et des émotions qu'il est sensé éprouver, et une Aïda totalement habitée par son rôle, chantant en finesse avec un légato "sur le souffle" que je ne lui
connaissais pas. Dans ce Bal masqué, on retrouve la cantatrice au faîte de sa maturité vocale : timbre charnu et verdien (ce qui est rarement le cas chez
les cantatrices extrèmes-orientales) caractérisation du personnage : son Amélia n'est pas seulement victime du système social dans lequel elle évolue, Hui Hé campe une femme de caractère qui
cherche à agir, malgré tout, sur ce qui lui arrive. J'espère que nous pourrons continuer à l'entendre à Bordeaux car sa carrière internationale pourrait l'éloigner de notre beau
théatre.
Eléna Manistina
Photo : Frédéric Desmesure
Site Forum opéra
Eléna Manistina, Mezzo-soprano puissante et sonore, nous offre une Ulrica
de grande classe. On pense aux grandes devancières (Fédora Barbieri, Guilietta Simionato et bien d'autres ...) qui
n'auraient pas à rougir de sa prestation de ce soir. Peu aidée par la mise en scène, qui en fait une magicienne un peu grotesque, elle domine la tessiture (très grave) du rôle sans difficulté
apparente. Elle utilise sa grande voix et son timbre sombre, à grain serré, pour susciter la démesure du personnage d'Ulrica. J'avais pu l'entendre lors de sa prise de rôle dans Amnéris aux côtés
de Hui Hé dans l'Aïda de Mars 2006. Là aussi, belle progression, on peut constater sa connaissance profonde du chant verdien et une technique vocale de toute première qualité qui lui permet
d'émettre les "extrèmes graves" sans les poitriner (je n'avais jamais entendu cela). Grande artiste, Bravo Madame Manistina.
à suivre ...
Mercredi 19 décembre 2007
par Antiochus
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Opéra - Musique
Je viens de passer un très beau moment sur You Tube à comparer les différentes interprétations de l'air de Turandot de G.
Puccini: "In questa reggia" ...
Cet air est particulièrement spectaculaire et doit être chanté par la plus volumineuse des voix de soprano : Le Soprano Dramatique. J'ai écouté la voix d'airain de
Birgit Nilsson, celle, non moins impressionnante, d'Eva Marton, le vibrato quelquefois génant de l'immense Gwyneth Jones, Le formidable
instrument vocal de Ghena Dimitrova, même une bande son illustrée de photos de la jeune Maria Callas (qui ne se doutait pas, à l'époque, qu'elle chanterait les
opéras de Bellini et Lucia di Lamermoor - qui aurait pu s'en douter ?) et beaucoup d'autres cantatrices moins connues ...
and the winner is ...
L'extraordinaire ALESSANDRA MARC... Jugez vous même
Chanter cet air sans hurler, garder la pureté de son timbre sur tout le registre avec une justesse jamais prise en défaut, chanter "légato" même dans les moments
les plus extrèmes et atteindre les aigus sans effort apparent, c'est ce qu'arrive à réaliser cette cantatrice que je ne connaissais pas ... Belle découverte, belle artiste.
Qu'en pensez-vous ?
Mercredi 21 novembre 2007
par Antiochus
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Opéra - Musique
Marilyn Horne
La découverte de cette voix (dans les années 70) a constitué, pour moi, un choc ... Un changement de ma
perception du chant lyrique. Cette mezzo-soprano au timbre unique, reconnaissable dès la première note, porte l'art du chant à son sommet. Elle s'adresse à ceux qui l'écoutent, en parlant
directement au coeur, faisant jailllir des émotions, que l'on aurait pas imaginé éprouver.
Marilyn Berneice Horne est née le 16 janvier 1929 (1934 dans certaines biographies) à Bradford en
Pennsylvanie.
De son père Bentz Horne, ténor semi-professionnel de talent, elle reçoit,dès son enfance, les premières bases de l'enseignement
du chant.
Dans un entretien accordé au magazine LYRICA en juillet-août 1981, elle affirme avoir commencé à chanter
très tôt (quatre ans) et ne s'être apercu de l'existence de son registre grave (Un octave) qu'à quinze ans. "Je suis néammoins resté soprano, affirme-t-elle, et comme
j'avais du succès j'aurais pu le rester pour toujours s'il n'y avait eu ce renouveau du bel canto."
En 1953, après une tournée en Europe avec la chorale de Robert Wagner, elle décide de voler de ses propre ailes. Ses
débuts sur scène ont lieu en 1954 à Los Angeles dans le rôle, très grave, de Hata dans "La Fiancée vendue" de B.
Smetana.
L'été 1954, elle est la doublure vocale de l'actrice Dorothy Dandrige (Une voix claire et haute de
soprano lyrique) dans l'enregistrement de la version signée par Oscar Hammerstein du chef-d'oeuvre de G.Bizet devenu un film important d'Otto
Preminger.
Elle passe ensuite trois saisons (1957-1960) à l'opéra de Gelsenkirchen en Allemagne où elle chante
quantité de rôle de soprano : Mimi de la Bohème, Minnie de la Fille du Far West de Puccini, Amélia de
Simon Boccanegra, Tatiana de d'Eugène Onéguine etc ...
De retour aux Etats-Unis, elle débute à l'opéra de San Francisco dans Marie de Wozzeck d'Alban
BERG chantant dans le même temps La Vecchia de Gianni Schicchi, un authentique rôle de contralto. Elle fait alors la connaissance du chef d'orchestre
Henri Lewis qui la dirige dans Santuzza. Le premier juillet 1960, elle l'épouse. Ensemble ils auront une fille, Angela, née le 14 juin 1965. On sait que cette
grossesse l'empêchera d'honorer un contrat au Carnegie Hall, le 22 avril 1965, ce qui permet à une certaine Montserrat Caballe de triompher dans
Lucrezia Borgia et de devenir star en l'espace d'une soirée.
Le 29 janvier 1964, à Los Angeles, elle débute dans Arsace face à l'époustouflante Sémiramis de
Joan Sutherland. Cette soirée marque un tournant décisif dans son évolution artistique car, jusque là, elle n'avait jamais utilisé son registre grave en force de peur
de "perdre sa voix". Et l'on sait que c'est grâce à son aisance confondante dans l'agilita di forza propre aux grands rôles des opéras seria de Rossini
qu'elle s'est rendue unique.
La Donna del Lago de G. ROSSINI
"Mura felici" en 1981
En 1961, c'est la naissance du plus grand duo vocal féminin depuis la Patti et
l'Alboni (les grandes anciennes). duo qui connait de fabuleux succès dans la Norma de Bellini ou Semiramis de
Rossini. Suivront de nombreux enregistrements.
La grande carrière commence alors pour Marilyn : Débuts au Coven Garden de
Londres dans Marie de Wozzeck, à la Scala de Milan dans Jocaste (Oedipus Rex de
Stravinski) au Métropolitan opéra de New-York dans Adalgisa (Norma de
Bellini).
A partir de 1970, elle devient une habituée de la première scène américaine où elle chante :
Rosine, Carmen, Orfeo, Eboli, Dalila ...
A Houston, en 1975, elle aborde pour la première fois l'opéra baroque : RINALDO de Georg
Friedrich Haendel
"Cara Sposa" air célèbre de l'opéra Rinaldo de G.F.
HAENDEL
à suivre ...
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