En hommage à Clara ...
Merci Nicole R. !
"White cat and butterflies"
Jane Crowther
Voir le site : Bug Art pour découvrir d'autres création de cette artiste ...
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"White cat and butterflies"
Jane Crowther
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Les duveteux mondes d'Hilary Brace

Une petite halte dans l'univers doux et inquiétant de l'artiste américaine Hilary Brace. Elle
utilise un procédé qui lui est propre pour produire ces dessins qui font penser à des formations nuageuses, comme celles que l'on pourrait observer depuis le hublot d'un avion par exemple, ...
bien que l'on puisse aussi imaginer d'étranges grottes baignées de lumière (le mythe de la caverne ?) soutenues par des piliers de fumée, ou encore des océans de brouillard se déversant dans
d'invisibles failles, inéluctablement ... Un tremplin pour l'imaginaire !
Rondeurs ouatées et Noir et Blanc suggestif ... Qu'en pensez-vous ?
Hilary Brace est une artiste américaine qui réside en Californie. Elle obtient en 2006 le prix Guggenheim.
A voir absolument le très beau site de Madame Hilary Brace
MOTS RARES ET PRÉCIEUX
Les mots peuvent s'appréhender de multiples manières ... on peut regarder le
signifiant (le mot graphique dans sa beauté intrinsèque) mais aussi, évidemment, le signifié (le sens ... les sens et acceptions) il est possible aussi de les
percevoir avec nos sens : on peut les goûter comme le mot "gouleyant" ou "glougloutis" par exemple, les entendre, puisqu'ils sont souvent prononcés, comme
"tintinnabuler" ou "tonitruant". On peut aussi les voir, bien sûr, puisque, au delà de la lecture qui permet de les déchiffrer, de comprendre leur sens quand ils forment de
gros paquets que l'on appelle des "phrases", l'oeil peut découvrir leur beauté graphique, l'antique beauté des signes qui les composent. C'est particulièrement vrai dans certaines
langues comme l'hébreu, dont je parle souvent ici, lettres par lettres. Je suis particulièrement sensible au mot "coquecigrue" que je trouve plutôt baroque et au mot : "colombe" que je trouve
rond et doux ... Pour mieux aborder les mots , il faudrait se couler plus souvent dans le "sensitif", dans le monde des sensations, qui devrait parfois prendre le pas sur la
"pensée" qui a tendance, elle, à se prendre au sérieux. Certains mots sont élégants comme : "intuition" par exemple que je trouve effilé, subtil et presque diaphane,
probablement parce que, parfois, il se déguise en "vérité". ...
Le mot "ergastule" m'a particulièrement frappé - lors de la
lecture du livre de Pierre Bordage dont je parle plus bas - puisque, à lui seul, du simple fait de le lire, il fait revivre la réalité sombre de sa signification. Il est digne, me
semble-t-il, de faire partie de la catégorie : Donner la parole aux mots rares, oubliés et
précieux. (7 mots rares et précieux déjà évoqués)
Et vous , quels sont les mots qui vous parlent particulièrement ?
Ergastule
Nom masculin
Un ergastule (*) (du latin ergastulum, adapté du grec ἐργαστήριον / ergastếrion, « atelier ») est une caserne servant à l'hébergement des groupes d'esclaves employés aux travaux des champs en Italie.
C'est aussi une prison souterraine, un cachot dans l'Antiquité romaine. Gustave Flaubert écrit ainsi dans la
Tentation de saint Antoine : « une plainte continue monte du fond des ergastules. » Aussi dans Salammbô : «C'était la voix des esclaves dans
l'ergastule.»
L'écrivain préféré de ce blog : Pierre Bordage, emploie ce mot dans le deuxième tome des "Griots célestes", "Le
dragon aux plumes de sang".
"À l'aube, une vingtaine de Dragons rouges s'étaient répandus dans les ergastules. Des cris stridents lacéraient le tumulte [...]"
(*) Un ergastule pouvoit contenir jusqu'à quinze hommes: ceux qui y étoient confinés, s'appelloient ergasiules, & leur geolier, ergastulaire. On y précipita dans la suite d'honnêtes gens qu'on enlevoit & qui disparoissoient de la société, sans qu'on sût ce qu'ils étoient devenus. Ce desordre détermina Adrien à faire détruire ces lieux. — (L'Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers)
Ruines d'ergastules à Rome
Voir aussi la catégorie :
"Donner la parole aux mots rares et oubliés"
Le 16 juin 2010, la grande contralto canadienne, Maureen Forrester, est décédée à l'âge de 79 ans. Sa voix profonde de contralto et son art du chant lui ont permis de faire une carrière internationale de premier plan.
Forte personnalité de l’opéra au Canada, et dans le monde, la contralto après un long combat contre la maladie d’Alzheimer, s'est éteinte. Avec sa voix souple, au timbre riche, elle excellait sur scène, autant en récital que dans la comédie ou le drame. Elle était spécialiste de la musique de Malher et de Brahms. La musique sacrée de Monteverdi et les oratorios de Haendel furent aussi au menu de ses exceptionnelles prestations. Son art perdure grâce à de nombreux enregistrements. C'est l'occasion de faire entendre ici, encore une fois, cette voix sombre et profonde au service de Bach et Haendel.
En hommage l'air : "Est ist vollbrarh"
de la "Passion selon Saint Jean" de Jean Sébastien Bach.
SOPHROLOGIE - le "Terpnos Logos"
Les anciens égyptiens connaissaient et pratiquaient des incantations pour obtenir des effets sur
la douleur, sur des maux divers, y compris psychologiques. Les mains étaient posées sur la partie du corps souffrante et les paroles prononcées d'une manière particulière. Un papyrus contient
cette phrase : "Pose ta main sur la douleur et dis : Que la douleur s'en aille ! "
La civilisation égyptienne a transmis son savoir. Le peuple hébreu dont le guide, Moïse, était un initié qui, selon la Bible, "avait été instruit dans la science des égyptiens" a peut-être utilisé les vertus de la "Parole qui soigne". Ensuite les Grecs héritèrent de ce savoir.
La parole est un élément majeur pour placer un sujet dans un parfait état de réceptivité. Le mot grec "spôphrôn" correspond au mot "sensé", tandis que le mot "phren" correspond à l'intelligence. Il faut entendre ce mot "intelligence" dans le sens que lui donnaient les égyptiens quand ils indiquaient dans leurs textes que ceux-ci ne pouvaient être interprétés que par "l'intelligence de l'âme".
En Grèce, à Epidaure, on retrouve les vestiges de ces traitements utilisant la parole.
Dans le sanctuaire d'Asclépios, le dieu de la médecine
(Esculape pour Rome) il existe les restes d'un hôpital où les malades étaient soignés pendant quarante jours. Après les bains, ils étaient allongés dans une sorte de rotonde où, pendant qu'ils se
trouvaient dans un état entre la veille et le sommeil, des prêtres médecins venaient leur murmurer derrière leur tête, par des trous percés dans le mur, des paroles de guérison.
Homère évoque " l'épode ", la parole à but thérapeutique, lorsqu'il cite le "Terpnos logos" dans des textes qui datent du IXème siècle avant Jésus-Christ.
Platon, qui vécut 400 avant notre ère, reprend le terme de "Terpnos logos" qu'il qualifie de parole douce, monotone et monocorde qui agit sur le "thymos" (*) et engendre "l'état de sophrosyne". Il s'agit d'un "état de calme, de concentration suprême de l'esprit", produit par de belles paroles. (qui deviendra dans la Sophrologie actuelle : L'état de sophronisation)
On peut trouver chez Platon la définition des bases d'une "psychothérapie verbale" (dont peut-être S. Freud et
ceux qui l'ont précédés et suivis s'inspirèrent) dans un dialogue entre Socrate et le jeune Charmidès. : ce dernier souffre d'un violent mal de tête et Socrate accepte de le
soigner au moyen d'une plante et d'une "Incantation". Et Socrate (donc Platon) dit tenir ce traitement d'un médecin de Thrace qui disait entre autres:
"Il ne faut pas traiter la tête sans l'âme. Tous les maux et tous les biens pour le corps de l'homme
tout entier viennent de l'âme. C'est donc avant tout l'âme qu'il faut soigner si l'on veut que la tête et tout le corps soient en bon état. Or l'âme se soigne par des incantations."
(*) Thymos désigne aussi l’esprit ou l’âme. Ainsi, Galien et les grecs pensaient que l’esprit ou l’âme était localisé dans le thymus.
Prière et méditation
Vue d'Occident et de l'extérieur, elle [la méditation] ressemble à une prière. Vécue de
l'intérieur, et telle que l'Orient nous l'a enseignée (par exemple dans le zazen) elle est plutôt le contraire. Prier, dans le langage courant, c'est demander. Ainsi font les croyants, le plus
souvent, dans leurs prières : ils implorent Dieu de leur accorder son aide, son pardon, sa protection ... Voyez le Notre Père
des chrétiens ou le Fâtiha des musulmans. La méditation, elle, ne demande rien, n'attends rien, n'espère rien. Elle porte sur le réel (dont nos désirs font partie), non sur le
souhaitable. Sur le présent, non sur l'avenir. L'attention, non l'attente, la fait vivre.
La prière, sauf exception, se fait avec des mots. La méditation essaie plutôt de s'en débarrasser : elle se veut
silencieuse et sans objet.
La prière s'adresse à quelqu'un qui est censé l'écouter : elle débouche sur une spiritualité de la transcendance, de l'adoration, de la soumission. La méditation ne s'adresse à personne, n'adore rien et n'obéit qu'aux
règles qu'elle se donne : spiritualité de l'immanence et de la libération.
La prière relève de l'âme : le corps ne lui est guère qu'un obstacle, qu'il faut vaincre, qu'une demeure qu'il
faut purifier, ou qu'un instrument qu'il faut utiliser. La méditation, à l'inverse, est d'abord un exercice corporel, qui ne touche à la spiritualité que par l'attention qu'elle accorde aux
sensations du corps, à ses mouvements ou à son immobilité, à sa respiration ou à sa posture. L'esprit du Bouddha souffle là : pas
d'âme, pas de soi, pas d'ego - rien que des agrégats (le corps en est un, ou plusieurs) impermanents et vides [...]
Ces différences, que je ne fais ici qu'esquisser, entre la prière et la méditation, n'empêchent pas de pratiquer
l'une et l'autre [...]
Percevoir plutôt que penser. Ne rien faire, mais à fond : simplement vivre.
Extrait de la chronique du philosophe André Comte-Sponville
dans : "Le Monde des religions" N°42 - Juillet-Août 2010.
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