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OPERA - BLOG

Toutes les photos présentes sur ce blog sont des clichés personnels, sauf mention contraire ...
Elles ne sont pas libres de droit !


Concernant les articles de la catégorie: "Franc-Maçonnerie",
je tiens à préciser que je ne représente, ici, aucune Loge ni aucune obédience.


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Dimanche 30 mars 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états
Tristan Und Isolde, opéra de Richard Wagner
Poème et musique : Richard Wagner
Créé au Hofteater de Munich
le 10 juin 1865


Liebestod (Mort d'Isolde)


Isolde n'entend plus rien autour d'elle, avec une émotion croissante
elle fixe les yeux sur le cadavre de Tristan à ses pieds ...



Nina Stemme Soprano (Isolde)

Doux et serein
comme il sourit
comme il ouvre
les yeux avec grâce,
le voyez-vous mes amis ?
Ne le verriez-vous pas ?
Toujours plus lumineux
comme il illumine
et s'élève
reflet des étoiles !
Comme son coeur
se dilate bravement,
la plénitude
jaillit en son sein !
Comme ses lèvres
avec une douceur délicieuse,
exhalent tendrement
un souffle suave :
Amis voyez !
Ne le sentez-vous pas et ne le voyez vous pas ?

Suis-je seule à entendre
cette mélodie qui avec douceur
d'une plainte si
merveilleuse et douce,
disant tout, réconciliant,
tirant d'elle son chant,
me pénètre,
s'élève,
retentit si juste,
vibre autour de moi ?

Sonores et claires,
ondulant autour de moi, sont-ce des vagues,
de douces brises ?
Sont-ce les ondes
de délicieux effluves ?
Comme ils s'enflent
et m'entourent de murmures.
Dois-je respirer ?
Dois-je prêter l'oreille ?
M'exhaler
en douceurs suaves ?
Dans la houle des vagues,
dans le flot qui ondule,
dans les sons qui modulent, dans la respiration de l'univers,
sous le souffle du tout,
se noyer,
sombrer
inconsciente !
Extrême plaisir !


Comme transfigurée, Isolde s'effondre doucement sur le corps de Tristan
Emotion et saisissement de tous les assistants.
Le rideau tombe lentement !


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Dimanche 30 mars 2008
par Antiochus publié dans : Citations ... Réflexions communauté : Le Chant dans tous ses états
La Voix est comme une passerelle directe entre l'âme de l'exécutant et celle de l'auditeur. Aucune tricherie pour qui sait - accepte - d'écouter. La personne qui chante est authentique. La Voix est le truchement de la conscience de l'espèce !
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Jeudi 27 mars 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états


AÏDA
Opéra en quatre actes de Guiseppe VERDI (1813 - 1901) créé en 1869 à l'occasion de l'inauguration de l'Opéra du Caire.

 



ARGUMENT :

L'action se déroule en Egypte, à l'époque de la puissance des Pharaons.


Acte I
Memphis, palais du roi

L'Egypte est menacée par les troupes éthiopiennes qui s'approchent de Thèbes. Le jour même, doit être proclamé le nom du nouveau chef des armées égyptiennes, désigné par la déesse Isis. Aspirant ardemment à un tel honneur, le jeune capitaine Radamès y voit un moyen de mériter la main d'Aïda, reine de ses pensées et esclave éthiopienne. Ses rêveries sont interrompues par l'arrivée d'Amnéris, fille du roi d'Egypte, qui tente de sonder le cœur du jeune homme, dont elle voudrait être aimée. Mais sa lucidité lui fait craindre une rivale, et le soupçon qu'il pourrait s'agir d'Aïda l'emplit d'une terrible jalousie. Le roi fait son entrée, suivi de sa suite et des prêtres. L'heure est grave : les armées éthiopiennes envahissent l'Egypte ; déjà elles marchent sur Thèbes, guidées par l'indomptable Amonasro. Aïda est en fait sa fille, mais ses ravisseurs l'ignorent. Dans le camp égyptien, le nouveau commandant suprême sera Radamès, les dieux en ont décidé ainsi. Le cri de guerre général résonne tragiquement aux oreilles d'Aïda, déchirée entre la fidélité à sa patrie et l'amour qu'elle éprouve pour celui qui en est désormais l'ennemi. (Ritorna vincitor)

Ritorna vincitor : Nina Stemme (AÏDA)


Memphis, temple de Vulcain

Radamès est conduit à l'intérieur du temple pour la cérémonie solennelle de la Consécration. Au pied de l'autel, le grand prêtre Ramfis lui confie l'épée sacrée et, avec elle, le devenir de l'Egypte. Que l'arme forgée par le Dieu répande par sa main foudre et mort sur l'ennemi !


Acte II


Appartements d'Amnéris dans le palais du Roi.

Sous le commandement de Radamès, l'armée égyptienne a triomphé et revient du front avec trophées et prisonniers. Grisée par la victoire, Amnéris veut croire encore à la possibilité d'être aimée du héros. Mais à la vue d'Aïda, le doute la saisit. Feignant la compassion, elle cherche à recueillir les confidences de la fille d'Amonasro par la ruse, en lui faisant croire à la mort de Radamès. Aïda ne peut cacher sa douleur. Furieuse, Amnéris lui apprend qu'elles sont rivales et jure de la renvoyer à son statut de " vile esclave ".

Une des entrées de Thèbes

Entonnant un hymne triomphal, la foule célèbre la victoire. Radamès, accueilli en sauveur de la patrie, reçoit des mains d'Amnéris la couronne triomphale, et du roi la promesse d'obtenir tout ce qu'il demandera.
Les prisonniers sont amenés. A la vue de son père, vêtu en officier éthiopien, Aïda est bouleversée mais, à sa demande, ne révèle pas son rang. Laissant croire que son souverain est mort, Amonasro implore la clémence de Pharaon pour les esclaves. Le roi est disposé, sous les prières du peuple, à accéder aux supplications d'Amonasro, dont Aïda et les esclaves égyptiens se font l'écho, mais Ramfis et le chœur des prêtres, impitoyables, exigent la mort des esclaves. Radamès rappelle alors la promesse du roi d'exaucer son souhait : c'est la vie et la liberté pour les esclaves éthiopiens qu'il demande. Implacable, Ramfis exige que restent Aïda et Amonasro demeurent captifs en gage de sécurité. Le roi offre au vainqueur la main de sa fille. Celui-ci, pour qui " le trône d'Egypte ne vaut pas le cœur d'Aïda ", garde le silence, sans que personne ne le remarque. Amnéris, pleine d'espoir, veut croire que ses vœux s'accompliront. Amonasro quant à lui, rassurant sa fille à mi-voix, prépare sa revanche.

Acte III

Les bords du Nil, au pied du temple d'Isis. Il fait nuit.

Une barque accoste sur la rive, transportant Ramfis et Amnéris. La jeune femme, à la veille de ses noces, se rend au temple afin d'adresser ses prières à Isis pour que l'amour de Radamès réponde au sien.
Aïda, couverte d'un voile, attend Radamès. Redoutant que ne prenne fin son rêve d'amour, elle se réfugie dans l'évocation nostalgique de sa patrie, qu'elle ne reverra jamais (ô patria mia). L'arrivée soudaine de son père interrompt son extase. Amonasro, obnubilé par la vengeance, a percé le secret de l'amour partagé d'Aïda pour Radamès, et sait comment en tirer parti. Lui faisant d'abord miroiter l'espoir de la liberté, puis lui remémorant les douleurs et les humiliations du peuple éthiopien criant vengeance, il lui demande d'obtenir de Radamès le chemin qu'emprunteront les troupes égyptiennes. Epouvantée par l'ignoble trahison qui lui est demandée, elle finit cependant par plier, brisée par les accusations d'un Amonasro fanatique. Ce dernier se cache à l'arrivée de Radamès. Aïda se montre d'abord distante puis, au jeune homme qui lui jure amour et fidélité, elle propose la fuite : c'est en Ethiopie, dans sa douce contrée natale qu'ils seront libres de s'aimer. Pour le guerrier, cela signifie abandonner non seulement sa propre patrie, mais aussi sa gloire grandissante. Après une hésitation, il accepte dans une résolution passionnée. Les amants s'enfuiront donc. Par quel chemin éviter les troupes égyptiennes, demande alors Aïda ? Radamès indique sans hésitation la route choisie, à la satisfaction d'Amonasro, qui révèle en même temps sa présence et son rang. Stupéfait, foudroyé, Radamès prend alors conscience qu'il vient involontairement de trahir sa patrie. Alors que les deux Ethiopiens tentent de l'entraîner avec eux, Amnéris surgit à son tour. Amonasro se jette sur elle, mais Radamès s'interpose, leur intime de fuir et se constitue prisonnier.



Acte IV

Une salle dans le palais du Roi.

Saisie d'une angoisse mortelle devant le sort de Radamès, Amnéris le fait amener par les gardes. Elle veut le sauver, elle implorera sa grâce, sacrifiera tout pour lui. Mais elle se heurte à la résolution du jeune homme : il est décidé à mourir, et jamais il ne renoncera à Aïda.
La désolation d'Amnéris n'y peut rien : dans le souterrain, Ramfis et les prêtres rendent leur jugement. Accusé de trahison, de désertion et de parjure, Radamès est condamné à être enterré vivant. Dans un acte désespéré, Amnéris tente de s'interposer au pouvoir irréfragable des prêtres, en vain. Elle ne peut que lancer sur eux " l'anathème d'un cœur déchiré ".


 

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Mercredi 26 mars 2008
par Antiochus publié dans : Hors Catégories
Je n'ai pas réussi, malgré mes recherches, à trouver une communauté qui correspondrait à ma passion de l'opéra et surtout du chant ... J'en ai donc créé une qui se nomme : "Le Chant dans tous ses états".
Vous pourrez la trouver (et vous y inscrire, si le projet vous convient) en suivant le lien : Le Chant dans tous ses états
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Lundi 24 mars 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique
Ci dessous une vidéo d'Angelique Ionatos dont j'ai parlé il y a quelques temps en réponse
à un de vos commentaires ...
Il s'agit d'un extrait du CD : SAPPHO de MYTILENE
Chef d'oeuvre absolu pour qui aime la voix sombre et profonde de cette artiste grecque, auteur de la musique et de  l'adaptation des vers de la poétesse SAPPHO.
Dans ce CD, elle interprète quelques unes de ses chansons avec une autre chanteuses grecque à voix grave : Nena Venetsanou.
Spéciale dédicace à une fidèle de ce blog : Darmon


- Astéron Panton -
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Vendredi 21 mars 2008
par Antiochus publié dans : Photos communauté : Photographies

 






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Vendredi 21 mars 2008
par Antiochus publié dans : Opéra - Musique communauté : Le Chant dans tous ses états
Comme il n'y a plus de commentaires nouveaux, voici les résultats des votes concernant l'article Contre ténors du 5 Mars 2008 (article vu 115fois)
Comme vous n'avez pas réussi à vraiment les départager (Il faut dire qu'il s'agit de la crème de la crème) je ferai bientôt un article détaillé sur chacun d'eux.

Philippe Jaroussky : 3 Votes
SCHOLL-2.jpg      Andreas Scholl : 2 votes
               Alfred Deller : 4 votes

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Jeudi 20 mars 2008
par Antiochus publié dans : Citations ... Réflexions

                       


Jean Cocteau dialogue avec une de ses admiratrices :

- Cher Maître, croyez-vous en Dieu ?
- Madame, je ne crois pas en Dieu, je doute en Dieu !

 

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Mardi 18 mars 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie


Biblioth-que-6.jpg  Les impies affirment que le non-sens est la règle dans la Bibliothèque et que les passages raisonnables, ou seulement de la plus humble cohérence, constituent une exception quasi miraculeuse. Ils parlent, je le sais, de "cette fiévreuse bibliothèque dont les hasardeux volumes courent le risque incessant de se muer en d'autres et qui affirment, nient et confondent tout comme une divinité délirante". Ces paroles, qui non seulement dénoncent le désordre mais encore l'illustrent, prouvent notoirement un goût détestable et une ignorance sans remède. En effet, la Bibliothèque comporte toutes les structures verbales, toutes les variations que permettent les vingt-cinq symboles orthographiques, mais point un seul non-sens absolu. Rien ne sert d'observer que les meilleurs volumes parmi les nombreux hexagones que j'administre ont pour titre Tonnerre coiffé, La Crampe de plâtre, et Axaxaxas mlÖ. Ces propositions, incohérentes à première vue, son indubitablement susceptibles d'une justification cryptographique ou allégorique ; pareille justification est verbale, et, ex hypotesi, figure d'avance dans la Bibliothèque. Je ne puis combiner une série quelconque de caractères, par exemple :
dhcmrlchtdj
que la divine Bibliothèque n'ait déjà prévue, et dans quelqu'une de ses langues secrètes ne referme une signification terrible. Personne ne peut articuler une  syllabe qui ne soit pleine de tendresse et de terreur, qui ne soit quelque part le nom puissant d'un dieu. Parler, c'est tomber dans la tautologie. Cette inutile et prolixe épître que j'écris existe déjà dans l'un des trente volumes des cinq étagères de l'un des innombrables hexagones - et sa réfutation aussi.  (Un nombre  n  de langages possibles se sert du même vocabulaire ;  dans tel ou tel lexique, le symbole Bibliothèque recevra la définition correcte système  universel et permanent de galeries hexagonales, mais Bibliothèque signifiera pain ou pyramide, ou toute autre chose, les sept mots de la définition ayant un autre sens.) Toi qui me lis, es-tu sûr de comprendre ma langue ?

  L'écriture méthodique ma distrait heureusement de la présente condition des hommes. La certitude que tout est écrit nous annule ou fait de nous des fantômes ... Je connais des districts où les jeunes gens se prosternent devant les livres et posent sur leurs pages de barbares baisers, sans être capable d'en déchiffrer une seule lettre. Les épidémies, les discordes hérétiques, les pèlerinages qui dégénèrent inévitablement en brigandage, ont décimé la population. Je crois avoir mentionné les suicides, chaque année plus fréquents. Peut-être suis-je égaré par la vieillesse et la crainte, mais je soupçonne que l'espèce humaine - la seule qui soit - est près de s'éteindre, tandis que la Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète. Je viens d'écrire infinie. Je n'ai pas intercalé cet Biblioth-que-5.jpgadjectif par entraînement rhétorique ; je dis qu'il n'est pas illogique de penser que le monde est infini. Le juger limité, c'est postuler qu'en quelque endroit reculé les couloirs, les escaliers, les hexagones peuvent disparaître - ce qui est inconcevable, absurde. L'imaginer sans limite, c'est oublier que n'est point sans limite le nombre de livres possibles. Antique problème où j'insinue cette solution : la Bibliothèque est illimitée et périodique. S'il y avait un voyageur éternel pour la traverser dans un sens quelconque, les siècles finiraient par lui apprendre que les mêmes volumes se répètent toujours dans le même désordre - qui, répété, deviendrait un ordre : L'Ordre. Ma solitude se console à cet élégant espoir (3).

1941, Mar del Plata
Traduction Ibarra

(1). Je le répète : il suffit qu'un livre soit concevable pour qu'il existe. Ce qui est impossible est seul exclu. Par exemple : aucun livre n'est aussi une échelle, bien que sans doute il y ait des livres qui discutent, qui nient et qui démontrent cette possibilité, et d'autres dont la structure a quelque rapport avec celle d'une échelle.

(2). Anciennement, il y avait un homme tous les trois hexagones. Le suicide et les maladies pulmonaires ont détruit cette proportion. Souvenir d'une indicible mélancolie : il m'est arrivé de voyager des nuits et des nuits à travers couloir et escaliers polis sans rencontrer un seul bibliothécaire.

(3). Letizia Alvarez de Toledo a observé que cette vaste Bibliothèque était inutile : il suffirait en dernier ressort d'un seul volume, de format ordinaire, imprimé en corps neuf ou en corps dix, et comprenant un nombre infini de feuilles infiniment minces. (Cavalieri, au commencement du XVI siècle, voyait dans tout corps solide la superposition d'un nombre infini de plans.) Le maniement de ce soyeux vade-mecum ne serait pas aisé : chaque feuille apponte se dédoublerait en d'autres ; l'inconcevable page centrale n'aurait pas d'envers.


Le manuscrit original du présent texte ne contient ni chiffres ni majuscules. La ponctuation a été limitée à la virgule et au point. Ces deux signes, l'espace et les vingt-deux lettres de l'alphabet sont les vingt-cinq symboles énumérés par l'inconnu (note de l'éditeur.)
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Mardi 18 mars 2008
par Antiochus publié dans : Aunis et Saintonge communauté : decouvrir la Charente maitime

- VAL DE CHARENTE -


24.02.2006-bords-de-charente-017_1.JPGMaison bourgeoise - Port d'Envaux


undefinedEglise romane de Fenioux (Charente-Maritime)


24.02.2006-bords-de-charente-018.JPGClassicisme ... Port d'Envaux


CHARENTE-15-janvier-2006-007.JPGEntrée d'un domaine viticole (Environs de Cognac)


20061105_0114.JPGEglise de Rioux (17) Détail de la corniche extérieure 20061105_00891.JPGAbbaye de Sablonceaux, entrée principale (détail)
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Lundi 17 mars 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
Lire la première partie
Lire la deuxième partie


  Il n'est pas niable que les Justifications existent (j'en connais moi-même deux qui concernent des personnages futurs, des personnages non imaginaires, peut-être), mais les chercheurs ne s'avisaient pas que la probabilité pour un homme de trouver la sienne, ou même quelque perfide variante de la sienne, approche de zéro.

  On espérait aussi, vers la même époque, l'éclaircissement des mystères fondamentaux de l'humanité : l'origine de la Bibliothèque et du Temps. Il n'est pas invraisemblable que ces graves mystères puissent s'expliquer à l'aide des seuls mots humains : si la langue des philosophes ne suffit pas, la multiforme Bibliothèque aura produit la langue inouïe qu'il y faut, avec les vocabulaires et les grammaires de cette langue. Voilà déjà quatre siècles que les hommes, dans cet espoir, fatiguent les hexagones ... Il y a des chercheurs officiels, des inquisiteurs. Je les ai vus dans l'exercice de leur fonction : ils arrivent toujours harassés ; il parlent d'un escalier sans marches qui manqua leur rompre le cou, ils parlent de galeries et de couloir avec le bibliothécaire ; parfois, ils prennent le livre le plus proche et le parcourent, en quête de mots infâmes. Visiblement, aucun d'eux n'espère rien découvrir.Biblioth-que.jpg

  A l'espoir perdu succéda, comme il est naturel, une dépression excessive. La certitude que quelque étagère de quelque hexagone enfermait des livres précieux, et que ces livres précieux étaient inaccessibles, sembla presque intolérable. Une secte blasphématoire proposa d'interrompre les recherches et de mêler lettres et symboles jusqu'à ce qu'on parvint à reconstruire, moyennant une faveur imprévue du hasard, ces livres canoniques. Les autorités se virent obligées à promulguer des ordres sévères. La secte disparut ; mais dans mon enfance j'ai vu de vieux hommes qui longuement se cachaient dans les latrines avec de petits disques de métal au fond d'un cornet prohibé, et qui faiblement singeaient le divin désordre.
D'autres, en revanche, estimèrent que l'essentiel était d'éliminer les oeuvres inutiles. Ils envahissaient les hexagones, exhibant des permis quelquefois authentiques, feuilletaient avec ennui un volume et condamnaient des étagères entières : c'est à leur fureur hygiénique, ascétique, que l'on doit la perte insensée de millions de volumes. Leur nom est inexplicablement exécré, mais ceux qui pleurent sur les "trésors" anéantis par leur frénésie négligent deux faits notoires. En premier lieu, la Bibliothèque est si énorme que toute mutilation d'origine humaine ne saurait être qu'infinitésimale. En second lieu, si chaque exemplaire est unique et irremplaçable, il y a toujours, la Bibliothèque étant totale, plusieurs centaines de milliers de fac-similés presque parfaits qui ne diffèrent du livre correct que par une lettre ou par une virgule. Contre l'opinion générale, je me permets de supposer que les conséquences des déprédations commises par les Purificateurs ont été exagérées par l'horreur qu'avait soulevée leur fanatisme. Ils étaient habités par le délire de conquérir les livres chimériques de l'Hexagone Cramoisi : livre de format réduit, tout-puissants, illustrés et magiques.

  Une autre superstition de ces âges est arrivée jusqu'à nous : celle de l'Homme du Livre. Sur quelque étagère de quelque hexagone, raisonnait-on, il doit exister un livre qui est la clef et le résumé parfait de tous les autres : il y a un bibliothécaire qui a pris connaissance de ce livre et qui est semblable a un dieu. Dans la langue de cette zone persistent encore des traces du culte voué à ce lointain fonctionnaire. Beaucoup de pèlerinages s'organisèrent à sa recherche, qui un siècle durant battirent vainement les plus divers horizons. Comment localiser le vénérable et secret hexagone qui l'abritait ? Une méthode rétrograde fut proposée : pour localiser le livre A, on consulterait au préalable le livre B qui indiquerait la place de A ; pour localiser le livre B, on consulterait au préalable le livre C et ainsi jusqu'à l'infini ... C'est en de semblables aventures que j'ai moi-même prodigué mes forces, usé mes ans. Il est certain que dans quelque étagère de l'univers ce livre total doit exister (1) ; je supplie les dieux ignorés qu'un homme - ne fût-ce qu'un seul, il y a des milliers d'années - l'ait eu entre les mains, l'ait lu. Si l'honneur, la sagesse et la joie ne sont pas pour moi, qu'ils soient pour d'autres. Que le ciel existe, même si ma part est l'enfer. Que je sois outragé et anéanti, pourvu qu'en un être, en un instant, Ton énorme Bibliothèque se justifie.

à suivre ...

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Lundi 17 mars 2008
par Antiochus publié dans : Poésie japonaise et classique
Bambous.jpg
En rouvrant par hasard, comme je le fais quelquefois, le volume des oeuvres complètes de Paul Eluard  (1895 - 1952) publiées dans  la bibliothèque de la Pleïade, j'ai été stupéfait de découvrir qu'il avait  écrit, en 1920, onze Haïkus ... Ceux qui me font l'amitié de lire ce blog régulièrement savent que je fais grand cas de cette poèsie minimaliste japonaise qui fait preuve à la fois de délicatesse et de profondeur et qui prône l'amour du détail, de l'instant et de la simplicité, notions qui me paraissent essentielles !
En voici quelques uns :
 

Palissade peinte
Les arbres verts sont tout roses
Voilà ma saison.
*

Ah ! mille flammes, un feu, la lumière,
Une ombre !
Le soleil me suit.
*

Une plume donne au chapeau
Un air de légèreté
La cheminée fume.
*
Le vent
Hésitant
Roule une cigarette d'air.
*

La muette parle
C'est l'imperfection de l'art
Ce langage obscur.
*
Le coeur à ce qu'elle chante
Elle fait fondre la neige
La nourrice des oiseaux.
*
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