Deux articles suivent, consacrés au magnifique Grand Théâtre de Bordeaux ... là où, depuis de nombreuses années je viens entendre l'opéra, la musique symphonique, les récitals de chants, la musique de chambre etc... A chaque fois c'est un ressourcement, une ré initialisation qui me permet d'avancer de nouveau, calme et serein. Lorsque les portes sont fermées, les spectateurs finissent de toussotter - alors qu'aucun d'eux ne va chanter - le grand lustre s'éteint avec douceur et détermination... le chef d'orchestre, qui dépasse à peine de la fosse, lève sa baguette et les premières notes s'emparent de tout l'espace disponible y compris des oreilles, et des coeurs ...
Je suis chaque fois étonné : mais quelle acoustique !
La musique de l'Ouverture s'élève et élève - ce sera encore plus fort dans quelques instants quand la voix du premier chanteur (euse) retentira ... Le drame prendra forme, nous entraînant avec lui ... l'opéra, quoi que l'on dise, parle de tout un chacun, d'émotions de réalités que nous connaissons tous : L'amour, la mort, la trahison, l'amitié, la beauté, l'idéal ... la joie, l'exaltation, la colère, le dépit. Dans cette salle, j'ai fait des rencontres avec des artistes extraordinaires qui me paraissaient ne chanter que pour moi. Les portes sont fermées, la lumière éteinte et le grand rideau soulevé, la scène et la salle ne sont plus qu'une seule et même chose ... une vibration, à l'unisson ... Comme je l'ai déjà dit ailleurs, à l'extérieur, le temps s'est arrêté et nous avançons dans l'oeuvre, décalés dans l'espace et le temps !
Comment ? l'oeuvre a été crée en 1640 ! (Il Ritorno d'Ulisse in patria de Monteverdi). Qu'importe ! Le bâtiment et ceux qui s'y trouvent vivent au soir de la Première et tout un pan de la culture de ce siècle reculé parvient jusqu'à nous. Un théâtre d'Opéra est une machine à remonter le temps et particulièrement ce fameux Grand Théâtre de Bordeaux (il faut entendre l'accent inimitable des bordelais qui prononcent ces trois mots) aussi beau à l'intérieur qu'à l'extérieur il représente, pour moi, une manière de perfection.
Depuis plus de deux siècles, l'histoire du Grand-Théâtre de Bordeaux se déroule au rythme des événements qui jalonnent son existence.
D'abord, l'inauguration qui a lieu le 7 avril 1780 ... La foule se presse devant les portes du nouveau bâtiment. On vient assister à la représentation d'Athalie de Racine mais aussi et surtout admirer le chef-d'oeuvre. Il a fallu sept ans pour mener à bien la construction de l'édifice. Il s'agit d'une commande du gouverneur de Guyenne, Louis Armand du Plessis, duc de Richelieu. Le résultat est là : sous les yeux du public se dresse une véritable merveille. L'architecte Victor Louis s'est surpassé pour offrir harmonie, raffinement, sobriété, puissance, pureté de style, élégance et noblesse.
On ne tarit pas d'éloges, aujourd'hui encore, sur ce bâtiment véritable chef-d'oeuvre de l'art architectural du XVIIIe siècle ... en plus de cette valeur architecturale, Victor Louis nous a offert l'acoustique exceptionnelle de la salle entièrement conçue en bois et inoubliable pour ceux qui ont eu la chance de l'entendre. Chaque instrument se détache avec pureté et netteté et les voix lyriques y sont à l'aise grâce à la taille "humaine" de la salle ( 1114 places).
Donc, les premiers coups de pioches furent donnés à l'automne de l'année 1773. le bâtiment se situe au bout des allées de Tourny sur l'emplacement du forum Gallo-Romain où se trouvait l'ancien temple des Piliers de Tutelle.
Long de 88 mètres, sa façade de 47 mètres est ornée de 12 colonnes corinthiennes au-dessus desquelles trônent les 9 muses et 3 déesses (Junon - Minerve - Venus) imaginées par le sculpteur Berruer. De chaque côté, deux galeries latérales décorées de pilastres et encadrant des arcades destinées à recevoir des boutiques (aujourd'hui disparues).
On pénètre à l'intérieur de ce vaste temple gréco-romain voué à la musique, par un immense vestibule, agrémenté par 16 colonnes doriques, aux proportions très pures entièrement fait de pierre blonde. Au fond le grand escalier en forme de T (le premier de ce style) surmonté d'une coupole de 19 mètres de hauteur donne accès à la salle de spectacle par une porte monumentale flanquée de deux cariatides.
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Lorsque l'empereur d'Autriche Joseph II rendit visite à Victor Louis sur le chantier, le souverain fut intrigué par le péristyle qui lui paraissait fort audacieux dans sa conception : la voûte plate accumule une pression énorme sur les colonnes des angles ... L'architecte trouve une réponse - inattendue pour l'époque - pour remédier à cet état de fait : Une armature en fer traversant en diagonale les deux caissons d'angle et s'ancrant d'une part sur les colonnes et l'architrave et d'autre part sur le mur de façade. Ce système révolutionnaire au XVIIIe siècle porte le nom de "Clou de Louis".
Photos tirées de divers sites consacrés au Grand-Théâtre de Bordeaux
à suivre ...
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Kobie van rensburg (Ténor)
Elza van den Heever (Soprano)
Henriette Bonde-Hansen (Soprano)
Jennifer Holloway (Mezzo-Soprano)
Karen Kamensek
Yannis Kokkos
rame (comme Idomeneo d'ailleurs) et se déplacer sur scène avec une grande aisance. La troisième bonne surprise est le soprano lyrique corsé qui
interprète Illia : Henriette Bonde-Hansen ... Le style mozartien est maîtrisé et son chant s'écoule, comme naturel, avec élégance et sûreté. On peut parler de soprano "corsé" car le
timbre est charnu et le médium dense, pas Despina ni Zerlina mais plutôt Suzanna des Noces de Figaro (rôle qu'elle a déjà interprété). De bout en bout elle donne vie à Illia avec toutes les
nuances exigées ... on comprend l'amour d'Idamante pour elle. Un cran en dessous, nous trouvons l'Idamante de Jennifer Holloway, voix pas toujours assez sonore mais bien conduite malgré
tout, même si on pourrait souhaiter un peu plus d'abattage.
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