Lundi 17 mars 2008
par Antiochus

En rouvrant par hasard, comme je le fais quelquefois, le volume des oeuvres complètes de Paul Eluard (1895 - 1952)
publiées dans la bibliothèque de la Pleïade, j'ai été stupéfait de découvrir qu'il avait écrit, en 1920, onze Haïkus ... Ceux qui me font l'amitié de lire ce blog régulièrement
savent que je fais grand cas de cette poèsie minimaliste japonaise qui fait preuve à la fois de délicatesse et de profondeur et qui prône l'amour du détail, de l'instant et de la simplicité,
notions qui me paraissent essentielles !
En voici quelques uns :
Palissade peinte
Les arbres verts sont tout roses
Voilà ma saison.
*
Ah ! mille flammes, un feu, la lumière,
Une ombre !
Le soleil me suit.
*
Une plume donne au chapeau
Un air de légèreté
La cheminée fume.
*
Le vent
Hésitant
Roule une cigarette d'air.
*
La muette parle
C'est l'imperfection de l'art
Ce langage obscur.
*
Le coeur à ce qu'elle chante
Elle fait fondre la neige
La nourrice des oiseaux.
*
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