
A propos d'Antiochus, pseudonyme de l'auteur de ce blog ...
La grille, fermée par une énorme chaîne, ne le rebuta pas, muni de son appareil photo, il entreprit de longer le mur d'enceinte, en cette fin d'après-midi, sous l'oeil intrigué des
habitants du hameau du Mung. Bientôt, ce qu'il cherchait sans vraiment en être conscient apparut : un passage vers l'intérieur de la propriété ... Après avoir écrasé quelques ronces,
Il entra, timidement, l'endroit lui rappelait des souvenirs déjà lointains, mais si heureux : à l'époque, il avait formé le projet, avec la personne qui partageait sa vie et deux
autres amis très chers, d'acheter ce château pour le réveiller et ramener la vie derrière et sous ses nombreuses fenêtres ... Tout quatre avaient envisagé, très sérieusement, de
transformer cet ancien château de famille en établissement « Chambres d'hôtes/Tables d'hôtes ». C'était facile à réaliser puisque le bâtiment, qui avait abrité une famille,
composée de nombreuses personnes, se retrouvant là tous les étés, était déjà divisé - à l'étage - en chambres individuelles. Le rez-de-chaussée, lui, était resté comme à l'origine avec de
grandes pièces en enfilades embellies par des cheminées monumentales. Un vieil ascenseur, probablement hors service, desservait tout cet ensemble.
Hélas, après avoir fait des comptes précis et rassemblé les avoirs, les quatre amis avaient renoncés.
Quel joli rêve, quand même !
Il pénétra dans le parc toujours à l'abandon et contempla le château de loin ... Il faudrait s'approcher !
Pourvu qu'il n'y ait personne, il aurait du mal à justifier sa présence en ces lieux.
Un pas entraînant l'autre, Il avança, finalement, et aborda l'édifice du côté de la plus ancienne des deux tours (15ème siècle). Très remaniée, elle était affublée d'une terrasse, de belle proportion malgré l'erreur de style ... Tout était calme, l'hiver semblait encore hésiter à laisser la place au printemps ... Des fleurs se frayaient, péniblement, un passage parmi les ronces du parc en friche... l'air possédait cette transparence propice à la contemplation qu'il appréciait particulièrement.
Silhouette solitaire, il s'aventura en direction de la façade donnant sur la Charente qui coulait , tranquille, à quelques mètres de là ...
Le château était toujours aussi majestueux ! Les volets clos lui donnaient un air endormi et serein. Le soleil jouant à cache-cache avec les nuages modifiait la lumière constamment (bonheur de photographe), faisant luire, ça et là, les toutes jeunes feuilles, vert tendre, des vieux arbres du parc ... Il fut submergé par l'émotion, les souvenirs affluaient et le groupe de ses amis, depuis longtemps disloqué, par la vie et par la mort, se reconstitua là, près de lui, au-delà du temps et de l'espace, tous s'extasiant devant la beauté des lieux ... Alors il prit, presque de manière compulsive, de nombreuses photos, comme pour conserver cet instant exceptionnel ...
Il fit encore quelques pas ...
L'harmonie des proportions du corps de logis, adossé à la grande tour construite au 17èmesiècle, le frappa de nouveau
... Il regarda autour de lui, soudain inquiet, mais rien ne semblait bouger, il était seul près du château assoupi ... Volets clos, à l'exception de quelques rares fenêtres, la façade
principale semblait retenir son souffle, comme en attente ...
Presque à regret, il repartit vers sa voiture, le coeur empli d'émotions ressurgies, content d'avoir revu ce bâtiment qui avait failli faire partie de sa vie et celle de ses amis. Il se souvint de ces moments où ils avaient rêvés ensemble, sans nostalgie, avec au contraire une sorte de joie en lui ... La boucle est bouclée pensa-t-il !
Texte et photos
Antiochus
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