Lundi 7 avril 2008
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08:57
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Par Antiochus
Soprano Colorature
Après l'article consacré à la voix de
Contre-ténor,
voici quelques éléments concernant la voix de Soprano colorature. Parmi les voix lyriques c'est la plus aiguë des tessitures féminines, la plus spectaculaire aussi. Depuis
Mozart et les deux célébrissimes airs de la Reine de la Nuit dans la Flûte Enchantée, les compositeurs ont beaucoup utilisé ce type de voix. L'aigu est souvent facile et surprend les
spectateurs qui sont touchés, même si, pour certains, la performance (Suraigu) est plus importante que le chant lui-même.
La plus emblématique des cantatrices actuelles dans ce registre est, sans conteste, Nathalie DESSAY. Tout le monde connaît, par la télévision, cette
jeune-femme jolie, enjouée, avec un franc-parler assez peu "Prima donna", titre auquel son immense talent, sa technique extraordinaire et sa voix prodigieuse d'agilité, pourraient lui faire
prétendre.
Un air, incontournable du répertoire des sopranos coloratures : L'air d'Olympia dans l'opéra les Contes
d'Hoffman de Jacques Offenbach, "Les oiseaux dans la charmille" que l'on appelle parfois "l'air de la poupée".
Un autre "classique" des Sopranos Aigus : "l'air des clochettes" de LAKMÉ de Léo DELIBES.
Par la cantatrice coréenne SUMI JO en 1995
Et pour sortir des sentiers battus, un extrait de l'air de Zerbinetta tiré de l'opéra de Richard
Strauss : Ariane à Naxos et qui valut, en son temps, un triomphe à Nathalie Dessay qui peut y faire briller toutes ses qualités de chanteuse et de comédienne. Ce rôle lui
permet, également, de jouer de son physique avantageux (l'opéra c'est aussi du théâtre).

Sans oublier, bien évidemment, l'air de la Reine de la nuit ,le plus spectaculaire avec son suraigu
irréel : "Der Hölle Rache", que vous pouvez trouver ICI chanté par Edda Moser.
La dernière fois que je l'ai vue et entendue c'était pour son extraordinaire Lucia.
Sumi Jo, je l'ai entendue à contre-emploi dans le rôle de Gilda et je n'avais absolument pas aimé. Toutefois je ne lui en tiens absolument pas rigueur mais m'interroge souvent quant aux choix dans les distributions car évidemment Gilda n'est absolument pas sa tessiture; il s'agit déjà d'un "spinto" verdien, donc nécessitant beaucoup d'assise et de timbre dans le medium.
Ah le contre-fa piqué de la Reine de la Nuit!
Connaissez-vous la version de Diana Damrau? Elle est en lien sur youtube avec Davis à la baguette.
C'est absolument époustouflant de style et de bon goût.
Je connais la reine de la nuit de Diana Damrau, époustouflant est le mot, elle me rappelle Edda Moser, dans son engagement vocal et dans son incarnation (d'actrice) du rôle.
je viens de découvrir votre blog en cherchant des informations au sujet de la voix de soprano aigue : je trouve la présentation vraiment charmante , bravo !
Pour ma part , je pense que tout registre vocal peut être beau ,
c est affaire de goût .
Dans les sopranos aigues , l on pourrait citer aussi Mado Robin et Erna Sack .
Mais l on peut , je pense , aller au-delá du contre-ut sans être soprano : pour ma part , je vais au-delá du contre-fa en voix de sifflet et il est certain que je ne suis pas soprano ....
J aime beaucoup Natalie Dessay et Sumi Jo car leur voix , contrairement á beaucoup d autres sopranos aigues ne sont pas acides .
Je vous invite á venir visiter mon site entierement consacré á Thierry Le Luron .
Bonne fin de journée ,
Sandrine
Si vous atteignez le contre-fa en voix de sifflet, quelle est donc la tessiture dans laquelle vous chantez si vous n'êtes pas soprano ? Merci de vos commentaires sur cet article ... je parlerai bientôt de l'extraordinaire Mado Robin et d'Erna Sack également ... A bientôt, j'irai voir votre blog, bien sûr ...
Antiochus
eh bien , je ne sais pas quel est mon vrai registre naturel car j ai un timbre de contralto car je chante des airs pour contralto et un timbre de soprano quand je chante des airs pour soprano mais de toute évidence , je ne suis pas soprano car je descends sans forcer jusqu au do dieze 2 et je ne suis pas non plus contralto car une vraie contralto n a pas de contre-notes .
Cela ne donne plus que l hypothêse de mezzo-soprano ....
Je pense que la voix lyrique se définit, avant tout par ce qu'elle est capable de chanter d'une manière "naturelle" sans que la voix peine et à la longue s'use irrémédiablement ... des chanteuses lyriques se sont cassées la voix à penser pouvoir tout chanter (Cheryl Studer par exemple ...) Quand à la notion de mezzo-soprano, c'est une notion moderne qui ne voulait absolument rien dire du temps de Mozart par exemple, et qui recouvre des voix très dissemblables ... donc votre hypothèse est sans doute la bonne !
Colorature se réfere vraiment á l´agilité et non aux aigus.
Pour Gilda, l´idéal serait un soprano entre central et aigu , donc possédant une certaine rondeur dans le bas médium et de type lyrique-léger avec aptitude pour la colorature.
Quel serait, pour vous, l'archétype de la soprano aigüe colorature ?
Bonsoir et merci de me lire.
Avant de parler de colorature, il faut définir ce qu´est vraiment un soprano aigu:
est-ce un soprano qui a plus d´aigus que les autres ?
Ca peut mais pas forcément .
Un soprano aigu est un soprano qui est le plus á l´aise dans les notes hautes de sa tessiture.
Prenons deux exemples pour tenter de comprendre: deux sopranos de tessiture
do3-fa5 : l´une est soprano aigu et l´autre soprano grave.
Pour la soprano aigu , elle aura plus á forcer son grave et son médium car c´est dans les aigus que sa voix est le plus aisé. D´autre part, elle pourra exploiter ses contre-notes non seulement en exercices mais en airs.
La soprano grave , au contraire, aura plus á forcer dans ses aigus et ne pourra pas forcément exploiter pour des airs ses contre-notes , même si elle peut les sortir en exercices.
Par contre, son grave sera plus riche et plus fourni, même s´il n´a pas plus de notes: j´ai cité volontairement deux exemples de même tessiture pour montrer qu´aigu ou grave n´est pas forcément une question de nombre de notes.
Donc, un soprano aigu colorature est un soprano á l´aise dans le haut de son registre , pouvant exploiter facilement les contre-notes avec, de plus,
l´agilité en prime.
Bonjour Sandrine
Je lis tous mes commentaires et j'y réponds toujours même si c'est avec quelque retard, parfois ! Je répondrai aussi à ton mail, naturellement !
Très intéressante analyse de la voix de soprano ... il va falloir que j'envisage un glossaire des termes se rapportant à la technique vocale ... pour éviter que mes visiteurs (euses) ne soient trops perdus ! (Moi, Je sais précisément ce que tu veux dire ... et c'est passionnant)
Comme sur ce commentaire :
Tessiture
Contre notes ...
Bonjour, j´espere que vous allez bien.
C´est sympa de répondre á tous les coms, bien rares sont ceux qui le font.
Pour ceux qui ne le savent pas , la tessiture est la partie de l´étendue vocale dans laquelle la voix chante sans effort.
L´étendue est l´ensemble total des notes que contient une voix , cela implique donc toutes les notes, y compris celles qui sont forcées ou á peine audibles , ainsi que le registre de sifflet.
A noter que l´on peut donc avoir une étendue longue et une tessiture courte.
Oui, je vais bien Sandrine et je trouve très agréable de pouvoir échanger sur le chant lyrique ...
Merci pour ces précisions sur le mot tessiture et la notion d'étendue vocale ... Une tessiture courte à mis fin prématurément à bien des carrières ... La cantatrice allemande Helga Dernesh qui était un pur soprano lyrique a, sur les conseils de Karajan qui n'aimait pas les voix "volumineuses" a enregistré le rôle d'Isolde ... par la suite, elle a cru, sur la foi de son mentor, pourvoir chanter ce rôle écrasant sur scène ... elle a terminé sa carrière vocale aux alentours de la quarantaine !