Kobie van rensburg (Ténor)Idomeneo |
Elza van den Heever (Soprano)Elettra |
Henriette Bonde-Hansen (Soprano)Illia |
Jennifer Holloway (Mezzo-Soprano)Idamante |
Karen KamensekDirection musicale |
Yannis KokkosMise en scène, décors, costumes |
A l'opéra, comme l'on sait, il faut beaucoup de conditions remplies pour qu'une représentation s'approche de la perfection. Ce dimanche, nous avons
assisté à une de ces moments de grâce où tout semble aller de soi ... La direction musicale est vivante et inventive, l'orchestre et son chef Karen Kamensek nous tiennent en haleine d'un
bout à l'autre de l'oeuvre, soutenant, accompagnant, dynamisant les chanteurs qui paraissent alors comme transportés, transcendés. Il faut dire que la distribution est de tout premier ordre :
Trois chanteurs d'exception font vivre l'opéra de Mozart et portent haut le chant lyrique. D'abord L'Idomeneo de Kobie van Rensburg, ténor à la voix puissante et virile qui nous gratifie
de vocalises époustouflantes dans son air : "Fuor del mar" il interprète le roi de Crête avec fougue, colère et conviction. C'est un régal de beau chant. Quant à Elettra de
Elza Van den Heever, dont c'est la prise de rôle, c'est le mot perfection qui vient à l'esprit en premier, adéquation aussi ... Elle possède la totale maîtrise de son grand
soprano et se hisse au plus haut niveau grâce à une science du chant et de la conduite de la voix qui force le respect, elle possède tout ce qu'il faut pour interpréter la fille du roi
Agamemnon : le souffle immense, la tessiture et surtout une ductilité vocale qui lui permet de nous surprendre à chaque instant par des accents nouveaux, des nuances infinies - même dans
les airs de colère si souvent hurlés - elle est loin d'être au maximum de ses possibilités et c'est un confort pour ceux qui écoutent. Elle peut faire tonner (sans détimbrer) sa voix dans
les forte et conduire son chant légato, avec des sons filés magnifiques "idol mio, se ritroso" dans les moments plus sereins. La chanteuse paraît tellement accomplie,
qu'elle peut se consacrer à l'interprétation du d
rame (comme Idomeneo d'ailleurs) et se déplacer sur scène avec une grande aisance. La troisième bonne surprise est le soprano lyrique corsé qui interprète Illia :
Henriette Bonde-Hansen ... Le style mozartien est maîtrisé et son chant s'écoule, comme naturel, avec élégance et sûreté. On peut parler de soprano "corsé" car le timbre est charnu et le
médium dense, pas Despina ni Zerlina mais plutôt Suzanna des Noces de Figaro (rôle qu'elle a déjà interprété). De bout en bout elle donne vie à Illia avec toutes les nuances exigées ... on
comprend l'amour d'Idamante pour elle. Un cran en dessous, nous trouvons l'Idamante de Jennifer Holloway, voix pas toujours assez sonore mais bien conduite malgré tout, même si on
pourrait souhaiter un peu plus d'abattage.
Tu n'aurais pas dit mieux, chère Renée ? merci du compliment mais la question qui me vient c'est : Qu'aurais-tu pu dire de plus ? (je te taquine et je suis sérieux à la fois !)

Derniers Commentaires