La salle de spectacle (114 places) est une salle "à l'italienne" ornée de 12 colonnes - rappel des 12 colonnes du péristyle ...
entre-elles les balcons et les loges. Au niveau du parterre - ou orchestre - s'ouvre des baignoires sortes de loges inconfortables.
La salle est éclairée par un majestueux lustre en cristal de bohème, qui date de 1914. Il pèse la bagatelle de 1200 kilos et comporte 400
ampoules.
Le plafond en forme de coupole, entièrement en bois, peint à l'origine par Claude Robin et qui fut recréé, à partir du
modèle original, par le peintre bordelais Roganeau en 1919. Cette fresque représente la ville de Bordeaux offrant le nouveau théâtre à Appolon et aux muses.
La scène du Grand Théâtre mesure 24 mètres sur 21,40 de profondeur, elle est construite avec une inclinaison de 4 cm
pour offrir une vue la plus parfaite possible à tous les spectateurs. Elle est idéale pour les opéras du XVIIè, XVIIIè siècle et du début du XIXè siècle : Monteverdi, Haendel, Mozart,
Bellini etc mais il est possible d'y représenter avec bonheur les opéras de Verdi ainsi que le répertoire courant ... Les problèmes commencent avec les opéras de Wagner et Strauss qui
demandent un effectif important de musiciens. L'orchestre étant un peu à l'étroit dans la fosse d'orchestre.
Une restauration du XIXè siècle nous avait légué une salle rouge et or comme c'était d'usage à cette époque. Les années
passant, la salle était poussiéreuse et fanée, la scène avait besoin de grosses rénovations pour être aux normes actuelles. Une grande rénovation eut lieu pendant trois ans (au début
des années 90) pour redonner à la salle son aspect d'origine (mélange harmonieux de bleu de blanc et d'or) et pour doter la scène de moyens techniques modernes.
J'espère vous avoir donné envie d'assister à une représentation ou simplement de visiter cette merveille
d'architecture. Les photos viennent du site de l'Opéra National deBordeaux et d'autres sites parlant du sujet. L'historique est inspiré de l'article du site Le Press
Book et d'autres documents.
Précisément Antiochus, je regrade déjà le programme de la prochaine saison à Bordeaux tant vous m'avez séduite par cette présentation. J'avoue que vous l'avez emporté haut la main avec la rénovation et la restauration des couleurs d'origine, notamment le bleu et le blanc, puisqu'à Paris nous croulons sous le rouge et or! Par ailleurs, les productions sont souvent très alléchantes.. Mais je poursuis ma lecture..
Ravi de vous avoir communiqué ma passion pour ce bâtiment et pour ce qui s'y passe ... Tout n'est pas parfait car l'opéra de Bordeaux manque cruellement de moyens
financiers et souvent les spectacles et la programmation s'en ressentent mais qu'importe !
En ce qui concerne la programmation de la prochaine saison, j'ai une petite appréhension à propos de Tannhauser ... le rôle titre sera chanté par le ténor français Gilles Ragon dont j'ai pu
entendre une prestation désastreuse, il y a quelques années à Bordeaux dans Ferrando de Cosi fan tutte. Que penser du passage de Mozart à Wagner ? Avez-vous des informations ?
réponse de : Antiochus (site web)
le: 08/06/2008 10:56:15
Ma foi, si vous me dîtes que Ferrando était une incarnation désastreuse, hors Wagner, la situation se profile assez mal me semble-t-il. A présent, le passage Mozart/Wagner est encore une toute autre question car la différence essentielle entre Mozart (mais aussi les Italiens ou Strauss) et Wagner, c'est que chez le dernier on ne chante pas toujours. Chez Wagner on "brave" l'orchestre et l'on fait du son bien plus que l'on ne chante, les lignes "mélodiques" ne sont pas vraiment son point fort! Toutefois, les ténors sont de facture assez "banale", même si "helden", donc nouvelle voix tirant plus sur un passage renforcé du médium et haut médium avec brillance en plus des aigus chez lui et Tannhaüser particulièrement, puisqu'il s'agit là d'un des premiers et très imparfaits opéras de Wagner. Donc la vocalité reste assez liée à celle de l'opéra romantique allemand classique (pas encore vraiment Helden). Si vous considérez que celui-ci passe par l'héritage Mozart/Weber, vous voyez arriver le problème vocal sous-jacent. Toutefois, cela dépend des lacunes vocales de Gilles Ragon; en matière de souffle on peut tricher plus facilement chez Wagner que dans Cosi (en dépit des apparences), en matière de mordant et de puissance, le passage est impossible si ce n'est pas installé chez Mozart, au niveau de la tessiture, celles de Ferrando et Tannhaüser ne sont pas réellement liées, car Mozart sollicite absolument toute la longueur de la voix, de la souplesse et de la rondeur, mais Wagner non. Cependant ce dernier va solliciter toujours les mêmes régions, donc ce qui menace ici c'est l'épuisement prématuré desdites régions.. J'ai tenté de vous esquisser un vague tableau des différences "a priori" pensant que vous avez les moyens de voir ce qui n'allait pas dans Cosi, sachant que ce rôle requiert de grands et talentueux interprètes. Toutefois je poserais au départ que si l'on ne sait pas chanter Mozart, l'on aura très vite un problème chez un Grand Romantique, même si ces répertoires diffèrent.
Bien d'accord avec vous sur la difficulté de chanter Cosi Fan Tutte ... Cela me rappelle irresistiblement cette anecdote attribuée à Toscanini qui aurait dit : "Donnez
moi les quatre plus grands chanteurs du monde et je dirigerai un Trouvère parfait" En ce qui concerne Cosi c'est tout à fait le même chose, les quatre rôles principaux sont d'une difficulté inouie
et, même dans les enregistrements de studio - où l'on est censé prendre son temps - c'est rarement réussi ... Ce que vous dites du type de voix requis pour Tannhaüser me fait frémir à l'idée
d'entendre Gilles Ragon dans ce rôle ... mais, soyons positif, il a pu s'améliorer et il tiendra probablement le coup dans les parties de la tessiture sollicitées par le rôle, tout au moins je
l'espère. à bientôt Ariana
réponse de : Antiochus (site web)
le: 13/06/2008 10:53:07
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