Jeudi 16 octobre 2008
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Par Antiochus
Dans la catégorie : "mes films cultes", après "Cérémonie Secrète" et"Fellini Satyricon", (les deux derniers traités) c'est le film de Pier Paolo Pasolini : Théorème (Teorema) qui nous intéresse aujourd'hui.
Pourquoi film culte ... sans doute parce que ce film, sorti en 1968, a été fondateur d'une nouvelle manière de regarder le monde ...
de regarder le cinéma ... Pasolini y mélange les genres et nous fait partager ses fantasmes, ses obsessions - comme il le fera dans les films suivants - l'étranger qui "pénètre" le foyer
familial, dans cette famille bourgeoise, somme toute ordinaire, sème le plus grand trouble et renvoie chacun dans ses retranchements les plus extrêmes ... chacun se débat et échappe, comme il
peut, à l'image du miroir qui lui est tendu par le personnage joué par Terence Stamp... la beauté, la virginité, la culpabilité, la mort, les références au christianisme, la perte des
repères, le mysticisme ... on ne ressort pas indemne après avoir vu ce film là !
Synopsis
Une famille de la bourgeoisie industrielle de Milan reçoit la visite d'un jeune homme d'une beauté magnétique et saisissante (Terence stamp), qui bientôt exerce
sur chacun une attirance charnelle proche de la fascination qui bouleverse l'ordre familial. Lorsque le visiteur repart, sans plus d'explication que lors de son arrivée, chacun se retrouve
profondément désemparé et livré à lui-même, en même temps que révélé à la vérité de ses désirs sexuels et devant assumer désormais une existence libérée des anciennes valeurs sociales qui la
fondaient. Tandis que la fille (Anne Wiazemsky) s'enferme dans une prostration mystique et doit être internée, le fils (Andres José Cruz) se trouve une vocation de peintre médiocre, la
servante (Laura Betti) retourne dans son village natal et se comporte comme une sainte, la mère (Sylvana Mangano) recherche des aventures sexuelles au hasard des rencontres. Le père (Massimo
Girotti), ex patron d'industrie laisse son usine à ses ouvriers et choisit la voie du dépouillement, du renoncement au monde en allant se perdre dans le désert.
Distribution
Sylvana Mangano (Lucia)
Terence Stamp (Le visiteur)
Massimo Girotti (Paolo)
Anne Wiazemsky (Odetta)
Laura Betti (Emilia)
Andres José Cruz ( Pietro)
Images tirées du site DVD Beaver.com
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Publié dans : Mes films cultes
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ta facon de le presenter pourrait interpeller car de nombreux sujets de l emotion sont abordes mais bon!!!!!
bises Antiochus
Oppressant ? Je ne l'ai absolument pas ressenti comme tel.
J'avais 20 ans en 1948. Passionné de cinéma italien.
Mai 68 avait été, en Belgique peut-être moins qu'en France, un moment de remise en question de la société en général, de celle que nous léguaient nos parents en priorité.
J'étais aux études. Et la prof de philo voulait absolument que je "harangue les foules" à l'amphi de l'Université de Liège, en parallèle avec les événements parisiens.
Ce que je fis sans aucune difficulté ... J'étais déjà très politisé, très engagé à gauche.
Et quarante ans après, je me demande vraiment la raison pour laquelle je l'ai suivie ... Après avoir vilipendé le système, car je croyais à ce que je disais, comme beaucoup d'autres, je suis rentré dedans tête baissée : je suis devenu Prof à mon tour ...
La seule différence ? Avec des idées autres que les sempiternels "je parle, tu m'écoutes - Je suis Prof, t'es Etudiant, tu la fermes ..." Heureusement, d'ailleurs ... Une carrière semblable, je n'aurais jamais pu l'imaginer : je me serais cru flic à mon tour (mon père l'était !)
Et c'est dans cette ambiance que j'ai découvert "Théorème" : j'ai adoré. (Je pense que ceux qui ont décidé d'attribuer à ce film très charnel le prix de l'Office catholique international du cinéma (OCIC) n'ont pas vraiment compris la voie dans laquelle Pasolini s'avançait, mais peu importe).
Ce fut pour moi une vraie révélation, à tous points de vue : cinématographique, d'abord; mais surtout socialement parlant.
Tous les tabous d'une éducation rigoriste s'effondraient et, à mes yeux, c'était très bien.
Il est certain que si je l'ai ainsi ressenti, c'est que très probablement j'avais besoin, à ce moment là, de le ressentir ainsi ...
Quoiqu'il en soit, il m'a marqué, m'a aidé à me libérer d'un carcan; il a aiguisé mon regard sur notre monde, il m'a permis d'appréhender la société sous un autre angle.
"Théorème", c'est un pur chef-d'oeuvre.
Oula ! Je me suis épanché ... désolé, Antiochus. MAis ce film fut tellement important à mes yeux ...
Si tu le trouves trop long, ou inintéressant pour ton blog, jette tout ce texte, si tu veux ... tout, ou l'une ou l'autre partie ...
Je n'en prendrai point ombrage.
De m'être un peu dévoilé m'a certainement permis d'à nouveau réfléchir sur mon passé, bien lointain maintenant ...
Excellente idée, en tout cas, d'avoir proposé cet article. Merci.
A +
Richard