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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 09:00
- Par Antiochus

                 

 

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LE  DÉSERT  OU  LE VOYAGE INITIATIQUE

 

Le désert revêt de nombreuses significations. Il est synonyme de stérilité, aridité, absence de végétation, de peuplement. Désert de sable comme le Sahara, désert de rochers comme le Néguev ou Atacama au Chili, espace désolé où l’homme doit s’adapter à des conditions de vie inhumaines.

Les sources de vie, les points d’eau y sont rares, les distances pour les atteindre, démesurées. L’homme du désert doit puiser dans ses propres ressources, dans toute son ingéniosité pour y vivre ou simplement survivre.

        Le désert : Terre originelle, vierge où tout est à inventer, à découvrir, à construire. Espace immense, loin du bruit, des agressions du monde dit civilisé où l’on redevient soi. Ecole d’humilité et de sagesse qui délivre bien des enseignements.

Le désert : vide spatial, temporel, affectif suggéré par les paroles célèbres de Phèdre : « Dans l’Orient désert quel devint mon ennui. ». Vide mental traduit par l’expression : « nager en plein désert » quand on perd sa direction, son axe, on dit avoir l’impression d’  « être dans le désert » ou de « ne voir que du bleu ».

        Le désert : source de dangers, de périls et d’épreuves à surmonter. Il peut être aussi risqué de traverser le désert que de naviguer sur une mer démontée.

Le désert fascine pour sa beauté, sa force, son dépouillement qu’il invite à imiter. On s’y dépouille, en effet, de ses passions, on y enlève une à une ses « vieilles peaux ». On se purifie dans cette étendue superbe où l’œil se perd à l’infini, où le chemin mène immuablement vers la Lumière.

Le désert renvoie à l’humilité, à la conscience de la fragilité de l’existence humaine et à la spiritualité, à la réunification des fragments épars de notre nature, faite de matière et d’esprit.

La marche dans le désert est comparable à un pèlerinage vers nos sources, nos racines. Car nos racines sont partout et non point comme on le croit initialement dans le pays qui nous a vu naître.

Le voyage extérieur conduit vers le voyage intérieur. Les ténèbres qui préfigurent nos morts et nos renaissances successives conduisent vers la lumière, d’abord infime lueur qui nous guide vers notre étoile puis gagne un peu plus d’intensité.

Le désert intérieur implique le détachement de tout ce qui  nous encombre. On emprunte alors une voie nouvelle, à la découverte d’un monde inconnu effrayant car il semble ne mener nulle part



       
Le désert  est, donc, invitation à l‘exploration de notre moi, invitation au voyage, sans équipage où tout est à construire, où tout reste à faire, à recommencer avec un cœur et un esprit neufs.

La voie du désert intérieur est moins un lieu qu’un état, une version revue et corrigée de notre vie passée, conscience de ce qui est vital, renoncement à l’avoir en faveur de l’ être. Passage de l’extérieur vers l’intérieur, du dehors vers le dedans, de la multiplicité vers l’unité, du chaos vers l’ordre et l’harmonie.

        Parcours de notre labyrinthe intérieur où, d’exploration en exploration, nous ne nous fuyons plus mais nous nous trouvons.

       

Dans le désert, tout est symbole.

La monotonie apparente du désert met en relief le moindre signe de vie. Ce peut être un petit troupeau de lamas, une oasis, un îlot d’habitations se confondant avec l’environnement, ce peut être une montagne, un volcan qui relie le ciel et la terre. De sorte qu'il y a multitude et absence à la fois.

        Tout est épuré et changeant dans cet espace  à géométrie variable: les lignes horizontales deviennent courbes à mesure que l’on s’éloigne d’un point précis, les lignes verticales rappellent l’existence d’un axe qui relie l’homme au sacré, à la spiritualité.

        La traversée du désert est comparable au voyage initiatique pendant lequel le pèlerin fait table rase de son vécu pour être « ici et maintenant » à un niveau de conscience aiguë où il apprend à écouter le silence.

        Ce silence, premier enseignement initiatique, l’oblige à aller au fond de lui-même, à sentir que tout en étant infiniment petit il fait partie intégrante de l’univers dont « la circonférence est partout et le centre nulle part » comme l’affirmait Pascal.

        Le voyageur y est semblable à l’épi de blé, fragile et fort à la fois, s’alimentant à la source profonde, cachée, alliant les bienfaits des éléments qui l’aident à vivre et à grandir : la terre, l’eau, le soleil, l’air pour finir par mourir et renaître de ses cendres tel un Phénix..

 

 

        Le désert favorise l’abandon provisoire de l’ego. Le temps humain y est remplacé par le non-temps immuable, sacré..

        Le désert : labyrinthe de notre vie, fil d'Ariane pour progresser sur le chemin, immensité superbe, spectacle à la fois immuable et changeant. Moment de grâce pour suivre le chemin, reprendre la besace et le bâton de pèlerin, franchir d’autres caps, trébucher et tenter de se relever à chaque fois. Expérience riche, transition vers un autre état de conscience.

       

        En guise de conclusion un extrait du « Désert intérieur » de Marie-Madeleine Davy : « La source a soif d’être bue » disait Irénée de Lyon. La terre de feu, le désert intériorisé brûle d’allumer la mèche des « lampes vivantes » qui, laissant filtrer la lumière, pourront éclairer leurs frères : les hommes, les animaux, les plantes, les pierres. »

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D’après le travail d’une mienne amie et avec son aimable autorisation …



        
Photos flickr
        
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Communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité - Publié dans : Franc-Maçonnerie et symbolisme
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