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Le Jugement
Le jugement moral, péremptoire, d’autrui est aussi peu approprié que la généralisation (*) et s’apparente comme elle à la bêtise et au mépris de l’autre.
S’il doit y avoir jugement (Comme conclusion tirée d’une analyse) il doit porter sur ce que fait la personne et en aucun cas sur ce que l’on suppose (projette ?) qu’elle est. Le jugement qui prétend que telle ou telle personne est « ceci » ou « cela » (très souvent négativement, bien entendu) est dangereusement du côté du racisme ordinaire, au plus, ou de l’irrespect, au moins.
Sachant que les jugements moraux que l’on porte sur les autres sont fréquemment des « projections » (*) de ceux que l’on a porté sur nous (ou qui sont en nous) ou que le « jugeant » porte sur lui-même, il est nécessaire se distancier d’eux et cesser de les proférer puisqu’ils n’ont d’autres fonctions que de conjurer la peur que fait naître la différence (l’autre) et de nous renforcer dans nos certitudes (*). De surcroît, celui/celle qui juge doit s’attendre, sans s’en plaindre, à être jugé lui-même. Le jugement porté sur autrui et sur soi-même devrait idéalement être équilibré, donc du côté de la Justice …
Demandons-nous sincèrement pourquoi nous détestons certaines personnes, est-ce parce que nous n’avons pu les aimer ?
L’amour devrait toujours être préféré à la haine. (sourire d'espoir!)
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(*) Généralisation : conclusion abusive à partir d’un fait constaté ou simplement supposé.
Une petite histoire à propos de généralisation (entendue, enfant, dans la bouche d’une enseignant) Elle n’est pas aussi absurde qu’il y paraît :
« Un anglais arrive pour la première fois à Calais. Une française en robe rouge attire son attention. Il en tire la généralisation suivante : toutes les françaises portent des robes rouges ».
(*) Certitudes : si elles sont érigées en système (dogme ?), les certitudes sont un poison pour l’âme. Même si, ponctuellement, elles aident à vivre, c’est le Doute qui met sur le chemin de la Liberté.
(*) Projection : On « projette » sur quelqu’un quand on lui attribue des qualités, des défauts, des intentions qu’il n’a pas en réalité. Nous chargeons l'autre de sentiments coupables dont nous ne voulons pas admettre la présence en nous-mêmes.
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