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Toutes les photos présentes sur ce blog sont des clichés personnels, sauf mention contraire ...
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Concernant les articles de la catégorie: "Franc-Maçonnerie",
je tiens à préciser que je ne représente, ici, aucune Loge ni aucune obédience.


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Mardi 17 juin 2008
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité


Le jugement repose sur la certitude,
la certitude repose sur la conviction,
la conviction repose soit sur la croyance soit sur l'expérience.
Je n'ai ni la croyance, ni l'expérience aboutie,
La lumière entrevue en Franc-maçonnerie est celle du doute.
C'est ce doute qui nourrit ma recherche

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Lundi 12 mai 2008
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité

L'acacia est un symbole majeur de la Franc-maçonnerie ! Mais de quel acacia s'agit-il ?

L'arbre que nous appelons de ce nom en France est en fait le faux-acacia ou robinier - à fleurs blanches ou roses -, solide sur son tronc bien droit, décoratif avec ses jolies feuilles composées et caduques.

L'acacia, c'est tout autre chose ...


Une encyclopédie explique :

"L'acacia est un arbre épineux de la famille des légumineuses, à fleurs odorantes, disposées en grappes, dont une espèce fournit la gomme arabique, une autre existe : le mimosa, d'origine australienne. En France, deux espèces de mimosas sont communément répandues : le mimosa des "quatre saisons" avec ses longues feuilles lancéolées, plus longues et plus étroites que celles de l'olivier et, le mimosa d'hiver qui porte de petites feuilles composées semblables à de petites fougères de quelques centimètres de long ainsi que les célèbres fleurs jaunes au parfum puissant".

L'acacia qui nous intéresse, l'acacia de la Bible, le "Shittim" (ou Sethim), ne correspond à aucune des varités présentes en France.
En Israël, les Bédouins reconnaissent au moins cinq espèces d'acacia ; certains proches de notre mimosa des quatre saisons, d'autres de l'acacia d'hiver, mais moins feuillues et pourvues d'épines simples ou doubles
Le vrai acacia, le shittim, est un arbre du désert, au tronc tourmenté et noueux, d'un bois très serré et extrêmement dur et dont les branches sont recouvertes d'épines de trois à cinq centimètres. A la jonction des épines et de la branche poussent de minuscules feuilles composées, dentelles lilliputiennes de quinze à vingt-cinq millimètres.


C'est avec le bois de Shittim que les Hébreux firent l'Arche d'Alliance et certaines parties du mobilier sacré du Tabernacle.
L'aspect déchiqueté des branches n'est pas d'ailleurs sans poser de problèmes aux exégètes dont certains pensent qu'il a pu, aux temps bibliques, exister des Shittim d'une variété plus élancée et aux branches droites, alors que d'autres se réfèrent aux légendes qui rapportent que le nom de Shittim évoque des cèdres qui auraient été plantés dans le désert en vue de la construction de l'Arche par des ancêtres visionnaires.
Dans le Sinaï, on raconte que l'acacia représente la mort... parce que rien ne pousse aux alentours tant ses longues racines sont avides de la moindre trace d'humidité (Plus de cinq mètres parfois). On dit aussi que c'est un symbole d'immortalité, de pureté, car il est réputé imputrescible.
Et c'est avec ses branches que fut tressée la couronne d'épines du Christ ...
Tout est peut-être là !




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Jeudi 3 avril 2008
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité


Comme l'on sait, l'acte de naissance de la Franc-Maçonnerie est daté du 24 juin 1717. Avant cela les documents que l'on connaît sont classés sous le vocable de : "Old Charges" (Vieux Devoirs). Antérieurement existaient deux textes nommés : "Premiers Devoirs" le Régius (1390) et le Cooke (1420). C'est un extrait, consacré à la Géométrie,  du manuscrit Cooke que je transcris ici dans une traduction de Patrick Négrier "Textes fondateurs de la Franc-maçonnerie" éditions Grasset (1995).







La géométrie vient, disais-je, de geo

qui signifie en grec terre, et de métrona
qui signifie mesure. C'est pourquoi
nom de géométrie
signifie la mesure de la terre.
Ne vous étonnez pas si j'ai
dit que tous les arts n'existent
que par l'art de la géométrie.
Car il n'est aucun artifice
ni métier manuel faits
de main d'homme qui ne soient
réalisés par la géométrie. La
cause en est remarquable, car si un homme
travaille de ses mains, il
oeuvre avec un certain outil, et
il n'est pas d'instrument de quelque
matériau en ce monde
qui ne provienne d'une manière ou d'une autre
de la terre, et ne retourne entièrement à la terre
de nouveau. Et il n'y a aucun instrument ou autre outil
de travail qui n'ait
plus ou moins de proportion.
Or la proportion est la mesure,
et l'outil ou l'instrument
est la terre. La géométrie est dite mesure de la terre,
d'où je peux dire que les hommes vivent
tous grâce à la géométrie. Car tous
les hommes ici bas dans ce monde vivent
grâce au travail de leurs mains ...
Vous devez vous rappeler que
parmi tous les métiers du
monde qui sont des métiers d'homme,
la maçonnerie a la plus grande
réputation, et que la plus grande partie de ce
métier est l'art de la géométrie,comme cela
se trouve noté et dit dans des récits
comme la Bible ...


Cité dans le livre d'Irène Mainguy (2007) :
"Symbolique des outils et glorification du métier"
Le Régius
Le manuscrit Cooke
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Jeudi 10 janvier 2008
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
Début de l'article ICI

Notes-de-musiques-2.gifAujourd'hui nous avons la chance d'avoir à notre disposition plus de quatre siècles de musique enregistrée, le choix est difficile à faire ... de Monteverdi (et les compositeurs qui l'ont précédé) jusqu'à Stravinsky, de J.S.Bach à Philippe Glass ... en passant par la chanson (Angélique Ionatos, Brenda Wotton etc ...) Les musiques du monde (musiques juives, orientales ...) et les bandes originales de films qui recèlent des trésors (Nino Rota, James Horner, Richard Robbins, Philippe Glass ...) il faut puiser dans ce patrimoine immense avec discernement en choisissant des thèmes adaptés aux rituels, aux cérémonies et aux impétrants (es).

La musique baroque :

  La musique baroque est celle qui se prête le mieux à l'exercice de la colonne d'harmonie. D'abord parce qu'elle n'est pas, ou peu, descriptive et qu'elle ne peut donc contrarier le sens du rituel et aussi parce qu'elle est souvent constituée de parties relativement brèves qu'il est facile d'utiliser puisque les interventions musicales sont courtes par nécessité.
J.S. Bach est un bon exemple : sa musique est déjà, par essence, transcendante. La qualité spirituelle de son oeuvre rejoint avec bonheur celle du rituel. Sa musique est savante et d'une précision quasi mathématique même si la mélodie est présente partout. Sa rigueur s'accorde à celle du rituel.
Le compositeur idéal est, pour moi, G.F. Haendel : Il possède toutes les qualités de Bach avec, en plus, une dimension sensuelle, humaine, qui fait quelquefois défaut au vieux maître allemand. Haendel a écrit pour tous les genres de musique : opéras, oratorios, cantates, musique de chambre, orgue, concertos pour toutes sortes d'instruments etc ...
il est donc possible de faire des choix judicieux.
Les opéras d'Antonio Vivaldi sont aussi une mine inépuisable d'airs et d'ensembles utilisables facilement, en fonction des moments.

La musique classique et romantique :

  Bien sûr, Mozart ... mais aussi Joseph Haydn et beaucoup d'autres compositeurs de cette époque dite "classique", période qui s'achève avec l'apparition d'un certain Ludwig van Beethoven dont l'oeuvre fait la transition vers la période dites "romantique" et qui durera tout le 19ème siècle - et même un peu au delà - Brahms, Schubert, Schuman, Bruckner, Malher, Tchaïkovski et beaucoup d'autres. le choix est immense. C'est une musique difficile à utiliser pour la colonne d'harmonie car les oeuvres sont, en général, de longue durée, les développements musicaux sont étalés sur plusieurs dizaines de minutes. Un mouvement de symphonie peut atteindre 30 minutes chez Bruckner par exemple. Il faut donc isoler des passages, des thèmes musicaux, et faire des montages numériques sur CD. La musique de chambre de cette période se prête mieux à l'exercice, les quatuors, quintettes et autres Octuors ou trios sont aisés à utiliser.

Le 20ème siècle, jusqu'à nos jours :

  Igor Stravinsky (mort en 1971) - Pulcinella, le Sacre du printemps etc ... Richard Strauss (mort en 1951) - Les "Quatre derniers lieder", le Chevalier à la rose ... Serguei Rachmaninov (décédé en 1943) - les concertos pour piano ... sont des sources inappréciables auxquelles on peut puiser. Sans oublier les compositeurs contemporains comme John Adams et surtout Philippe Glass dont la musique envoûtante et intemporelle convient si bien à la solennité de certains degrés.


  Tenir la colonne d'harmonie avec réflexion et sérieux  est un gros travail. Il faut sans cesse rechercher de nouvelles musiques, en découvrir d'autres, tendre vers l'adéquation et l'harmonie ... C'est, malgré tout, très enthousiasmant et cet office, quelquefois négligé, partie intégrante du chemin maçonnique, crée un "Pont" essentiel entre l'individuel et le Collectif.

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Dimanche 30 décembre 2007
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
Violon.jpg Partout et de tout temps, l'homme a accompagné de musique toutes ses activités qui sortent de l'ordinaire, de la banalité du quotidien. Que ce soit les diverses fêtes de familles (rituelles ou pas) ou plus sociales comme les festivités (religieuses ou profanes) autour des saisons, des anniversaires, des commémorations etc ...
Les humains de toutes civilisations ont reconnu à la musique ses facultés incantatoires, de rassemblement, de mise en condition, de transcendance.
Après les rythmes des percussions des origines, les chants sont venus ajouter la dimension humaine, l'harmonie au chaos du début.
 Avec l'amélioration des instruments de musique on assiste ensuite au développement d'une expression  mélodique plus accentuée, plus élaborée, capable de faire écho aux sentiments les plus complexes et de les souligner. On pourrait dire qu'alors la musique devient supérieure à la parole et s'oppose, d'une manière positive, au côté rigide et pragmatique du langage. Même si, bien entendu, la dimension symbolique des mots reste un élément essentiel de réflexion.
Seul l'Art, trait d'union vers l'Universalité, et surtout la musique, peut suggérer l'inexprimable et enrichir la perception du Sacré (Les diverses religions l'ont bien compris).
La Franc-Maçonnerie ne pouvait se passer de cet élément fédérateur essentiel qu'est la musique. Dès les premières années du XVIIIème siècle, des orchestres - avec parfois des chanteurs - étaient présents dans les Loges et accompagnaient avec profit les rituels.

Dans son livre : "La Colonne d'Harmonie - histoire, théorie et pratique" Philippe Autexier écrit :
"La musique est, elle-même, une "Maçonnerie", les éléments qui la composent ne sont pas des sons (des pierres brutes), mais des notes ( des pierres taillées), mesurées dans leur hauteur (Ce que l'on appelle la note proprement dite) dans leur longueur - ou leur durée - et dans leur densité (L'intensité de la note). Les trois paramètres qui régissent la taille de la pierre régissent aussi celle du son :
- La FORCE réside dans la densité (L'intensité du son - Forte ou piano par exemple)
- La SAGESSE dans la longueur (La durée de la note)
- La BEAUTE dans la hauteur (La note elle-même)"

Comme le Franc-Maçon au sein de la société, chaque note à sa place, son rôle dans la partition. Une place unique et fondamentale, comme la pierre taillée est indispensable à l'édifice que construit le maçon. La musique, en Loge, n'a de sens que dans le vécu et le partage.
Toutes ces qualités fédératrices de la musique sont à utiliser lors de la création d'une colonne d'harmonie. Celle-ci ajoute une dimension supplémentaire aux passages du rituel les plus significatifs

La colonne d'harmonie pourrait se définir ainsi :

"La colonne d'harmonie est constituée de l'ensemble de la musique diffusée au cours des Tenues, elle doit s'inscrire harmonieusement dans les rituels"

Quelle est sa fonction ?

- Elle doit d'abord fédérer, unifier, créer une sorte de communion, transcender et participer à la création d'un égrégore positif dont chacun bénéficiera.
- Elle ajoute une dimension, parallèlement au rituel, qui n'est pas du domaine de la raison mais de l'émotion.
- La Colonne d'harmonie ne remplit pas les "vides" mais, au contraire, elle contribue à créer une nouvelle perspective, un nouveau regard sur l'Instant vécu collectivement et individuellement.
- Il s'agit d'une planche à part entière, avec un début, une fin, un développement, un sens ... en cela, elle est partie prenante de la Transmission qui est une des missions essentielles de la Franc-Maçonnerie.
- La colonne d'harmonie est le complément idéal des rituels (s'il n'y a pas de musique, le manque est perceptible) les anciens l'avaient bien compris puisque, à défaut des moyens modernes de reproduction sonore, ils avaient - quand les moyens financiers étaient suffisants - de véritables musiciens ou des chanteurs en loge.

Dans la suite prochaine de cet article :
Quelle musique utiliser pour la colonne d'harmonie ?
 
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Mercredi 12 décembre 2007
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie
Croire, ne pas croire !  Existe-t-il une  autre voie ?
 
  Peut-on s'affranchir tout à fait de ses croyances, de ses certitudes ?   Pourtant la liberté semble être à ce prix. Il faudrait, tout d'abord, reconnaître ce qui, en nous, relève de la croyance et faire la liste du plus grand nombre possible de ces certitudes qui nous permettent de vivre.  Ce serait un acte de conscience fondateur. Le paradoxe est là,  croyance et certitudes (même liberticides)  sont mises en place par nous mêmes à chaque fois que nous faisons des choix - conscients ou inconscients -  qui ont pour but de conjurer la peur et, ainsi, de continuer à vivre. Les certitudes et les croyances tirées des expériences de l'enfance ne sont pas les moins prégnantes .

  Pourtant, tout n'est pas tout bon ou tout mauvais, comme nos jugements hâtifs pourraient le laisser supposer. Le manichéisme, la simplification, la généralisation, ne devraient pas être de mise  en ces domaines sensibles qui touchent aux fondements de l'être conscient. 
  La spiritualité (comme Vie de l'Esprit)  n'est pas un vain mot, elle est un   besoin , une nécessité au même titre que les contingences physiques ... en tous cas, c'est une réalité impossible à contester.   

Existe-t-il une autre voie ?

  Le chemin initiatique que nous propose la Franc-Maçonnerie est une de ces "autres" voies, Il en existe d'autres, sans nul doute, mais c'est celui que j'explore en ce moment, avec une joie profonde ...

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Samedi 3 novembre 2007
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie
 ISIS.jpgISIS, papirus, musée du Caire

 Les mythes donnent le sentiment à ceux qui y adhèrent, d'appartenir à une communauté, de souscrire à une explication du monde, de comprendre leur place, leur rôle, dans ce monde ...


  Le Mythe est un récit sacré, exemplaire, qui relate un événement du Temps Primordial et qui fournit à l'homme un sens déterminant pour son comportement (On peut parler, alors, de mythe fondateur). C'est une tentative d'exprimer de façon symbolique certains aspects fondamentaux du monde comme , par exemple :

La création du monde :
La Genèse, l'épopée de Gilgamesh ...
Les astres, les phénomènes naturels :
les mythes de régénération et de cataclysme : Le déluge, l'Atlantide ...
Le statut de l'être humain et son rapport avec les dieux :
Les mythes grecs : Promethée ... et égyptiens ... Osiris et Isis ...

 Le mythe est porté, à l'origine, par un récit de tradition orale. Il implique des personnages fabuleux tels que : Les dieux, les héros, les animaux chimériques, les anges et les démons etc .
 Le mythe raconte une histoire sacrée, significative et exemplaire pour celui qui appartient à la culture qui le crée (Même si tous les mythes, avec le temps, rejoignent la culture universelle) Il relate, non seulement l'origine du monde, des animaux, des plantes et de l'homme, mais aussi tous les événements primordiaux à la suite desquels l'homme est devenu ce qu'il est aujourd'hui, c'est à dire : Un être mortel, sexué, organisé en société et vivant selon certaines règles.

 Par sa fonction symbolique, le mythe dévoile le lien de l'homme avec le sacré. Ainsi, dans les sociétés traditionnelles dans lesquels mythes et rituels sont liés (Sans rites, le mythe se réduit à un simple récit, à une fable ou une légende) le rituel permet la réactualisation du mythe, ce qui veut dire retour aux origines et à la création. De cette façon, le mythe devient générateur de forces nouvelles.

 "Le mythe crée les conditions de la prise de conscience" dit le psychanalyste Michel Baron car il permet de se mettre à distance d'une réalité par trop matérielle.
 "Le mythe est une invention de l'homme pour avoir moins peur de la mort" dit encore Michel Baron.


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Dimanche 14 octobre 2007
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
livre024.gifRITES et RITUELS …
 
Généralité sur les rites :
 
Les rites existent vraisemblablement depuis l’aube de l’humanité, même s’il faut attendre la fin du 15ème siècle (1486) pour voir apparaître en France leur définition empruntée au latin Ritus (usage, coutume, cérémonial) par l’église catholique pour décrire l’ensemble des cérémonies de culte dans les communautés religieuses.
 
 
 
  Pour les ethnologues, le rite est l’acte magique qui a pour objet d’orienter une force occulte vers une action déterminée et qui consiste en gestes, paroles ou attitudes adaptées à chaque circonstances. L’ordre y est prescrit et s’inscrit dans une tradition.
 
   Le plus souvent, il s’agit de rites de passage ou de rites autour de la mort, c'est-à-dire des cérémonies destinées à aider le sujet à surmonter la crise représentée par un changement de ses caractères physiologiques ou sociaux.
 
   Les rites servent à conjurer la peur, ils se situent dans le temps métapsychologique qui est un temps dans le temps, entre l’éternité qui fonde le Sacré et la datation au sens cartésien qui fractionne le temps d’une manière artificielle.
  Une des constantes du rite est, sa répétition, sa pratique est renouvelée à l’identique dans un contexte perpétuellement similaire.
 
Qu’est-ce qu’un rite maçonnique ? :
  
  En Franc-Maçonnerie, le mot rite a été adopté en 1751 quand est né le rite dit « Ancien » (ancêtre du Rite écossais ancien et accepté).
D’après « L’encyclopédie de la Franc-Maçonnerie » : Le Rite Maçonnique est un système codifiant la symbolique maçonnique et sa révélation par l’Initiation lors de différentes cérémonies successives et hiérarchisées.
 
  Il désigne aussi l’ensemble des rituels écrits se rapportant aux divers degrés de ce Rite. Il débute toujours (quel qu’il soit) par les trois grades initiatiques communs à la Franc-Maçonnerie : APPRENTI - COMPAGNON – MAITRE.
 
Qu’est ce qu’un rituel ? :
 
    Le terme de rituel se réfère au texte utilisé pour la pratique et l’étude d’un degré du rite qui codifie un ensemble d’actes symboliques (Gestes, paroles, déplacements) et qui permet à tous de progresser, au sein de la Loge, sur le chemin initiatique du perfectionnement de soi et d’œuvrer au progrès de l’Humanité. 
 
A quoi sert ce rituel ? :
 
Il est fait, avant tout, pour libérer les esprits et rendre possible la pensée créatrice.
 
   Le rituel marque intensément chaque participant grâce à son apparat, à son vocabulaire parfois archaïque (qui témoigne de l’ancienneté de la démarche), à son rythme, il permet l’intégration de l’initié qui devient, alors, acteur de son propre épanouissement.
 
   Le rituel joue aussi, au niveau des échanges de vues, un rôle de modération. Il fixe l’ordre des interventions, codifie les prises de paroles. Il maintient ainsi  le calme, la concentration et le respect mutuel.
 
   La pratique du rituel permet l’accès à d’autres fonctions humaines, au delà du simple discours logique. Il permet d’accéder à la partie la moins rationnelle de notre être, favorisant ainsi l’évolution collective et individuelle en élargissant le champ de la conscience. Il permet également, par sa structure, la naissance de l’égrégore de la Loge (voir mon article sur le sujet).
 
   Le rituel crée aussi les conditions permettant le passage du temps profane au temps sacré (voir un article précédent)
 
   Le rituel se vit comme un psychodrame aussi doit-il être pratiqué fort scrupuleusement (Dans certains rites il est récité par cœur.)
 
  Par la création d’un langage commun, le rituel permet aussi de passer le message des valeurs essentielles d’une manière différente, c’est un puissant outil de transmission. C’est aussi une méthode psychologique qui permet de toucher la totalité de l’Être, de partager la même culture en mouvement et de vivre la Tradition.
 
Quelques exemples de Rites pratiqués en France :
 
-         Le Rite Écossais Ancien et Accepté
-         Le Rite Français. (1786)
-         Le Rite Français moderne.
-         Le Rite Français rétabli
-         Le Rite Écossais Rectifié. (1778)
-         Le Rite Égyptien de Menphis-Misraïm.
-         Le Rite Émulation, le Rite d’York (ou Maçonnerie de L’Art Royal) … et beaucoup d’autres … (40 Rites différents seraient pratiqués en France)
 
Pourquoi pas un Rite unique ?
 
Le « Tuileur » rédigé par Claude André Vuillaume en 1830, dit :
    « La multiplicité des rites peut s’expliquer par le fait que la Franc-Maçonnerie s’est introduite simultanément dans tous les états d’Europe et que chaque culture, évidemment, a voulu apporter sa pierre à l’édifice, sa spécificité.
Les trois degrés fondamentaux de la Maçonnerie sont, malgré ces différences, conservés dans tous les rites »
 
   Un autre facteur de différence est, qu’au long des siècles, la tradition maçonnique s’est enrichie, la symbolique également.
 
Il existe aussi une nécessité pour la franc-maçonnerie de cultiver en permanence la diversité en son sein. Elle ne requiert pas de ses membres la ressemblance, elle nierait sa raison d’être en produisant de la similitude ou en imposant de la conformité.
 
Même s’il existe des divergences marquées entre les rites, ils appartiennent tous au même tronc commun de la tradition maçonnique, elle-même issue de traditions beaucoup plus anciennes.
 
On pourrait dire que la Franc-Maçonnerie, paradoxalement, réalise son Unité dans la multiplicité des rites.
 
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Dimanche 30 septembre 2007
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité

La Franc-maçonnerie intègre dans ses rituels de nombreuses références au Temple de Salomon: le temple maçonnique est conçu comme une reproduction symbolique de celui-ci.
 
 Quand SALOMON devint roi, il demanda l’aide de son allié, le roi Hiram de Tyr, pour la construction du Temple. Hiram fournit Salomon en bois de cèdre et de cyprès, ainsi qu’en or. Hiram envoya aussi à Salomon des artisans et des hommes de métier pour l’aider.
La construction commença la quatrième année du règne de Salomon (environ 964 avant J.C.) et dura 7 ans.
 
 Le Temple était une construction magnifique, composée des matériaux les plus fins. Il mesurait 60 coudées (27 mètres) de longueur, 20 coudées (9 mètres) de largeur et 30 coudées de hauteur (13,5m).
Le bâtiment principal se divisait en une pièce de 9 mètres sur 9 mètres  (le Débir), le Saint des Saints et une autre beaucoup plus grande (l’hékal) prolongée, elle-même, par le vestibule (Ulam) sur lequel ouvrait le porche d’entrée de chaque côté duquel se trouvait un grand pilier de bronze. Les deux piliers étaient appelés Yakîn et Boaz.
L’objet le plus important du Temple était l’Arche qui était installée dans le Saint des Saints. A l’intérieur de l’Arche se trouvaient les deux tables de l’Alliance avec les dix commandements. Deux chérubins en bois doré, aux ailes déployées, surmontaient l’Arche symbolisant la présence divine.
 Devant le Temple se trouvait une « Mer » un grand bassin à eau en bronze supporté par douze bœufs … Tout autour se trouvaient dix petits bassins munis de roues. Un imposant autel de bronze se trouvait également dans la cour et servait pour les différents sacrifices communautaires et individuels.

Ci dessous le texte concernant les colonnes de bronze tiré de la Bible de Jérusalem :

Il façonna les deux colonnes de bronze; la hauteur d'une colonne était de 18 coudées et un fil de 12 coudées en mesurait le tour; de même la seconde colonne. Il fit deux chapiteaux coulés en bronze déstinés au sommet des colonnes; la hauteur d'un chapiteau était de 5 coudées et la hauteur de l'autre chapiteau était de 5 coudées. Il fit des treillis - en forme de treillis, des festons - en forme de chainettes, pour les chapiteaux au sommet des colonnes. 7 pour un chapiteau, 7 pour l'autre. Il fit des grenades : il y en avait deux rangées autour de chaque treillis, en tout 400, appliquées contre le noyau qui était derrière le treillis; il y avait 200 grenades autour d'un chapiteau, et de même l'autre chapiteau. Les chapiteaux qui étaient en haut des colonnes étaient en forme de lotus. Il dressa les colonnes devant le vestibule du sanctuaire; il dressa la colonne de droite et lui donna pour nom : Yakin; il dressa la colonne de gauche et lui donna pour nom : Boaz. Les chapiteaux des colonnes étaient en forme de lotus. Ainsi fut achevé l'oeuvre des colonnes.

Le texte intégral concernant la Mer de bronze dans la même traduction :

Il fit la Mer en métal fondu, de dix coudées de bord à bord, à pourtour circulaire de cinq coudées de hauteur; un fil de trente coudées en mesurait le tour.Il y avait des coloquintes au-dessous de son bord, l'encerclant tout autour, dix par coudées elles tournaient tout autour de la Mer; les coloquintes étaient en deux rangées coulées avec la masse. Elles reposaient sur douze boeufs : trois regardaient le nord, trois regardaient l'ouest, trois regardaient le sud et trois regardaient l'est; la Mer s'élevait au-dessus d'eux, et tous leurs arrières-trains étaient tournés vers l'intérieur. Son épaisseur était d'une palme et son bord avait la même forme que le bord d'un coupe, comme une fleur de lotus. Elle contenait deux mille mesures

 

  Ci dessous une vidéo 3D très intéressante montrant une visite virtuelle du Temple de Salomon ... La hauteur inusitée (probablement symbolique) du portique et une musique pseudo-hollywoodienne sont, à première vue,  les deux seules choses contestables... si vous avez des remarques n'hésitez pas ...

 

 




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Jeudi 13 septembre 2007
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
Profane et Sacré
 
 
PROFANE. . . SACRÉ. . ! Quoi de plus facile à comprendre ? Le Sacré est religieux et le Profane (de Profanus : hors du Temple) ne l’est pas. Pourtant, lorsque l’on prend conscience que la Spiritualité religieuse n’est pas toute la spiritualité et que cette spiritualité est un besoin fondamental au même titre que manger ou dormir, il faut réfléchir à quelques mots que l’on croyait connaître.
Cette notion de « Sacré » semble passer par une sorte de décalage dans le temps (du temps profane au temps sacré) on pourrait dire qu’il s’agit plus précisément d’un changement de qualité du temps. L’espace, lui aussi, change et devient singulier lorsque l’on dispose les objets symboliques et que l’on entre dans le rituel maçonnique. Il faut sans doute y associer la notion de groupe « être ensemble pour avancer ». Le Sacré n’est pas une notion statique.
 
Les premiers humains, confrontés aux évènements naturels sur lesquels ils n’avaient pas prise, ont sans doute essayé de conjurer leurs peurs en transformant des lieux naturels (grottes peintes, alignements de pierres levées etc) en lieux sacrés, eux-mêmes perpétués par une suite d’actions répétées et transmises de générations en générations (sans doute les premiers rituels).
On pourrait dire que le simple fait d’être réunis autour d’un feu constitue les prémices de l’action Sacrée.
L’homme, au sein du lieu Sacré, bien qu’effrayé, fasciné se sent protégé par un état spirituel qui le dépasse. Il n’a plus peur d’aller de l’avant, au contraire, il y trouve une raison d’être. Le Sacré crée les conditions du Sens.
Les religions, pendant des millénaires et encore aujourd’hui, ont utilisé ces mécanismes pour rassembler les humains mais aussi pour les asservir, pour structurer la société mais aussi pour prendre le pouvoir. Elles ont créé un Dogme (prêt à penser de la croyance) qui explique, enjolive et édulcore la transcendance en donnant un nom à ce qui ne devrait pas être nommé. La spiritualité de l’humain est de l’ordre de l’intime.
 
La Franc-Maçonnerie, par contre, a rassemblé ces notions au sein de Rites faisant référence au religieux ou n’y faisant pas référence, mais gardant en tout cas, la liberté de chacun. L’individu est ainsi mis aussi bien au centre du rituel qu’au centre du Monde, au sein de l’Humanité, en fait.
Le lieu Sacré devient alors un outil de liberté et de développement, il ouvre le chemin des possibles. Libre à chacun de s’y engager ou de ne pas le faire, de faire des pauses plus ou moins longues où d’aller gaillardement de l’avant.
 
La fonction principale du Sacré est de permettre de vivre, sans trop d’appréhension, l’instant présent (l’Ici et Maintenant des psychologues) passage obligé de la progression personnelle. Vivre le moment présent c’est se donner la possibilité de se voir tel que l’on est (à ce moment là) donc de pouvoir faire des choix peu ou pas entachés de ce que l’on a vécu jusqu’alors et de sortir, si le moment est opportun et autant que faire se peut, de la répétition des comportements, des présupposés et des certitudes.
 
Le Sacré non religieux est né en même temps que la Franc-Maçonnerie, au 18ème siècle. Auparavant il n’avait fait l’objet d’aucune analyse distincte (dit Mircéa Eliade). Le siècle des lumières introduit une attitude nouvelle : Ecrivains et philosophes soumettent les faits religieux à une lecture rationaliste systématique pour discriminer, entre eux, les aspects fictifs, tenus pour obscurantistes (dénonciation des superstitions) et les aspects compatibles avec le modèle de l’homme éclairé par la raison et par le progrès.
Les penseurs de l’époque adoptent l’idée d’une nature humaine dotée d’un sens du Sacré indépendant des religions. (Jean-Jacques ROUSSEAU par exemple).
 
Pour finir, une définition :

« Le Sacré est un état affectif qui submerge la raison. C’est un ensemble d’expériences subjectives de la personne qui, à l’occasion d’états affectifs particulièrement intenses d’exaltation ou de frayeur, prend conscience d’être relié à des réalités suprasensibles et d’être, un instant, dépendante d’un englobant qui la dépasse » Jacques Wunenburger.
 
 
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Jeudi 2 août 2007
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
Egr--gore-1.jpgEn Franc-Maçonnerie, l'égrégore est un mot quelquefois employé et rarement explicité ...


Quelques éléments de réflexion :


L'Egrégore comme force psychique des groupes humains :

Cette notion s'apparente à une forme de Conscience collective (Peut-être miroir de "l'Inconscient Collectif" défini par C.G. JUNG) Elle est employée avec circonspection au sein des loges maçonniques. Le mot égrégore (on dit un égrégore) est d'ailleurs absent de la plupart des dictionnaires usuels.
Le mot vient du grec ecclésiastique : "égrégoros" dont une des signification est : "Qui veille, vigilant".
Egrégore était aussi le nom donné à chacun des anges qui veillaient sur le mont Hermon et qui, selon le livre d'Enoch, s'unirent aux filles de Seth et engendrèrent les Géants.

Tentative de définition :


"L'égrégore est la résultante des individualités d'un groupe, elle vaut plus que la somme mathématique de ces individualités."

Dès l'instant où des êtres humains se rassemblent autour d'idées, de valeurs communes , la pensée générale se densifie, devient énergie créatrice, perceptible par chacun et donne naissance à un égrégore.
On peut dire aussi que ce sont des courants émotionnels, mentaux et spirituels, émanant de l'ensemble des membres du groupe. La somme de ces mouvements énergétiques exerce en retour une puissante influence sur chacun. Une forme de pensée s'élabore alors, pour finir par se structurer.

Un égrégore est une "forme-pensée" ou une "idée-force"de qualité neutre qui se colore, pour le meilleur ou pour le pire, des intentions du groupe. Selon les diverses individualités de ses membres, l'égrégore enchaînera ces derniers à leurs croyances limitatives, ou dynamisera leur potentiel créateur et les déliera de toute influence extérieure.

Pour l'auteur d'un texte écrit au 2ème siècle de notre ère, l'égrégore serait la "Sophia" elle-même, une sagesse permettant d'éclairer chaque individu afin de lui permettre d'accéder à une vraie renaissance de l'âme, à la plénitude de la nature spirituelle et d'échapper, par là même, à la nature de la Mort.

Dans la vie de tous les jours nous sommes entourés d'égrégores. Une fois encore ressentis mais non nommés.
En naissant dans un pays particulier, à une époque donnée, nous intégrons d'emblée l'histoire, la culture et la religion ambiante d'une nation. Une somme de données qui appartient au collectif et qui n'a rien à voir avec nous en tant que individu. Pourtant ces notions nous influenceront toute notre vie. Nous sommes ainsi chapeautés par un ensemble de forces extérieures (Les grands égrégores nationaux, sociaux, politiques, religieux et ceux, non moins actifs, qui concernent le milieu professionnel et la famille) ces forces conditionnent nos goûts, nos aspirations et nos choix.

Prendre véritablement conscience de la puissance de ces égrégores, dans lesquels nous sommes immergés, favorise la prise de recul face à soi-même, à autrui et aux événements quotidiens. La Liberté est à ce prix.
Ne serai-ce qu'à ce titre, la Franc-maçonneriene peut faire l'économie de cette notion d'égrégore.

 En conclusion, on pourrait dire qu'en Franc-Maçonnerie l'égrégore est un concept à vivre plus qu'à expliquer, le Franc-maçon peut le vivre s'il se trouve dans la disponibilité d'esprit appropriée (loin de tout jugement, de toute croyance et de tout dogme de la Raison) dans l'acceptation des émotions partagées au sein d'une logique dynamique du chemin initiatique individuel et collectif.

 

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Dimanche 22 juillet 2007
par Antiochus publié dans : Franc-Maçonnerie communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité

Pour lire le début de l'article cliquez ICI:

... suite de l'article précédent :

4 - C'est avant tout une démarche initiatique :

"Le sens véritable de la démarche maçonnique est le chemin Initiatique" dit René GUENON.

 Le chemin initiatique (du latin Initium qui signifie : commencement, début) est une quête de sens, un désir de progresser, de comprendre, de jeter un regard nouveau sur le monde et la réalité. Il permet d'agir au-dela des opinions partisanes et des clichés réducteurs. Le chemin initiatique est une manière de penser et de décider par soi-même, de faire ses propres choix, hors des dogmes et des idées toutes faites. Il permet de construire sa propre liberté, sa propre singularité au sein du groupe et de la société. C'est une évolution qui commence au moment de l'initiation et qui se prolonge tout au long de sa vie maçonnique, régulièrement, inexorablement.
 Le cheminement initiatique est individuel et nécessite effort, courage, lutte et persévérance. C'est un parcours dynamique, soutenu par le rituel et la fraternité de la Loge, il nécessite des remises en questions incessantes et emmène vers la recherche d'un équilibre nouveau, partie prenante de l'éveil de la conscience.

II la démarche maçonnique, un paradoxe constructif.

  L'apprentissage psychomoteur chez le jeune enfant est lent et laborieux. Une année est en principe nécessaire à l'acquisition de la marche. L'enfant découvre alors que pour avancer vers les bras qui lui sont tendus, il va falloir qu'il se risque à un déséquilibre temporaire mais effrayant. La position debout a déjà été laborieuse à acquérir. La marche est une tout autre histoire.
 Plus tard, l'homme va s'apercevoir que ce "déséquilibre dynamique" demeure. Toute progression se fait au prix d'une déstabilisation première. Nous restons désespérément passifs si nous n'acceptons pas ce principe qui vaut pour le physique comme pour le mental. De quelqu'un qui ne remet rien en cause ne dit-on pas : qu'il est "ancré dans ses certitudes", qu'il "campe sur ses positions", qu'il a des"idées bien arrêtées" ?
 Un profane qui frappe à la porte d'un Temple doit être avant tout habité par le doute, ce qui le porte naturellement à partir à la recherche de lui-même, des autres et du monde qui l'entoure. C'est cette position de doute - rappel du déséquilibre - qui va lui permettre d'accepter une démarche qui peut paraître, à priori, paradoxale et/ou contradictoire.
La toute première contradiction à laquelle le nouvel initié se trouvera confronté, se situe dans la démarche même, puisqu'il est là pour travailler à son propre perfectionnement. Il est donc question d'une démarche individuelle.Ce perfectionnement là se fera grâce au travail en Loge et avec l'aide des autres membres de la Loge. La dimension devient alors collective. Les termes semblent contradictoires. Il n'y a cependant pas d'opposition entre le travail sur soi et la progression dans la Loge mais, au contraire, complémentarité, renforcement de l'un par l'autre.
 La notion de temps peut également paraître déconcertante au nouvel arrivant. Très vite, il réalise qu'il travaille dans un temps "hors du temps", un temps sacré qui n'a pas d'équivalent dans le monde profane. Ce "décalage" temporel permet d'entraîner l'esprit hors des contingences habituelles donc de le libérer des contraintes qui peuvent limiter ordinairement la réflexion.
 Le rituel qui peut paraître figé dans sa forme immuable, permet à chacun de faire le vide en soi-même, de créer cette vacuité nécessaire à une réflexion la plus large possible. Il fait tomber les barrières que la vie sociale amène parfois à construire. Il ouvre, en quelque sorte, les horizons de la connaissance.
 La Franc-Maçonnerie n'est alors plus uniquement dans le champ de la raison, parce que le rituel permet qu'adviennent les émotions. l'intuition peut, elle aussi, se donner libre cours et aider à sortir du carcan cartésien.
 Rigueur de la forme, liberté de la pensée. Les exemples ne manquent pas pour illustrer ces contradictions. La grande question que pose donc la démarche maçonnique est : Comment s'exerce notre liberté dans un cadre déterminé à l'avance et de quelle liberté s'agit-il ?
J.J. ROUSSEAU dit : "L'obéissance à la loi que l'on s'est prescrite est liberté".
 Peut-il y avoir liberté sans un cadre qui structure la pensée ? Cela semble peu probable puisque se sentir libre c'est être soi-même et connaître ses limites même si celles-ci peuvent être repoussées. Cela ne parait possible que quand la réflexion conduit à choisir donc à s'opposer, donc à refuser. La vie est une succession de choix qui impliquent un cadre de référence, sinon, au nom de quoi ces choix s'opéreraient-ils ?
Le cadre que nous propose la démarche maçonnique, parce que elle est clairement choisie, est sans doute le meilleur garant de l'exercice d'une pleine liberté.

III Conclusion : 

 Que vient-on chercher en Franc-Maçonnerie sinon la paix intérieure et la sérénité qui permettent de vivre debout dans la Loge et au sein de la société. La démarche maçonnique, si elle n'est pas une fin en soi, est un outil qui appelle à la philosophie, à la morale, à la spiritualité laïque et fait de celui qui fait le choix de la suivre un être humain conscient de lui-même et de sa place dans le monde. C'est peut-être cela qui qualifie l'humanisme tel que les philosophes des lumières pouvaient l'entendre.
 Plus il avance en âge maçonnique, plus le Franc-Maçon prend conscience de la difficulté de la démarche proposée. Elle est, en effet, chaotique, douloureuse dans la mesure où elle bouscule en permanence les certitudes et oblige à une remise en question incessante. La déstabilisation que provoque ce paradoxe permet d'avancer comme l'enfant, un pied devant l'autre, lentement, inexorablement.



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