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Concernant les articles de la catégorie: "Franc-Maçonnerie",
je tiens à préciser que je ne représente, ici, aucune Loge ni aucune obédience.


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Mardi 15 juillet 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants




XIII

Supporte la disgrâce
D'une cour égale.
Accepte l'adversité
comme inséparable
de la condition humaine.
Que faut-il comprendre par
Supporte la disgrâce d'une cour égale ?
La disgrâce n'est pas pire
que la faveur.
Toutes deux engendrent la crainte.
Ne soit donc affecté
ni par la perte
ni par le gain.
Que faut-il comprendre par
L'adversité est inséparable
de la condition humaine ?

L'homme a un corps,
c'est pourquoi
le malheur a prise sur lui.
S'il n'en possédait point,
quel événement
pourrait le frapper ?
C'est pourquoi,
à celui qui se soucie des autres
autant que de lui-même
on peut confier le monde.
Seul celui qui aime les autres
autant que lui-même
est digne de les gouverner.



Voir aussi Tao To King  Deux (la Beauté) - Huit  (La Perfection) ...

 

 

Le "Tao To King" ou "Tao Të King" est le texte fondateur du taoïsme, une philosophie chinoise née il y a 2500 ans. Le Tao To King est un guide de sagesse qui se présente sous la forme d'une série d'aphorismes ou de métaphores.

Comme le Bouddhisme, la philosophie du Tao est basée sur le principe du Yin et du Yang. Jour/Nuit, Masculin/Féminin, Chaud/Froid etc ... se nourrissent l'un de l'autre et sont des polarités complémentaires d'une même énergie. Le perpétuel mouvement entre ces polarités est à l'origine de la principale caractéristique du monde matériel : l'Impermanence.

Comme les autres philosophies orientales, la philosophie du Tao est largement inspirée par l'observation et la contemplation de la nature.

 

 

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Lundi 14 juillet 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions -


MANDALA

Ce mot signifie littéralement "Cercle" en sanskrit et, par extension, sphère, environnement, communauté ... Il désigne plus largement un objet de méditation et de concentration composé de cercles et de formes diverses. Le Mandala appartient au monde indo-boudhiste et au Lamaïsme Tibétain. Il constitue une image psychagogique qui, servant de support à l'adepte ou au fidèle l'aide à poursuivre son chemin vers l'illumination.
C'est à la fois un résumé de la manifestation spatiale, une image du monde, en même temps que la représentation de puissances divines. En effet, au centre du Mandala est supposé se tenir la puissance divine, figurée par des motifs géométriques ou, plus directement, par la représentation de Bouddha.
Les mandalas sont le plus souvent dessinés ou peints mais peuvent constituer également des motifs architecturaux et apparaissent alors dans les plans des temples comme dans celui de Borobudur sur l'île de Java. Les mandalas sont des reproductions spirituelles de l'ordre du monde et on les associe souvent alors, aux quatre points cardinaux. Comme dans le cas du labyrinthe, avec lequel on a pu noter une certaine parenté, c'est le centre du mandala qui attire le regard.


Pour C.G. Jung (1875-1961) il s'agit d'un "rétrécissement du champ de vision psychique" qui lui paraît hautement nécessaire : par la contemplation et la concentration, le mandala à en effet pour fonction d'attirer intuitivement l'attention sur certains éléments spirituels afin de favoriser leur intégration consciente dans la personnalité. Jung avait relevé, d'autre part, que l'inconscient dans ses périodes de trouble, peut produire spontanément des mandalas, structurant de la sorte la psyché ... Jung relève également que le mandala (sans en avoir le nom) existait aussi dans la tradition chrétienne (par exemple l'image du christ tétramorphe entourée d'un cercle et inscrite dans un carré dont les symboles des quatre évangélistes le Lion, le Taureau, l'Aigle et l'Homme occupent les coins).



Dans la tradition tibétaine, existent des mandalas de sable construits de manière rituelle, ils constituent une pratique spirituelle

 

 

                                                  Mandala terminé



    Beaucoup de mandalas à contempler sur le site de Canelle  (catégorie : Mandalas)


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Mercredi 2 juillet 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants

   200ème article




Tao To King
Le livre de la Voie et de la Vertu
Lao Tseu ou Lao Zi


VIII

La grande perfection
est comme l'eau.
Comme elle,
elle dispense ses bienfaits
aux dix mille êtres
et ignore les luttes.
Comme elle,
elle se détourne des obstacles
et les évite,
descend vers la vallée
et demeure là
où les hommes
ne peuvent pas habiter.
C'est pourquoi
elle est proche du Tao.
Dans tout et pour tout,
la perfection commande l'humilité.
Elle demande au coeur
d'être profond comme un puits.
Dans les rapports avec les autres
elle réclame des trésors de patience.
De la parole,
elle attend la vérité.
Quand il faut gouverner,
elle impose la loyauté et l'ordre.
Quand il faut agir
elle exige la compétence.
Elle s'exerce
au moment opportun
et ne lutte jamais.
Ainsi,
elle ne peut s'égarer.



Voir aussi : Tao To King II (la Beauté)

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Mardi 17 juin 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité


La Gnose est un terme qui désigne une science spécifique.

Le gnostique est celui qui possède cette science.

Le gnosticisme en est, bien sûr, la philosophie.

Chaque religion à sa gnose.

Dans l'Islam, c'est le Soufisme ; dans le Judaïsme, la Kabbale. Dans le christianisme cela s'appelle l'hérésie chrétienne. Cette gnose ésotérique par essence, que le christianisme rejette a pour but de pénétrer dans le mécanisme de l'œuvre de Dieu afin de savoir pourquoi, lui si parfait, a-t-il créé et règne-t-il sur un monde imparfait. Il s'agit aussi de savoir pourquoi le Mal fut-il introduit dans le monde.

 Il y a des hérésiologues qui considèrent le gnosticisme, qui a débordé le cercle des initiés, comme un phénomène de l'histoire des religions. D'autres au contraire affirment que la philosophie gnostique dépasse le temps historique, le transcende même.

Nous vivons dans un univers qui, depuis son existence, soumet l'humanité toute entière à d'innombrables contraintes et nécessités auxquelles l'homme cherche par divers moyens à échapper.

Les gnostiques se sont en effet insurgés contre ces contraintes, contre ces nécessités qui rendent l'homme prisonnier du temps. Libérer l'homme de sa prison temporelle, rendre à l'âme sa fonction originelle constituent la finalité de leur philosophie.

Reste à savoir comment et quand.

Pour la philosophie grecque le temps se déroule sur un cercle, l'image harmonieuse du mouvement circulaire et parfait des astres.

A cette conception, le christianisme oppose une conception linéaire résultant de la volonté. Le temps, pour le christianisme, se déroule selon une ligne droite terminée à ces deux extrémités. Le monde est ainsi placé, achevé, dans le temps.

Pour le gnostique, le temps est rompu en deux parties. La deuxième partie annule et dissout la première, car notre condition temporelle est un alliage déséquilibré de la matière et de l'esprit ou chaque minute est  aussitôt engloutie par celle qui suit. Sa durée a en elle-même sous une apparence de vie, un rythme de mort. Le temps, pour le gnostique c'est l'angoisse.

Ceci nous donne une idée schématique de l'ensemble de la philosophie gnostique, de sa révolte contre les affirmations mensongères, contre les promesses invérifiables, contre un monde basé sur un ordre où la mort règne en maître.

La Gnose signifie : Connaissance. Elle désigne plus précisément une connaissance qui porte sur Dieu et la réalité divine, qui se présente, non comme un savoir acquis, mais comme une révélation intérieure permettant de saisir le secret et le mystère, conduisant ainsi au Salut.

On appelle Gnostique le Spirituel, l'Elu, ou encore le pneumatique, c'est à dire en qui la « Pneuma » est devenue vivante. Le Gnostique voit, il est capable de recevoir la Lumière de la splendeur ineffable. Il est celui qui possède la révélation, l'expérience, l'initiation. Comme dit Simon le Magicien, il est la puissance même, supérieur au Dieu créateur.

Trois initiations successives amènent l'homme à cet état spirituel : de l'état charnel, il passe à l'état psychique, pour atteindre l'état spirituel. A chaque initiation il fait serment de garder le silence le plus absolu sur son secret. C'est pourquoi il ne reste aucune trace de ces rituels d'initiation.

Mais la Gnose est en plus une connaissance de la réalité suprasensible, invisiblement visible, dans l'éternel mystère qui est censé construit au cœur et au-delà du monde sensible, l'énergie motrice de toute forme d'existence.
C'est la connaissance de ce que l'on est, de ce que l'on est devenu, du lieu d'où l'on vient.

Pour expliquer tout ceci, le Gnostique quitte le chemin traditionnel, rompt avec les normes établies. Il bouleverse tout ce qui est considéré comme acquis : Tradition, Morale, philosophie, religion, tout est remis en question. Tout ce qui a été dit, tout ce qui a été écrit , pour le Gnostique ce sont des éléments contradictoires et disparates et ne peuvent en aucun cas répondre à ses interrogations, et surtout à la question : pourquoi le Mal existe-il dans le Monde ?

Le Christianisme, dans sa forme la plus pure, affirmait dans la Foi le fondement de la religion ; on peut même dire que sa signification historique réside précisément dans sa conviction de la spécificité de la foi et de son indépendance par rapport à toute espèce de savoir et de science.

Or, pour la Gnose, et là est la différence qui la sépare du Christianisme, le foi ne suffit pas et elle ne lui reconnaît pas de valeur propre.

Certes le Gnostique ne renie pas tout ce qui est écrit, il considère tout simplement que les écritures sont mal interprétées, il ajoute à l'adresse des Chrétiens qu'ils sont incapables de discerner le Dieu Bon du Démiurge de l'Ancien Testament. Par conséquent, tout ce que le Chrétien considère comme morale est en réalité : anti-morale.

C'est à partir de cette conclusion que la philosophie Gnostique est née.

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Dimanche 6 avril 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
Tao To King
Le livre de la Voie et de la Vertu
Lao Tseu ou Lao Zi

(Il aurait vécu au VIème siècle avant J.C.)

II

Le monde discerne la beauté,
et, par là
le laid se révèle.
Le monde reconnaît le bien
et, par là
le mal se révèle.
Car l'être et le non-être
s'engendrent sans fin.
Le difficile et le facile
s'accomplissent l'un par l'autre.
Le long et le court
se complètent.
Le haut et la bas
reposent l'un sur l'autre.
Le son et le silence
créent l'harmonie.
L'avant et l'après se suivent.
Le tout et le rien
ont le même visage.
C'est pourquoi
le Sage s'abstient de toute action.
Impassible,
il enseigne par son silence.
Les hommes,
autour de lui,
agissent.
Il ne leur refuse pas son aide.
Il crée sans s'approprier
et oeuvre sans rien attendre.
Il ne s'attache pas
à ses oeuvres.
Et, par là,
il les rend éternelles.

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Mardi 18 mars 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie


Biblioth-que-6.jpg  Les impies affirment que le non-sens est la règle dans la Bibliothèque et que les passages raisonnables, ou seulement de la plus humble cohérence, constituent une exception quasi miraculeuse. Ils parlent, je le sais, de "cette fiévreuse bibliothèque dont les hasardeux volumes courent le risque incessant de se muer en d'autres et qui affirment, nient et confondent tout comme une divinité délirante". Ces paroles, qui non seulement dénoncent le désordre mais encore l'illustrent, prouvent notoirement un goût détestable et une ignorance sans remède. En effet, la Bibliothèque comporte toutes les structures verbales, toutes les variations que permettent les vingt-cinq symboles orthographiques, mais point un seul non-sens absolu. Rien ne sert d'observer que les meilleurs volumes parmi les nombreux hexagones que j'administre ont pour titre Tonnerre coiffé, La Crampe de plâtre, et Axaxaxas mlÖ. Ces propositions, incohérentes à première vue, son indubitablement susceptibles d'une justification cryptographique ou allégorique ; pareille justification est verbale, et, ex hypotesi, figure d'avance dans la Bibliothèque. Je ne puis combiner une série quelconque de caractères, par exemple :
dhcmrlchtdj
que la divine Bibliothèque n'ait déjà prévue, et dans quelqu'une de ses langues secrètes ne referme une signification terrible. Personne ne peut articuler une  syllabe qui ne soit pleine de tendresse et de terreur, qui ne soit quelque part le nom puissant d'un dieu. Parler, c'est tomber dans la tautologie. Cette inutile et prolixe épître que j'écris existe déjà dans l'un des trente volumes des cinq étagères de l'un des innombrables hexagones - et sa réfutation aussi.  (Un nombre  n  de langages possibles se sert du même vocabulaire ;  dans tel ou tel lexique, le symbole Bibliothèque recevra la définition correcte système  universel et permanent de galeries hexagonales, mais Bibliothèque signifiera pain ou pyramide, ou toute autre chose, les sept mots de la définition ayant un autre sens.) Toi qui me lis, es-tu sûr de comprendre ma langue ?

  L'écriture méthodique ma distrait heureusement de la présente condition des hommes. La certitude que tout est écrit nous annule ou fait de nous des fantômes ... Je connais des districts où les jeunes gens se prosternent devant les livres et posent sur leurs pages de barbares baisers, sans être capable d'en déchiffrer une seule lettre. Les épidémies, les discordes hérétiques, les pèlerinages qui dégénèrent inévitablement en brigandage, ont décimé la population. Je crois avoir mentionné les suicides, chaque année plus fréquents. Peut-être suis-je égaré par la vieillesse et la crainte, mais je soupçonne que l'espèce humaine - la seule qui soit - est près de s'éteindre, tandis que la Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète. Je viens d'écrire infinie. Je n'ai pas intercalé cet Biblioth-que-5.jpgadjectif par entraînement rhétorique ; je dis qu'il n'est pas illogique de penser que le monde est infini. Le juger limité, c'est postuler qu'en quelque endroit reculé les couloirs, les escaliers, les hexagones peuvent disparaître - ce qui est inconcevable, absurde. L'imaginer sans limite, c'est oublier que n'est point sans limite le nombre de livres possibles. Antique problème où j'insinue cette solution : la Bibliothèque est illimitée et périodique. S'il y avait un voyageur éternel pour la traverser dans un sens quelconque, les siècles finiraient par lui apprendre que les mêmes volumes se répètent toujours dans le même désordre - qui, répété, deviendrait un ordre : L'Ordre. Ma solitude se console à cet élégant espoir (3).

1941, Mar del Plata
Traduction Ibarra

(1). Je le répète : il suffit qu'un livre soit concevable pour qu'il existe. Ce qui est impossible est seul exclu. Par exemple : aucun livre n'est aussi une échelle, bien que sans doute il y ait des livres qui discutent, qui nient et qui démontrent cette possibilité, et d'autres dont la structure a quelque rapport avec celle d'une échelle.

(2). Anciennement, il y avait un homme tous les trois hexagones. Le suicide et les maladies pulmonaires ont détruit cette proportion. Souvenir d'une indicible mélancolie : il m'est arrivé de voyager des nuits et des nuits à travers couloir et escaliers polis sans rencontrer un seul bibliothécaire.

(3). Letizia Alvarez de Toledo a observé que cette vaste Bibliothèque était inutile : il suffirait en dernier ressort d'un seul volume, de format ordinaire, imprimé en corps neuf ou en corps dix, et comprenant un nombre infini de feuilles infiniment minces. (Cavalieri, au commencement du XVI siècle, voyait dans tout corps solide la superposition d'un nombre infini de plans.) Le maniement de ce soyeux vade-mecum ne serait pas aisé : chaque feuille apponte se dédoublerait en d'autres ; l'inconcevable page centrale n'aurait pas d'envers.


Le manuscrit original du présent texte ne contient ni chiffres ni majuscules. La ponctuation a été limitée à la virgule et au point. Ces deux signes, l'espace et les vingt-deux lettres de l'alphabet sont les vingt-cinq symboles énumérés par l'inconnu (note de l'éditeur.)
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Lundi 17 mars 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
Lire la première partie
Lire la deuxième partie


  Il n'est pas niable que les Justifications existent (j'en connais moi-même deux qui concernent des personnages futurs, des personnages non imaginaires, peut-être), mais les chercheurs ne s'avisaient pas que la probabilité pour un homme de trouver la sienne, ou même quelque perfide variante de la sienne, approche de zéro.

  On espérait aussi, vers la même époque, l'éclaircissement des mystères fondamentaux de l'humanité : l'origine de la Bibliothèque et du Temps. Il n'est pas invraisemblable que ces graves mystères puissent s'expliquer à l'aide des seuls mots humains : si la langue des philosophes ne suffit pas, la multiforme Bibliothèque aura produit la langue inouïe qu'il y faut, avec les vocabulaires et les grammaires de cette langue. Voilà déjà quatre siècles que les hommes, dans cet espoir, fatiguent les hexagones ... Il y a des chercheurs officiels, des inquisiteurs. Je les ai vus dans l'exercice de leur fonction : ils arrivent toujours harassés ; il parlent d'un escalier sans marches qui manqua leur rompre le cou, ils parlent de galeries et de couloir avec le bibliothécaire ; parfois, ils prennent le livre le plus proche et le parcourent, en quête de mots infâmes. Visiblement, aucun d'eux n'espère rien découvrir.Biblioth-que.jpg

  A l'espoir perdu succéda, comme il est naturel, une dépression excessive. La certitude que quelque étagère de quelque hexagone enfermait des livres précieux, et que ces livres précieux étaient inaccessibles, sembla presque intolérable. Une secte blasphématoire proposa d'interrompre les recherches et de mêler lettres et symboles jusqu'à ce qu'on parvint à reconstruire, moyennant une faveur imprévue du hasard, ces livres canoniques. Les autorités se virent obligées à promulguer des ordres sévères. La secte disparut ; mais dans mon enfance j'ai vu de vieux hommes qui longuement se cachaient dans les latrines avec de petits disques de métal au fond d'un cornet prohibé, et qui faiblement singeaient le divin désordre.
D'autres, en revanche, estimèrent que l'essentiel était d'éliminer les oeuvres inutiles. Ils envahissaient les hexagones, exhibant des permis quelquefois authentiques, feuilletaient avec ennui un volume et condamnaient des étagères entières : c'est à leur fureur hygiénique, ascétique, que l'on doit la perte insensée de millions de volumes. Leur nom est inexplicablement exécré, mais ceux qui pleurent sur les "trésors" anéantis par leur frénésie négligent deux faits notoires. En premier lieu, la Bibliothèque est si énorme que toute mutilation d'origine humaine ne saurait être qu'infinitésimale. En second lieu, si chaque exemplaire est unique et irremplaçable, il y a toujours, la Bibliothèque étant totale, plusieurs centaines de milliers de fac-similés presque parfaits qui ne diffèrent du livre correct que par une lettre ou par une virgule. Contre l'opinion générale, je me permets de supposer que les conséquences des déprédations commises par les Purificateurs ont été exagérées par l'horreur qu'avait soulevée leur fanatisme. Ils étaient habités par le délire de conquérir les livres chimériques de l'Hexagone Cramoisi : livre de format réduit, tout-puissants, illustrés et magiques.

  Une autre superstition de ces âges est arrivée jusqu'à nous : celle de l'Homme du Livre. Sur quelque étagère de quelque hexagone, raisonnait-on, il doit exister un livre qui est la clef et le résumé parfait de tous les autres : il y a un bibliothécaire qui a pris connaissance de ce livre et qui est semblable a un dieu. Dans la langue de cette zone persistent encore des traces du culte voué à ce lointain fonctionnaire. Beaucoup de pèlerinages s'organisèrent à sa recherche, qui un siècle durant battirent vainement les plus divers horizons. Comment localiser le vénérable et secret hexagone qui l'abritait ? Une méthode rétrograde fut proposée : pour localiser le livre A, on consulterait au préalable le livre B qui indiquerait la place de A ; pour localiser le livre B, on consulterait au préalable le livre C et ainsi jusqu'à l'infini ... C'est en de semblables aventures que j'ai moi-même prodigué mes forces, usé mes ans. Il est certain que dans quelque étagère de l'univers ce livre total doit exister (1) ; je supplie les dieux ignorés qu'un homme - ne fût-ce qu'un seul, il y a des milliers d'années - l'ait eu entre les mains, l'ait lu. Si l'honneur, la sagesse et la joie ne sont pas pour moi, qu'ils soient pour d'autres. Que le ciel existe, même si ma part est l'enfer. Que je sois outragé et anéanti, pourvu qu'en un être, en un instant, Ton énorme Bibliothèque se justifie.

à suivre ...

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Samedi 15 mars 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
Début de la nouvelle ici


Biblioth-que-1.jpg  Deuxième axiome : Le nombre des symboles orthographiques et  vingt-cinq. Ce fut cette observation qui permit, il y a quelques trois cents ans, de formuler une théorie générale de la Bibliothèque, et de résoudre de façon satisfaisante le problème que nulle conjecture n'avait pu déchiffrer : la nature informe et chaotique de presque tous les livres. L'un de ceux-ci que mon père découvrit dans un hexagone du circuit  quinze quatre-vingt-quatorze, comprenait les seules lettres M V C perversement répétées de la première ligne à la dernière. Un autre (très consulté dans ma zone) est un pur labyrinthe de lettres, mais à l'avant-dernière page on trouve cette phrase : O temps tes pyramides. Il n'est plus permis de l'ignorer : pour une ligne raisonnable, pour un renseignement exact, il y a des lieux et des lieux de cacophonies insensées, de galimatias et d'incohérences. (Je connais un district barbare où les bibliothécaires répudient comme superstitieuse et vaine l'habitude de chercher aux livres un sens quelconque, et la comparent à celle d'interroger les rêves où les lignes chaotiques de la main... Ils admettent que les inventeurs de l'écriture ont imités les vingt-cinq symboles naturels, mais ils soutiennent que cette application est occasionnelle et que les livres ne veulent rien dire par eux-mêmes. Cette opinion, nous le verrons, n'est pas absolument fallacieuse.)

  Pendant longtemps, on crut que ces livres impénétrables répondaient à des idiomes oubliés ou reculés. Il est vrai que les hommes les plus anciens, les premiers bibliothécaires, se servaient d'une langue toute différente de celle que nous parlons maintenant ; il est vrai que quelques dizaines de milles à droite la langue devient dialectale, et quatre-vingt-dix étages plus haut, incompréhensibles. Tout cela, je le répète, est exact, mais quatre-cent-dix pages d'inaltérable M C V ne pouvaient correspondre à aucune langue, quelque dialectale ou rudimentaire qu'elle fût. D'aucun insinuèrent que chaque lettre pouvait influer sur la suivante et que la valeur de M C V à la troisième ligne de la page soixante-et-onze n'était pas celle de ce groupe à telle autre ligne d'une autre page ; mais cette vague proposition ne prospéra point. D'autres envisagèrent qu'il s'agit de cryptographies ; c'est cette hypothèse qui a fini par prévaloir et par être universellement acceptée, bien que dans un sens différent du primitif.

  Il y a cinq cents ans, le chef d'un hexagone supérieur (2) mis la main sur un livre aussi confus que les autres, mais qui avait deux pages, ou peu s'en faut, de lignes homogènes et vraisemblablement lisibles. Il montra sa trouvaille à un déchiffreur ambulant, qui lui dit qu'elles étaient rédigées en portugais ; d'autres prétendirent que c'était du yiddish. Moins d'un siècle plus tard, l'idiome exact était établi : il s'agissait d'un dialecte lithuanien du guarani, avec des inflexions d'arabe classique. Le contenu fut également déchiffré : c'étaient des notions d'analyse combinatoire, illustrées par des exemples de variables à répétition constante. Ces exemples permirent à un bibliothécaire de génie de découvrir la loi fondamentale de la Bibliothèque. Ce penseur observa que tous les livres, quelque divers qu'ils soient, comportent des éléments égaux : l'espace, le point, la virgule, les vingt-deux lettres de l'alphabet. Il fit également état d'un fait que tous les voyageurs ont confirmé : il n'y a pas, dans la vaste Bibliothèque, deux livres identiques. De ces prémisses incontroversables il déduisit que la Bibliothèque est totale, et que ses étagères consignent toutes les combinaisons possibles des vint et quelques symboles orthographiques (nombre, quoi que très vaste, non infini), c'est à dire tout ce qu'il est possible d'exprimer, dans toutes les langues. Tout : l'histoire minutieuse de l'avenir, les autobiographies des archanges, le catalogue fidèle de la Bibliothèque, des milliers et des milliers de catalogues mensongers, la démonstration de la fausseté de ces catalogues, la démonstration de la fausseté du catalogue véritable, l'évangile gnostique de Basilide, le commentaire de cet évangile, le commentaire du commentaire de cet évangile, le fait véridique de ta mort, la traduction de chaque livre en toutes les langues, les interpolations de chaque livre dans tous les livres. Quand on proclama que la Bibliothèque comprenait tous les livres, la première réaction fut un bonheur extravagant. Tous les hommes se sentirent maîtres d'un essor intact et secret. Il n'y avait pas de problème personnel ou mondial dont l'éloquente solution n'existât quelque part : dans quelque hexagone. bibliotheque-2.jpgL'univers se trouvait justifié, l'univers avait brusquement conquis les dimensions illimitées de l'espérance. En ce temps-là, il fut beaucoup parlé des Justifications : livres d'apologie et de prophétie qui justifiaient à jamais les actes de chaque homme et réservaient à son avenir de prodigieux secrets. Des milliers d'impatients abandonnèrent le doux hexagone natal et sue ruèrent à l'assaut des escaliers, poussés par l'illusoire dessein de trouver leur Justification. Ces pèlerins se disputaient dans les étroits couloirs, proféraient d'obscures malédictions, s'étranglaient entre eux dans les escaliers divins, jetaient au fond des tunnels les livres trompeurs, périssaient précipités par les hommes des régions reculées. D'autres perdirent la raison ...

à Suivre ...
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Vendredi 14 mars 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
"La Bibliothèque de Babel" Jorge Luis Borges

Jorge_Luis_Borges_Hotel.jpg  L'univers (que d'autres appellent la Bibliothèque) se compose d'un nombre indéfini, et peut-être infini, de galeries hexagonales, avec au centre de vastes puits d'aération bordés par des balustrades basses. De chacun de ces hexagones on aperçoit les étages inférieurs et supérieurs, interminablement. La distribution des galeries est invariable. Vingt longues étagères, à raison de cinq par côté, couvrent tous les murs moins deux ; leur hauteur qui est celle des étages eux-mêmes, ne dépassent guère la taille d'un bibliothécaire normalement constitué. Chacun des pans libres donne sur un couloir étroit, lequel débouche sur une autre galerie, identique à la première et à toutes. A droite et à gauche du couloir il y a deux cabinets minuscules. L'un permet de dormir debout ; l'autre de satisfaire les besoins fécaux. A proximité passe l'escalier en colimaçon, qui s'abîme et s'élève à perte de vue. Dans le couloir il y a une glace, qui double fidèlement les apparences. Les hommes en tirent conclusion que la bibliothèque n'est pas infinie ; si elle l'était réellement, à quoi bon cette duplication illusoire ?
  Pour ma part je préfère rêver que ces surfaces polies sont là pour figurer l'infini et pour le permettre ... Des sortes de puits sphériques appelés assurent l'éclairage. Au nombre de deux par hexagone et placés transversalement, ces globes émettent une lumière insuffisante, incessante. Comme tous les hommes de la bibliothèque, j'ai voyagé dans ma jeunesse ; j'ai effectué des pèlerinages à la recherche d'un livre et peut-être du catalogue des catalogues ; maintenant que mes yeux sont à peine capable de déchiffrer ce que j'écris, je me prépare à mourir à quelques courtes lieues de l'hexagone où je naquis. Mort, il ne manquera pas de mains pieuses pour me jeter par-dessus la balustrade : mon tombeau sera l'air insondable ; mon corps s'enfoncera longuement, se corrompra, se dissoudra dans le vent engendré par la chute, qui est infinie. Car j'affirme que la bibliothèque est interminable. Pour les idéalistes, les salles hexagonales sont une forme nécessaire de l'espace absolu, ou du moins de notre intuition de l'espace ; ils estiment qu'une salle triangulaire ou pentagonale serait inconcevable. Quand aux mystiques, ils prétendent que l'extase leur révèle une chambre circulaire avec un grand livre également circulaire à dos continu, qui fait le tour complet des murs ; mais leur témoignage est suspect, leurs paroles obscures : ce livre cyclique, c'est Dieu ... Qu'il me suffise, pour le moment, de redire la sentence classique : la bibliothèque est une sphère dont le centre véritable est un hexagone quelconque, et dont la circonférence est inaccessible.
  Chacun des murs de chaque hexagone porte cinq étagères ; chaque étagère comprends trente-deux livres, tous de même format ; chaque livre à quatre cent dix pages,  chaque page quarante lignes, et chaque ligne environ quatre-vingt caractères noirs. Il y a aussi des lettres sur le dos de chaque livre ; ces lettres n'indiquent ni ne préfigurent ce que diront les pages : incohérence qui, je le sais a parfois paru mystérieuse.  Avant de résumer la solution (dont la découverte, malgré ses tragiques projections, est peut-être le fait capital de l'histoire) je veux rappeler quelques axiomes.
undefinedPremier axiome :
la Bibliothèque existe ad aeterno. De cette vérité dont le corollaire immédiat est l'éternité future du monde, aucun esprit raisonnable ne peut douter. Il se peut que l'homme, que l'imparfait Bibliothécaire, soit l'oeuvre du hasard ou de démiurges malveillants ;  l'univers avec son élégante provision d'étagères, de tomes énigmatiques, d'infatigables escaliers pour le voyageur et de latrines pour le bibliothécaire assis, ne peut être que l'oeuvre d'un dieu. Pour mesurer la distance qui sépare le divin de l'humain, il suffit de comparer ces symboles frustres et vacillants que ma faillible main va griffonnant sur la couverture d'un livre, avec les lettres organiques de l'intérieur, ponctuelles, délicates, d'un noir profond, inimitablement symétriques.


à suivre ...
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Mercredi 27 février 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
Rabbi Loew  ( ou Löw) et la création du Golem ici


PRAGUE--mairie-juive-.jpg
La légende suivante raconte comment le Rabbi Loew sauva sa propre vie par intelligence : Une nouvelle fois, la communauté juive de Prague était victime d'une épidémie qui emportait jeunes et moins jeunes. Les cadavres s'entassaient dans le bethchajim (vieux cimetière), les bras et l'espace manquant pour enterrer les corps. Le Rabbi Loew était déjà un fort vieil homme, il allait sur ses cent ans d'âge dont témoignaient ses cheveux et sa barbe d'un blanc immaculé . Le Rabbi interrogeait en vain ses livres, espérant y trouver l'origine de cette épidémie, mais surtout le remède pour la contrer. Dans sa grande détresse, il se rappela le rêve qui l'avait visité lors de cette horrible épidémie dont tant d'enfants avaient été victimes quelques années auparavant.  Aussi se présenta-t-il la nuit suivante, accompagné de ses élèves du Talmud et des serviteurs de la synagogue, à la petite porte dans le fond du vieux cimetière.

 

 

 

undefinedAu moment où le rabbin voulut se saisir de la clef, la porte s’ouvrit, et un homme blême, grand et maigre, sortit, une très longue liste à la main. Le Rabbin sut tout de suite que cet homme grand et maigre n’était autre que la mort. La liste n’était autre que celle des gens appelés à mourir le lendemain. Le Rabbi Loew fut saisi d’effroi en y lisant son nom et ceux de tous ses compagnons. Il s’empara de la liste et la déchira en petits morceaux.

« Cette fois tu as réussi à m’échapper, dit la Mort. Mais prend garde de ne pas me rencontrer une autre fois ! »

Le Rabbi, sachant que la mort n’aurait de cesse de s’emparer de lui, ne tenait guère à une telle rencontre. Il consulta de nouveau ses livres, et, comme il était également adroit en mécanique, il se fabriqua un petit appareil qui le protégerait de la mort et qu’il porterait dorénavant toujours sur lui. Que la mort rôde près de lui, le petit appareil se mettrait à sonner comme une vieille montre, et le rabbin pourrait ainsi échapper à son destin.

La mort se cacha sous toutes les formes possibles pour l’approcher mais, grâce à sa ruse, le talmudiste la décela à chaque fois. Elle prenait un jour l’apparence d’une petite vendeuse, pour mieux se déguiser le lendemain en pêcheur apportant le poisson du Sabbat, puis en mendiant ou même en monsieur distingué venu lui présenter ses hommages. Chaque fois, son appareil le prévenait du danger mortel.

De longues années passèrent ainsi. Un jour, ses élèves, sa famille, et ses amis vinrent lui témoigner de leur estime et de leur gratitude à l’occasion de son anniversaire.

Très ému, le Rabbi Loew oublia son appareil dans son bureau et alla à la rencontre de ses hôtes avec un large sourire. La plus jeune de ses petites-filles entra en dernier une magnifique rose à la main. Le Rabbin se réjouit de ce cadeau et se pencha pour en apprécier le parfum. Il tomba en ce même instant sur le sol, mort. La mort s’était dissimulée dans la rose. Dans la pièce attenante le petit appareil magique retentit fort longtemps, si longtemps que ses ressorts en vinrent à se rompre. Personne ne se douta toutefois un seul instant que c’était dans cette belle goutte de rosée qui brillait sur la fleur que la mort s’était dissimulée.

Le Rabbi Loew gît dans un tombeau semblable à un temple, contre le mur occidental du cimetière, au côté de son épouse. Il y est représenté par un lion (Loew signifie Lion) sculpté dans la pierre du sarcophage.

Sceau-de-salomon-8.gif

 


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Lundi 18 février 2008
par Antiochus publié dans : Esotérisme - Traditions - communauté : Les Cheminants
 
 
20070420_0288.JPGA Prague, dans la vieille ville juive, au centre de la cité actuelle, se dresse,
depuis 1270, la synagogue"Vieille-Nouvelle".

  La légende prête différentes origines à la plus vieille synagogue de Prague : pour les uns elle fut érigée avec les pierres du Temple  rapportées par les juifs de Jérusalem,  d'autres pensent qu'un vieillard aurait indiqué aux anciens de la communauté un monticule de terre sous lequel leur apparut l'édifice déjà construit. On dit aussi que, dans les greniers de cette vénérable synagogue, gisent (encore aujourd'hui) les restes du Golem que Rabbi Löw, après l'avoir crée, fit retourner à la poussière ... 
 


  La Bible, dans son psaume 139.6, emploie le mot Golem afin de désigner Adam aux premières heures de sa création, avant qu'il ne prenne conscience. Ce mot signifie : embryon, substance informe. Selon le livre sacré la création d'Adam pris 7 jours. Au cours du dernier, Dieu souffla dans les narines de sa créature et l'anima.
Certains pensèrent que, eux aussi, pourraient à l'aide d'argile rouge et d'un peu de magie, créer un être pour les servir et les protéger de leurs ennemis.
Au cours des siècles, ce mythe s'est enraciné dans la culture juive. Il trouve son apogée en Europe centrale au XVIème siècle et se mêle à la réalité par l'intermédiaire d'un saint homme, connu et aimé dans la ville de Prague, Le Rabbi Löw. Ami avec l'empereur Rodolphe, il entretenait avec lui des liens privilégiés qui lui permirent de maintenir durablement la paix entre ses frères juifs et les habitants de la bonne ville de Prague qui habitaient de l'autre côté du fleuve (la Moldau).


undefinedTombe de Rabbi Löw

Dans le vieux cimetière juif de Prague on peut toujours se recueillir sur la tombe de Rabbi Löw et y déposer un petit caillou, selon la tradition.


20070418_0153.JPG 20070418_0149.JPG
Vieux cimetière juif ... Depuis sa fondation, au 15ème siècle on créa des tombes en couches successives (Par endroit, sur 10 niveaux) puisque le culte proscrit la violation des sépultures.

  Nous sommes à Prague au début du XVIème siècle. Là, vit une importante communauté juive sous la sage responsabilité spirituelle de Rabbi Löw. Mais, un jour, l'équilibre précaire de la paix est menacé par un fanatique religieux antisémite du nom de Taddaüs. Le rabbin interrogea le "Très-Haut", espérant obtenir une solution.
Dieu lui dit :

"Tu crées un Golem avec de l'argile rouge et tu détruis les méchants qui dévorent Israël."

Avec l'aide de trois fervents religieux, en s'aidant des quatre éléments (le Feu, la Terre, l'Air et l'Eau) et de l'argile, ils pétrirent une forme humaine, en firent 7 fois le tour et prononcèrent les mots suivants :

"Il fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie et l'Homme devint un être vivant."

Le rabbin glissa alors dans sa bouche un "Schem" (parchemin où est inscrit le nom de l'ineffable) et le Golem ouvrit les yeux et se plaça sous les ordres de son créateur. Auparavant Rabbi Löw avait pris soin de graver sur le front de la créature le mot : "Emet" אמת ( Vie, Vérité).
Le rabbin est le maître du repos de son humanoïde qui s'occupe des tâches ménagères. Toutefois, il ne doit pas oublier d'endormir son Golem, le vendredi soir, veille du Shabbat.
Un vendredi soir, précisément, le rabbin oublie le Golem qui devient fou furieux, grandit en force et en puissance et détruit tout sur son passage. L'esclave soumis, protecteur du peuple juif, est devenu son bourreau.
 Par un habile stratagème, le rabbin parvient à effacer la première lettre du mot EMETH passant ainsi de la Vérité (Emet אמת) à la Mort  (Metמת), juste à temps. Le Schem est ôté de sa bouche et le Golem est réduit en poussière.
Le Rabbi Löw fit annoncer dans toutes les synagogues et dans tous les lieux de prière qu'il était dorénavant rigoureusement interdit de monter dans le grenier de la synagogue Vieille-Nouvelle, et qu'on n'y conserverait plus les reliques, les livres et autres objets sacrés.

On murmure que ses restes sont toujours dans ce grenier, bien cachés aux yeux des ignorants.

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