Les feux de la Saint Jean
Printemps, Printemps,
Attention : cette nuit tu vas perdre ta jeunesse
Printemps : es- tu prêt à vieillir ?
Printemps nous allons t'accompagner,
T'aider à mourir sous la coiffe chaude de l'été,
Avant que ne ternisse l'âge de raison.
Les cultes solaires, et leurs rites autour du solstice d'été, sont pratiqués par bien des peuples depuis des temps immémoriaux. De l'Egypte ancienne au Mexique en passant par les esséniens et les celtes. De la Perse jusqu'à Rome elle-même. Comment ne pas penser également au "buisson ardent" de la foi chrétienne, véritable hymne à la lumière !
C'est la parole messianique de Saint Jean le Baptiste qu'illustrent les feux du solstice d'été, mais c'est aussi les réminiscences des dieux disparus du paganisme sans oublier le fameux Janus bifrons fêté par les romains deux fois l'an.
Les fêtes solsticiales ne coïncident pas avec l'observation simple des saisons : Le solstice d'hiver marque
le caractère ascendant du cycle de l'an ; le solstice d'été en ouvre la phase descendante. Paradoxalement, l'hiver conduit à la lumière et l'été à l'obscurcissement. Les solstices sont des
portes, des passages. Janus est justement gardien des portes, dieu et symbole
des transitions et des passages. Du passé vers l'avenir, d'un état à l'autre, son double visage surveille l'entrée comme la sortie, le haut et le bas, la droite comme la
gauche.
La fête de la Saint Jean, illuminée par ses « feux de joie », peut s'observer de diverses manières :
C'est, d'abord, une fête qui rassemble :
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- Elle permet de se retrouver, de fraterniser. C'est une fête communautaire rassemblant tous le villageois. Le feu était dressé à un endroit significatif: Une place, un lieu en hauteur, une croisée de chemin etc ...
Il s'agit aussi d'une fête sociale :
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- Les «feux de joie», allumés par un prêtre, un notable ou le doyen de l'assemblée, donnaient à la nuit de la Saint Jean un caractère festif. Jadis, à Paris, c'était le Roi lui-même qui allumait le brasier. C'était l'occasion d'organiser un bal populaire et la coutume voulait que les futurs mariés déclarent leur flamme ce soir là.
C'est également une fête expiatrice :
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- On jetait autrefois dans les feux les créatures maléfiques relatives aux sorcières (chats, crapauds, couleuvres . . .) encore aujourd'hui on y lance des «sorcières» mannequins de paille ou de pâte à papier au nez crochu. Les croyances populaires associaient aussi la fête de la Saint Jean aux fées, aux lutins, aux esprits follets. . .
Une fête protectrice :
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- Les feux étaient réputés protecteurs des récoltes et la fumée qui s'en dégageait était censée purifier l'assistance et le bétail. On les disait fécondants, ce qui explique qu'on les enjambait volontiers. Les sauts étaient promesse de se marier dans l'année et préservaient des maladies. Enfin, cendres et tisons, supposés garantir de la foudre et de l'incendie, étaient conservés ou répartis dans les champs.
C'est, enfin, une fête magique :
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- Les coutumes autour de l'eau (sources, fontaines, cours d'eau . . .) étaient au moins aussi importantes que celles autour du Feu. On en buvait on en donnait à boire aux animaux, on s'y baignait . . . La rosée du matin passait pour avoir des vertus magiques: on la recueillait dans un drap dans lequel on se roulait. Les «herbes de la Saint Jean» qui en étaient imprégnées étaient cueillies comme talisman ou comme herbes guérisseuses.
Quelques recettes et croyances traditionnelles :
« Les bûchers de la St Jean doivent être faits de 7 essences sacrées : (chêne, hêtre, pin, frêne, bouleau, orme et tremble).
Dans la tradition Celtique, le bûcher était entouré de neuf pierres qui recevaient le nom de cercle de feu. Jeunes
gens et jeunes filles devaient en faire trois fois neuf tours. Les jeunes gens porteurs de torches et les jeunes filles portant une baguette d'orpin à la main. Les garçons devaient balancer
neuf fois les filles au dessus du feu en criant : « An Nao » selon un très vieux rite de fécondation de la terre.
Les tiges qui avaient été passées ainsi dans les flammes, les filles les suspendaient aux poutres de leur maison, afin que, sans terre et sans eau, elles puissent croître et fleurir. On
retrouve aussi ces vestiges de l'antique culte solaire et solsticial dans l'herbe de la St Jean qui, dit-on, passée par le feu et posée sur le visage, peut donner clairvoyance et fortifier la
vue . . . Dans le Morbihan, il n'y a pas si longtemps encore, on amenait le bétail autour des feux rituels afin de le préserver de la maladie et des loups ».
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