ANTIOCHUS ... Le Blog




Richard Strauss (1864 - 1949) compose les "Quatre derniers lieder" pour soprano et orchestre dans la toute dernière partie de sa vie, en 1948, ils sont créés à Londres le 22 mai 1950 par la soprano norvégienne
Kirsten Flagstad avec l'Orchestre Philharmonia sous la direction de Wilhelm Furtwangler.

- Frühling (Printemps) sur un poème de Hermann Hesse.
- September (Septembre) sur un poème de Hermann Hesse.
- Beim Schlafengehen (En s'endormant) poème de Hermann Hesse.
- Im Abendrot (Dans la rougeur du couchant) poème de Joseph von Eichendorff.
C'est ce dernier lied qui nous intéresse aujourd'hui.

Pour qui ne connaîtrait pas cette oeuvre, il faut se garder des préjugés concernant la musique "classique" vocale et aborder l'écoute d'une oreille "neuve" (ce qui est, contrairement à ce que l'on croit généralement, une chance) ...

Écouter, comme on regarderait un tableau ( ou une œuvre architecturale), sans chercher à comprendre, simplement ressentir. Se donner le droit de ressentir. Laissez-vous prendre par la main, Renée Fleming (la soprano) et la musique de Richard Strauss, l'enchanteur, feront le reste ... Strauss compose comme l'on peint, par petites touches qui soutiennent de longues mélodies dont il a le secret. Ces quatre derniers lieder sont un hymne à la voix féminine, dans ce qu'elle a de fragile et de fort ... Le tempo lent et solennel et la ligne vocale très dépouillée, font de ce lied en particulier, une méditation recueillie et profondément émouvante, qui va droit au coeur ... Jugez vous-même :



Im Abendrot
(Dans la rougeur du couchant)

A travers les peines et les joies,
nous avons marché, la main dans la main.
Maintenant nous nous reposons tous deux
dans le pays silencieux.

Autour de nous les vallées s'inclinent,
déjà le ciel s'assombrit.
Seules, deux alouettes s'élèvent,
rêvant dans l'air parfumé.

Viens-là et laisse les tournoyer.
Bientôt il sera l'heure de dormir.
Viens, que nous ne nous perdions pas
dans cette solitude.

Ô calme incommensurable du soir,
si profond dans le rouge du couchant !
Comme nous sommes las de marcher !
Est-ce peut-être ceci la mort ?




Lun 21 sep 2009 3 commentaires
que dire... rien... Trop beau... Pas autant que le concerto pour hautbois qu'il a aussi écrit mais c'est magnifique
rubrique en vrac - le 24/09/2009 à 19h10
Merci, Vincent, d'avoir donné ton avis à propos de ces "Quatre Derniers lieder" que j'aime tant ... pas d'autres commentaires que le tien ! Je ne connais pas le concerto pour haubois de R. Strauss ... je vais aller écouter !
ANTIOCHUS
Ce lied de Strauss est une merveille. Merci de me l'avoir fait découvrir
Litteratus - le 04/12/2009 à 18h35
Ne pas hésiter à écouter les trois autres lieder du cycle : "Quatre derniers lieder" de Richard Strauss ... ils sont de la même veine, envoûtants et magiques ... j'y consacrerai peut-être un billet ... Belle journée Litteratus
ANTIOCHUS

Bonjour, je trouve que Rnée Fleming a une tres belle voix mais ayant récemment entendu qu´elle pouvait descendre assez bas, je ne pense pas que sa voix naturelle soit soprano: il me semble qu´elle est entre mezzo-soprano et soprano et

qu´elle a travaillé considérablement pour " éclaircir" sa couleur.

Ou alors, j´ai peut-être cru ces notes graves plus basses qu´elles ne l´étaient en réalité.

 

Par exemple, dans Suicidio de Gioconda , ca ne descend que jusqu´au do3

( forcément , c´est pour soprano) mais chanté par une artiste qui poitrine, ca sonne plus bas.

Sandrine - le 11/02/2011 à 12h00

Pour moi, Renée Flemming est un pur soprano lyrique avec un timbre somptueux sa voix est si "facile" qu'elle pourrait se permettre de penser un peu à son personnage et même au style de la musique qu'elle chante (et ne pas chanter Mozart comme Verdi par exemple !) ... elle est presque un modèle de ce type de voix ... A chaque fois que je l'entends, je suis ébloui par la voix pure ... mais très rapidement je m'ennuie tant elle est peu expressive ! L'opéra est un art total et la voix ne saurait suffire ...

ANTIOCHUS